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AUTEUR LYRIQUE

Philippe Quinault est né à Paris le 3 juin 1635. Il était fils d’un maître boulanger. Le peu de fortune de ses parents ne l’empêcha pas de recevoir une éducation distinguée. Protégé par lé poète Pierre Tristan qui lui inspirale goût delà poésie, Quinault donna, dès l’âge de dix-huit ans, les Rivales, comédie qui obtint un certain succès à la Comédie-Française.

Cette pièce fut l’occasion d’une amélioration notable en faveur des auteurs dramatiques. Jusqu’alors les comédiens avaient acheté, à forfait, 50 ou 100 écus, les œuvres qu’on leur apportait à représenter et ils en conservaient la propriété.

Tristan, qui connaissait .les mœurs et les injustices du théâtre, présenta la pièce comme un de ses propres ouvrages. La supercherie fut découverte, et les comédiens, qui avaient promis 100 écus, ne voulurent plus en donner que la moitié. Pour transiger, Tristan les fit consentir à donner à l’auteur le neuvième de la recette dulant un nombre d’années déterminé. C’est là assurément l’origine de ce que l’on nomme aujourd’hui les droits d’auteur.

Malgré ce premier succès, Quinault voulut avoir une profession qui lui permît de vivre dans le cas où il ne réussirait pas comme littérateur. Il étudia le droit et devint avocat au Parlement. Il acheta ensuite une charge d’auditeur en la Chambre des Comptes, mais il n’en cultiva pas moins les lettres. 11 donna, chaque année, au moins une pièce nouvelle. Quelques-unes obtinrent un réel succès, notamment trois tragédies : la Mort de Cyrus, AgrHppa et Astrale; mais elles ne valurent à leur auteur qu’une réputation discutée. Par contre, Quinault se plaça bientôt au premier rang dans un genre secondaire, l’opéra, où l’un des mérites de la poésie est de se plier aux exigences de la musique.

Il donna en 1672 son premier opéra, et, depuis, il ne cessa pendant quatorze ans de produire des tragédies lyriques dont plusieurs sont des chefs-d’œuvre et que Lulli mit en musique.

Parmi ces dernières œuvres nous citerons Cadmus et Hermione, Alceste, Thésée, Persée et Armide.

Les vers lyriques de Quinault sont remarquables par la douceur, la cadence et l’harmonie; ils ne manquent, au besoin, ni de noblesse ni d’énergie. Boileau, qui avait quelque peu malmené cet auteur, s’excusa plus tard, dans la préface d’une des dernières éditions de ses œuvres, publiée en 1713, de l’avoir durement critiqué.

Quinault, que l’on peut considérer comme le créateur de la tragédie lyrique, où il excella, avait été, dès 1670, reçu à l’Académie française. Parvenu au comble de la célébrité, il était en même temps arrivé à la fortune.

Pourtant Quinault n’était pas satisfait; il avait cinq filles et il se plaignait d’être trop pauvre pour les marier; il l’a dit en très jolis vers :

C’est, avec peu de bien, un terrible devoir De se sentir pressé d’être cinq fois beau-père.

Quoi ! cinq aqtes par-devant notaire,

Pour cinq filles qu’il faut pourvoir!

O ciel ! peut-on jamais avoir Opéra plus fâcheux à faire !

Il mourut le 26 novembre 1688, n’ayant que cinquante-trois ans.

QUINAULT (Philippe)

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