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Partie centrale. — Pavillon nord. — Premier étage

SEDAINE (Michel-Jean)

AUTEUR DRAMATIQUE

Michel- Jean Sedaine naquit à Paris le h juillet 1719.

Son père était architecte, mais peu favorisé de la fortune.

Ayant perdu ses parents de bonne heure et se trouvant sans ressources, le jeune Sedaine fut réduit, pour vivre, à se faire tailleur de pierres.

Dans ses courts instants de loisir, il étudiait et lisait.

Buron, aïeul du célèbre peintre David, par qui il était employé, le surprit un jour un livre à la main.

Frappé de cette singularité, il le questionna, le mit au nombre de ses élèves et finit par l’associer à ses travaux.

Sedaine se montra reconnaissant et paya sa dette en ^élevant, plus tard, comme son propre enfant, le petit-fils de Buron L

Délivré des soucis matériels de l’existence, il se livra à la culture des lettres, et commença bientôt à se faire remarquer par des poésies légères pleines de finesse.

Son meilleur morceau, dans ce genre, fut cette spirituelle Épître à son habitj devenue en quelque sorte classique :

Ah! mon habit, que je vous remercie!

Que je valus hier, grâce à votre valeur!

Je me conufiis et plus je m’apprécie.

Plus j’entrevois qu’il faut que mon tailleur,

Par une secrète magie.

Ait caché dans vos plis un talisman vainqueur Capable de gagner et l’esprit et le cœur.

Quels honneurs je reçus! quels égards! quel accueil!

Auprès de la maîtresse et dans un grand fauteuil,

Je ne vis que des yeux toujours prêts à sourire;

J’eus le droit d’y parler, et parler sans rien dire.

Cette femme à grands falbalas Me consulta sur l’air de son visage;

Un blondin sur un mot d’usage;

Un robin sur des opéras;

Ce que je décidai fut le nec plus ultra,

On applaudit à tout : j’avais tant de génie!

Ah! mon habit, que je vous remercie!

Dès lors, Sedaine se voua à l’art dramatique et devint bientôt le véritable créateur de l’opéra-comique.

Il donna, de 1756 à 1797, au Théâtre-Italien, le Diable à quatre, Rose et Colas, Anacréon, le Déserteur, etc., et enfin Richard Cœur de Lion, qui eut un succès extraordinaire et lui valut sa réception à l’Académie française (1786); au grand Opéra, Aime, Reine de Golconde, Amphitryon, Guillaume Tell; enfin, au Théâtre-Français, la Gageure imprévue et le Philosophe sans le savoir, son chef-d’œuvre. On reproche à Sedaine des négligences de style; mais ses pièces sont pleines de naturel, d’esprit et d’intérêt.

Tandis que, parvenu à un âge avancé, Sedaine travaillait encore pour le théâtre, une grave maladie vint le saisir.

On crut qu’il avait succombé et on annonça sa mort dans un journal.

11 le lut lui-même et recueillit le juste tribut d’éloges dus à cinquante ans de travaux, de succès et d’honneur.

Mais il mourut à quelque temps de là, à l’âge de soixante-dixhuit ans, à Paris, le 17 mai 1797.

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