‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 10 sur 212 · II. — L’IMAGE DU MORT · texte numérisé non relu

II. — L’IMAGE DU MORT

Les pratiques funéraires que nous venons de rappeler répondent à une croyance très précise et qui apparaît avec toute sa force dans le culte des héros3. Le tombeau est vraiment la résidence du défunt. Le beu où sont déposés les restes du héros, est celui où sa puissance protectrice a pour ainsi dire élu domicile ; c’est là qu’on lui rend un culte. Suivant I expression d’Erwin Rolide, ses ossements 1 enchaînent à son tombeau. Aussi se préoccupe-t-on avec un soin paloux de s’assurer la possession de ces restes précieux. Cimon fait rechercher à Skyros les ossements de Thésée, et leur consacre un hérôon pour que la protection du héros soit désormais acquise à Athènes4. Il est fort possible que, dans certains cas, l érection d’une statue ail eu pour objet de rendre encore plus étroit le lien qui rattache le héros à sa sépulture. Une curieuse légende recueillie par Pausanias nous fait bien comprendre comment, dans les idées des Grecs, une forme plastique avait la vertu de retenir une Ame errante, de 1 obligera y prendre corps. 11 y avait à Orchomène une pierre qui était hantée par I eidôlon d Actéon; celte âme vagabonde dévastait les campagnes. Les gens d Orchomène consultent I oracle, qui leur ordonne de rechercher les restes d Vctéon, de les ensevelir, de faire exécuter en bronze une image de I eidôlon. et de I attacher au

1. Ileuzey, Calai, des figurines ant. du Louvre, p. i46. Pottier, (datai, des vases antiques du /.ouvre, p. 87.

2. DragendorfF, Thera, II, p. 112 et suivantes. Die Beigaben.

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