‹ Les statues de ParisChapitre 37 sur 51 · DE · texte numérisé non relu

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BICHAT. 177 1-1802

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BICHAT

1791, dans l’étude de 1 anatomie qui l’attirait pardessus tout. Plusieurs fois il remplaça en chaire son maître le professeur Petit, et avec succès. — Il se montra dès sa jeunesse un disciple du système pratique et opératoire qui commençait alors à prendre le dessus sur le système théorique, en médecine surtout, le moins efficace.

Les troubles de Lyon, survenus en 1793, le forcèrent à se réfugier à Paris. Sur ce théâtre plus vaste et plus favorable aux réputations naissantes, 'Bichat put se livrer entièrement encore à la chirurgie; bientôt remarqué, il supplée Desault, son maître, dans ses cours et dans ses consultations, menant également de front les conférences avec ses collègues et les dissections incessantes à l’amphithéâtre.

La mort de Desault, en 1795, vint à point pour lui offrir une place très en vue. Il terminait alors le quatrième volume du journal de ce chirurgien distingué, et peu après, en 1797, il faisait régulièrement le cours d’anatomie, apportant des idées nouvelles, les expliquant avec une facilité et un soin tout à fait remarquables. Il fut le premier à étendre aux cadavres des animaux les expériences de physiologie et à étudier les maladies des os. Il dirigeait les dissections de plus de quatre-vingts élèves. En 1800, il publiait le Traité des membranes , premier échelon de sa réputation et était nommé médecin de l’Hôtel- Dieu. En 1801, il mit au jour son Anatomie générale. Cette

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existence surchargée de travail et passée au milieu des émanations de pièces anatomiques lui fît contracter une maladie mortelle. Il s’évanouit plusieurs fois au milieu de ses cours et succomba, le 22 juillet 1802, au bout de vingt-deux jours de maladie.

Cette perte fut vivement sentie ; tous les élèves de l’Ecole de médecine suivirent son corps au cimetière. Corvisart écrivit au jDremier Consul : cc Bichat vient de mourir sur un champ de batadle qui compte aussi plus d’une victime : personne en si peu de temps n’a fait tant de choses et aussi bien. » Dix jours après, le gouvernement décidait que son nom serait inscrit à côté de celui de Desault sur un monument élevé , à l’Hôtel -Dieu, en l’honneur de ces deux grands hommes.

Ceux qui le connurent parmi ses contemporains ont laissé sur son caractère privé des notes précieuses. Simple, affable, sans morgue pour ses rivaux ou ses contradicteurs, toujours prêt à obliger ou à encourager les talents, Bichat ne comptait que des amis et pardonnait facilement à ceux qui avaient pu l’offenser. Sa mémoire n’a donc rien à redouter, de quelque côté qu’on l’examine. Ses travaux et ses découvertes fécondes lui assurent une place parmi les premiers médecins français, et c’est ce que reconnaissait solennellement le congrès médical de 1845, réuni à Paris, lorsqu’il décrétait l’érection d’une statue à Bichat dans la cour de l’Ecole de médecine, devant cet élégant

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campanile de F architecture grecque, resté un des plus beaux spécimens de la renaissance antique.

C’est là, devant ce temple corinthien qu’on dirait avoir été transporté des rivages de la Grèce pour orner Paris, qu’apparaît dans toute sa profonde attitude de penseur le jeune Bichat, sculpté par David d’Angers. Le fougueux artiste a fait passer dans son modèle une partie de cette énergie austère qui fut une des marques de son tempérament. Bichat est représenté debout, vêtu de l’habit français, la tête nue, les bras appuyés sur la poitrine, la main droite élevant une plume, la gauche tenant un manuscrit sur lequel on lit : De la vie et de la mort . Anatomie générale. A terre sont des instruments de chirurgie, et, derrière lui, un écorché à demi enveloppé dans une draperie. C’est encore David d’Angers qui nous représente Bichat dans le fronton du Panthéon, mourant, en déposant ses ouvrages sur l’autel de la Patrie. Quelle plus belle place pouvait être donnée à cet illustre victime du devoir, que celle de la cour de l’Ecole où aiment à se rassembler les étudiants? Que d’exemples et de vertus n’évoque-t-elle pas à leurs esprits cette statue si fièrement campée du jeune soldat de la science! La postérité confirmera le jugement du congrès de 1845 et, tant que la médecine soulagera les souffrances, le nom de Bichat sera honoré et glorifié.

PRINCE EUGÈNE

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