‹ Les statues de ParisChapitre 45 sur 51 · PLACE MALESHERBES · texte numérisé non relu

PLACE MALESHERBES

L’écrivain le plus extraordinaire de ce siècle est à coup sur Alexandre Dumas. Nul plus que lui n’a remué d’idées et ne les a présentées au public, avide de ses récits spirituels, avec une mise en scène plus variée et plus colorée. Alexandre Dumas est le roi du roman et l’un des coryphées du drame moderne, plus spécialement historique. Dans sa peinture des temps et des lieux, éclatent une couleur d’époque fidèle et un brio intarissable. On pourrait dire de lui qu’il fut un Vulcain sans pareil, un Cyclope de la pensée. Esprit alerte et souple, imagination pleine de saillies et de ressources, historien, conteur vif et de belle humeur, Dumas rassemble en lui toutes les qualités du génie national. Il représente comme personne l’esprit de notre siècle, avec une saveur et une exubérance comparables à sa seule nature elle-même. Son œuvre immense a réjoui des milliers de lecteurs en France et à l’étranger, et a semé chez les peuples l’admiration de la langue et de l’esprit français. Elever une statue à un si puissant écrivain est donc au premier chef une œuvre de reconnaissance. Ainsi et fort

ALEXANDRE DUMAS

justement le comprit, vers 1882, un groupe d’hommes distingués, parmi lesquels, Gustave Doré, le grand dessinateur, — devenu le sculpteur de la statue, — ne fut pas le moins ardent; l’histoire doit en savoir gré à sa mémoire.

Lemaître était mort depuis une douzaine d’années... C’est au cœur de l’hiver de cette terrible année 1870 qu’il rendait le dernier soupir dans sa villa de Puys, près Dieppe. Il semblait que ce grand cœur ne pouvait plus longtemps assister aux deuils de sa patrie. Arrivé au soir de la vie, pliant sous le faix d’une œuvre au-dessus des forces humaines, il s’éteignit doucement sur la grève charmante de la côte normande, et le pale rayon du soleil de décembre salua pour la dernière fois son génie. Un fils, aimé de tous, lui rendit les derniers devoirs h Puys même, et attendit la fin de l’occupation prussienne et le printemps d’une année meilleure pour transporter ses cendres à Villers- Cotterets, ville de naissance et des années d’enfance. Cette translation donna lieu à une manifestation des plus imposantes, bien faite pour rendre au cœur ulcéré d’Alexandre Dumas fils une douce et suprême consolation. Représentant la reconnaissance du peuple entier de France, les habitants de Villers-Cotterets suivirent en foule leur illustre concitoyen au champ des morts et portèrent eux-mêmes le cercueil.

Né au commencement du siècle, dans ces années de gloire conquérante où la fortune de la France, atta^

ALEXANDRE DUMAS

chée à celle de Napoléon, traversa un instant les phasês les plus brillantes , Dumas a rempli toute notre époque de son nom. Il a écrit pour les humbles et pour les forts, pour les riches et pour les pauvres, semant tout comme une monnaie courante les grains d’une verve et d’une bonté intarissables.

Voilà pourquoi sa statue est en vénération comme l’est samémoire.

Le drame est chez nous la forme théâtrale la plus populaire, parce qu’elle répond mieux que les autres au goût et à l’esprit modernes. Alexan-

ALEXANDRE DUMAS. 1 803-1870

ALEXANDRE DUMAS

cire Dumas l’aborda avec un talent d’une personnalité et d’une puissance rares. Pendant quarante années, il en fut le maître et la personnification. Ce qui caractérise surtout son génie,, c’est l’action qui se révèle chez lui dans toutes ses œuvres, dans ses romans comme dans ses pièces de théâtre, voire même dans ses impressions de voyage et ses causeries. Dumas, pendant les années où il produisit le plus, déploya une activité dévorante, travaillant jour et nuit, voyageant, entreprenant plusieurs œuvres à la fois, les menant à fin en très peu de temps, improvisant un roman entre deux fêtes, en un mot toujours en mouvement et malgré cette exubérance connue de santé et cl imagination, on s’étonne toujours du nombre prodigieux de ses ouvrages.

Fils d’un général du Directoire, surnommé par Bonaparte l’Horatius Codés du Tyrol pour sa belle défense à lui seul du pont de Brixen, et célèbre par l’énergie qu’il déploya au Caire en réprimant la grande insurrection des Arabes, Dumas brûla la poudre de son génie comme son père avait brûlé la poudre de ses mousquets. Doux comme un enfant, tendre comme une femme, prodigue à l’excès, joyeux, séduisant, passionné, Dumas est un poète épique, un de nos premiers metteur en scène des événements historiques. Ses drames de cape et d’épée sont restés des modèles et seront toujours admirés par leurs coups de théâtre étincelants et leurs allures chevaleresques.

ALEXANDRE DUMAS

(( Comme les paladins de nos légendes, dit M. Claretie, les héros de Dumas s’en vont par les chemins ferrailler toujours pour quelque noble cause, et, Fran-

çais jusqu’à la folie, ils donnent même parfois leur sang pour des causes qui ne sont point les leurs. Ils sont dupes quelquefois, mais sincères et enthousiastes

ALEXANDRE DUMAS

toujours. Lear créateur, cet homme admirable qui avait pour vertu d’admirer les autres, n’aimait pas au théâtre l’ironie qui se moque de l’homme. L’auteur de Henri ///, d ’Afigelo, de Charles VII eï de J/lle de Belle- Isle était pour tout ce qui ennoblit la nature humaine. La bravoure, la générosité, la pitié, le pardon, auront tenu la plus grande place dans son œuvre. La clarté, la logique, l’intérêt toujours croissant, la gaieté saine, puissante, contagieuse, sans amertume, voilà ses qualités à lui, qualités, je le répète, essentiellement françaises, et par lesquelles il reste sympathique à tous les âges et à tous les états de la vie. »

Le peuple, spécialement, s’éprit de ses récits dramatiques et si attachants, aussi Gustave Doré voulutil fixer dans le bronze cette popularité par le groupe de gens pris dans la classe laborieuse décorant le piédestal de la statue et représentant deux auditeurs assidus près d’une jeune femme lisant un roman de Dumas. Ce groupe, bien composé et très vrai, donne au piédestal un cachet d’originalité particulier, tandis que sur le côté opposé le talent nerveux et puissant du sculpteur a placé d’Artagnan, le légendaire et superbe mousquetaire, en son riche costume, tenant son sabre d’une main et le bras gauche fièrement campé sur la hanche.

Quant à Dumas, il est représenté assis, tenant d’une main un cahier, de l’autre une plume : son visage exprime une pensée intelligente qu’il s’apprête sans

ALEXANDRE DUMAS

doute à transcrire. Le sourire avec lequel il regarde la foule du haut de son piédestal est peut-être une allusion au contentement qu’il éprouve de se sentir dans sa bonne ville de Paris, où il aimait toujours à revenir et à se retremper après ses fugues les plus longues et les plus lointaines. L’ensemble est original et bien artistique, malheureusement la hauteur du piédestal est telle que P effet général s’en trouve atteint et choque même les regards les moins difficiles.

C’est au Cercle de la Presse qu’on doit l’initiative du mouvement en faveur de la statue d’Alexandre Dumas. On y organisa une Revue unique, à laquelle avaient collaboré une dizaine des écrivains les plus spirituels de Paris. On recueillit ainsi les premiers fonds du monument. Le souvenir de Dumas planait sur cette fête et galvanisait les plus sceptiques. Des souscriptions furent organisées de tous côtés. Le ministre de l’instruction publique donna 12,500 francs. Gustave Doré exécuta pour rien non seulement la statue, mais le groupe de la Lecture , qui orne le devant du piédestal et dont nous avons parlé, outre le d' Artagnan, placé derrière.

La statue fut inaugurée en novembre 1883 sur cette place Malesherbes, si élégante et si gaie, placée si bien au centre d’un quartier riche et artistique. Des immortelles jaunes avaient été plantées le long d’une petite allée de sable rose. La statue était encore recouverte d’un long voile, sous lequel se dessinait la rigi-

ALEXANDRE DUMAS

dite des lignes. Tout autour du piédestal stationnait une foule énorme, calme, patiente, ne marquant aucun de ces sentiments bruyants ou gouailleurs qui se font jour parfois dans les masses un peu compactes.

C’est sur l’air populaire de : Mourir pour la patrie , du Chevalier de Maison-Rouge , que le voile de toile qui recouvrait l’œuvre de Gustave Doré tomba. D’enthousiastes applaudissements saluèrent le statuaire, les têtes se découvrirent et une profonde émotion régna dans la foule. On commença les discours. M. de Leuven, président du comité et ami d’enfance de Dumas, prit la parole le premier. Puis vint le tour de M. Kaempfen, directeur des Beaux-Arts. M. Jules Claretie, dans un discours éloquent, retraça les caractères et les qualités éminentes de Dumas dramaturge, romancier, homme privé. Enfin, M. Edmond About, au nom de la Société des gens de lettres, et M. Halanzier, directeur de l’Opéra, au nom des artistes dramatiques, rappelèrent l’influence de l’écrivain dans la littérature contemporaine et sur la scène théâtrale. La série des discours fut close par quelques paroles d’un ouvrier représentant la classe des lecteurs la plus nombreuse et la plus intéressante.

LEDRU-ROLLIN

PLACE LEDRU-ROLLIN

Le même piédestal qui, sous le régime précédent, portait la statue du prince Eugène de Beauharnais, en face la mairie du onzième arrondissement, a reçu la statue d’un homme politique républicain. Singulier retour des choses d’ici-bas ! Le vaincu de Pharsale est à son tour le vainqueur de César, et la République exilée que personnifie Ledru-Rollin remonte au pavois : le proscrit d’hier devient le triomphateur de demain. Fautil s’en étonner plus que cela dans un pays au tempérament mobile et inconstant comme la France?

C’est à Ledru-Rollin que nous devons l’institution du suffrage universel, instrument et base désormais de tous les gouvernements libres. Cette institution est le grand titre de gloire de Ledru-Rollin devant la postérité ; c’est ce qu’il importait tout d’abord de détacher de la carrière si remplie de cet homme d’Etat.

Nul plus que Ledru-Rollin n’a contribué par son activité et par son talent à renverser la monarchie, déjà si ébranlée de Louis-Philippe, et à y substituer la forme républicaine. Il est, avec Lamartine et Louis Blanc, l’un des trois coryphées du mouvement de Février,

LEDRU-ROLLIN

de cette révolution démocratique de 1848 qui détruisait à tout jamais le passé. Victor Hugo résumant l’esprit de cette révolution a dit d’eux : « Louis Blanc en est l’apôtre, Lamartine en est l’orateur, Ledru- Rollin en est le tribun. »

Le tribun ! c’est bien certes la désignation la plus juste de cet orateur populaire. Il en avait l’accent, le geste, la hauteur, l’impétuosité convaincue, l’affirmation tonnante et superbe. Il frappait les foules par l’art avec lequel il faisait éclater l’indignation devant les excès de Guizot et, ainsi qu’on l’a dit, par la colère dont il illuminait la voix de la justice. Son éloquence, don naturel, doublée par de fortes études et une intelligence puissante, revêtait un éclat tout d’inspiration. L’homme était d’ailleurs servi dans ses succès par une réunion de qualités physiques tout à fait appropriée à son rôle : noble visage, taille imposante, voix expressive, regard qui s’allumait au feu de la parole.

L’œuvre de Steiner reflète tous ces avantages et nous représente Ledru-Rollin à la tribune. L’artiste a rendu vivant son modèle. Devant la statue on oublie la laideur du costume moderne, à ne considérer que l’expression de la tête distinguée et" l’attitude générale du personnage ! Son caractère est aussi parfaitement saisi et rendu : il est là tout entier, dialecticien passionné et jurisconsulte éloquent.

Malgré ses faiblesses pour le socialisme, ce politique était à ses heures un délicat penseur et un journaliste

LEDRU-ROLLIN

érudit. — Sa vie a tout entière été consacrée à combattre pour la démocratie et, même après la victoire, en possession du plus important ministère, il lutte et lutte toujours pour obtenir des améliorations et des soulagements au sort des petits et des plus nombreux. Il y dévoue toute ses forces physiques et morales y compromet sa fortune personnelle et ne quitte son poste qu’après la défaite, pour s’acheminer stoïquement vers l’exil.

Quelles que soient sa témérité et son audace, qui lui faisaient souvent dépasser le but à atteindre et ignorer l’art de contenir sa fougue dans les limites des conquêtes raisonnables, Ledru- Rollin doit être jugé avec respect, car il fut avant tout un cœur se donnant tout entier et se dévouant par conviction à ses idées et à ses amis.

Sa carrière peut se diviser en trois périodes : la

LEDRU-ROLLIN. 1808-187

LEWÜ-HDLL1N

première renferme sa lutte dans l’opposition ; la deuxième marque son rôle au pouvoir; la dernière, enfin, est remplie par sa chute et son exil. 1870 lui rend la liberté, mais son rôle après les événements de 1871 à l’Assemblée nationale n’est même plus le reflet de ses brillantes ardeurs d’antan ; l’homme est vieilli, fatigué et succombe à la tâche. En 1874, après le seul discours qu’il prononce, pour défendre encore le suffrage universel menacé par une réaction nombreuse, il sent, au sortir de la séance, se raviver les atteintes d’une maladie de cœur, qui peu de temps après le met au tombeau.

Comme soldat de l’opposition, Ledru-Rollin mérite d’arrêter les regards. Nommé député dans la Sarthe en 1842, il réclame le suffrage universel dans une profession de foi célèbre. «La souveraineté du peuple, écrivait-il à ses électeurs, est le grand principe qu’il y a près de cinquante ans nos pères ont proclamé. Mais cette souveraineté, qu’est-elle devenue? Reléguée dans les formules d’une constitution , elle a disparu du domaine des faits. Pour nos pères, le peuple était la nation tout entière, chaque homme jouissant d’une part égale de droit politique.

« Aujourd’hui le peuple est un troupeau conduit par quelques privilégiés comme vous, comme moi, Messieurs, qu’on nomme électeurs, puis par quelques privilégiés encore qu’on salue du titre de députés.

LEDRU-ROLLIN

« Messieurs, ajoutait-il, la réforme électorale est le premier pas à faire; sans elle tout progrès pacifique est impossible. Cette réforme, il la faut radicale : que tout citoyen soit électeur, que le député soit l’homme de la nation, non de la fortune, qu’il soit désigné par sa vertu. »

C’est en ces termes que Ledru-Rollin réclamait, non sans courage à l’époque, la reconnaissance de l’égalité des droits des citoyens. Attaché à cette idée généreuse qui était alors le fond de toute la politique d’opposition, mécontente comme le peuple, — après les journées de Juillet, de se retrouver de plus en plus les prisonniers d’une minorité bourgeoise, — Ledru-Rollin alla de l’avant dans son rôle de républicain, malgré les amendes, les condamnations et les vexations de toute espèce. A la Chambre des députés, de 1842 à 1848, on le voit prendre part à toutes les discussions importantes contre la politique du gouvernement. Qu’il s’agisse des fonds secrets, des traitements infligés aux prisonniers politiques du mont Saint-Michel, des fortifications de Paris, cc dirigées, disait-il, non contre l’invasion étrangère, mais contre la liberté, » de la loi de régence, de l’indemnité Pritchard, de l’abolition de l’esclavage, des restrictions au droit électoral, de la politique générale, enfin de la question sociale, Ledru-Rollin se fait le défenseur des classes ouvrières et l’accusateur public du pouvoir.

Cependant son parti était 'assez restreint dans la

LEDRU-ROLLIN

Chambre et dans la presse : c’est alors qu’il quitte sa profession d’avocat au conseil d’Etat et que, sans regarder aux sacrifices pécuniaires, il fonde son journal la Tribune , dont il fit une arme puissante. Puis, quand vint la campagne des banquets réformistes, on le voit avec sa fierté habituelle et son talent oratoire briller a la tête des membres de l’opposition lapins avancée et, disons-le aussi, la plus applaudie.

L’èxplosion était forcée; elle eut lieu le 24 février 1848 et mit le sort de la France entre les mains du peuple. C’est à son énergie à la tribune dans cette mémorable journée, et de concert avec Lamartine, qu’il empêche les députés censitaires de nommer une régence et qu’il en impose à tous, en attendant que le peuple vienne en foule avec Caussidière chasser les membres de la Chambre.

La seconde partie de sa vie commence à ce moment. Désigné comme ministre de l’Intérieur dès l’installation du gouvernement provisoire, il marque son passage au pouvoir par des réformes importantes. Il supprime les compagnies d’élite de la garde nationale, qui faisaient ^subsister l’inégalité sociale, il crée et organise le suffrage universel, ce mécanisme gigantesque, déclaré un mois avant une utopie, mais qui une fois mis en jeu fonctionne régulièrement. Quel que soit le parti auquel on appartienne, il convient de reconnaître que la France doit à Ledru-Rollin d’être maîtresse désormais de ses destinées. C’est

LEDRU-ROLLIN

une révolution pacifique dont les résultats sont profonds. Avec le suffrage universel ce que les partis demandaient autrefois à l'insurrection, ils ne l’attendent plus aujourd’hui que de la loi : le contraste ne manquera pas de frapper.

Ledru-Rollin au pouvoir, représentant la nuance la plus accentuée du parti républicain, sut faire des sacrifices d’opinion à ses collègues et k la situation générale de la République; mais il fut un point sur lequel il ne transigea jamais : il débusqua de toutes les places les monarchistes qui les remplissaient et s’y cantonnaient; il fit une administration républicaine. — Quand l’Assemblée nationale du 5 mai fut nommée, les éléments républicains n’étaient plus en majorité; on maintint cependant Ledru-Rollin dans la commission gouvernementale jusqu’au jour où le général Cavaignac fut élevé au rang de chef du pouvoir exécutif.

Quelques mois plus tard, le 10 décembre, l’élection par le pays portait à la présidence de la République le prince Louis-Napoléon Bonaparte, fils de l’ancien roi de Hollande. Ledru-Rollin rentra alors dans les rangs de l’opposition. — C’est la dernière partie de sa vie qui commence. Il combat à la tribune l’expédition de Rome, demande la mise en accusation des ministres pour violation de la Constitution, se met k la tête de manifestations du parti avancé, manifestations que disperse Changarnier avec ses troupes. Ledru-Rollin,

LEDRU-ROLLIN

se sentant de plus en plus vaincu, s’achemine vers l’exil. Retiré à Londres, il emploie son intelligence à des travaux littéraires et politiques sur l’Angleterre et, de son cabinet, donne encore le mot d’ordre aux comités démocratiques de Paris. Pour cette raison Ledru- Rollin ne fut pas admis à l’amnistie de 1859 et subit l’exil jusqu’à la chute de Napoléon III, en 1870.

Rentré en France après les événements de l’année terrible, son activité refroidie ne put être vaincue par ses amis. On parvint à lui faire accepter une candidature à la Chambre avec beaucoup de peine. Décédé en 1875, dans sa propriété de Fontenay-aux-Roses, il obtint les honneurs de funérailles solennelles où l’on entendit les grandes voix de Victor Hugo, de Louis Blanc et de Crémieux mêlées dans d’unanimes et sincères regrets pour le talent, le discernement, les qualités d’action de l’orateur et de l’homme d’Etat. On lui éleva un monument au Père-Lachaise et sa statue a été érigée sur l’ancienne place Voltaire, devenue depuis lors place Ledru-Rollin.

CLAUDE BERNARD

Page 1