Partie centrale. — Pavillon nord. — Premier étage
DAU BIGNY ( Ch ARLES- François)
PEINTRE PAYSAGISTE
Charles-François Daubigny est né à Paris le 15 février 1817.
Son père, Pierre Daubigny, miniaturiste de talent, lui enseigna les principes de la peinture. A quinze ans, le jeune Daubigny entra dans l’atelier de Paul Delaroche. Les ressources paternelles étant des plus restreintes, il dut chercher dans l’industrie les moyens de continuer l’étude toujours onéreuse de la peinture et se mit à peindre des dessus de boîtes pour différentes maisons de commerce.
Cependant, attiré irrésistiblement vers l’art qu’il devait illustrer, il utilisait les loisirs que lui laissait, trop souvent, ce métier médiocrement rémunérateur, en allant, la boîte à couleurs à la main, faire, dans les environs de Paris, ses premières études de paysage d’après la nature.
A dix-sept ans, il forma, avec un de ses camarades, le projet de faire le voyage d’Italie. Il s’imposa, dès lors, les plus rudes privations et redoubla d’ardeur à l’étude. « C’est ainsi, a dit un de ses biographes, qu’à force de persévérance et de courage Daubigny put conquérir lentement, mais sûrement, ce beau talent si sain, si jeune, si abondant qu’on ne soupçonnerait jamais à travers quelles épreuves il a grandi. Car ce peintre aimable des vergers fleuris et des moissons , d’or, dont la brosse se plaît à toutes les gaietés printanières, à toutes les luxuriances des champs, à toutes les fêtes de la verdure et du soleil, a franchi mille écueils au départ et doublé, lui aussi, le cap de la misère. »
Le jeune artiste et son camarade, ayant enfin réuni environ quinze cents francs, partirent pour l’Italie, où ils restèrent un an.
Son compagnon de voyage ayant quitté la peinture pour entrer dans Tindustrie, Daubigny s’associa avec deux jeunes peintres, comme lui riches d’espérance mais pauvres d’argent.
Les trois amis s’installèrent dans un atelier commun, situé rue des Amandiers, au milieu d’un jardin, et, tout en travaillant sérieusement la peinture, firent, pour vivre, des dessins destinés à des publications illustrées. Trop pauvres pour envoyer tous les trois un tableau aux Salons annuels, ils firent bourse commune pour qu’à tour de rôle, chacun d’eux pût faire cet envoi qui devait les faire' connaître du public.
Lorsque vint le tour de Daubigny, la critique s’accorda à faire l’éloge de son talent de paysagiste, et, depuis 1838 jusqu’en 1877, le grand artiste remporta les plus hautes récompenses aux expositions du palais des Champs-Elysées, avec une série de tableaux dont la plupart sont des chefs-d’œuvre.
Ses plus remarquables toiles sont : Saint Jérôme dans le désert^ Environs de Choisy-le-Roi, Carrefour du Nid-de-VAigle^Vue de Valmondois^ les Bords de la Sei?ie, la Vendamge, les lies de Bezons, Vue d’Argenleuil^ le Soleil couché. Bords de l’Oise, Villerville, Dieppe, etc. Le Louvre possède enfin, dans la grande salle de l’École française, le Printemps, une des plus belles œuvres de cet artiste. Daubigny reçut, en 1859, la croix de chevalier de la Légion d’honneur, et fut promu officier en 187Zi.
Ce maître, qui, par le style, l’impression et la couleur, a personnifié, en peinture, la manière idyllique de George Sand, mourut à Paris, le 19 février 1878 , dans sa soixante-deuxième année.
DAUBIGNY (Charles-François)
PEINTRE PAYSAGISTE
STATUE DE M. H.-H. PLÉ
FAÇADE SUR LA RUE LOBAU