E. Rolide, Psyché, I3, p. 29 et suivantes
2. Cf. les remarques très justes de Helbig, Zu den homerischen lieslaU.ansijehrauchcn, Sitzurujsbcr. der bayer. I kad 1900, II, p. 2o3 et suivantes.
3. Voir Dragendorff, Thera, II, p. 87-89. L’auteur fait quelques réserves sur la théorie de Rohde.
Une statistique fort intéressante a été dressée par DragendorlT, Thera, II, p. 83-84.
LES TYPES DE L’A HT ARCHAÏQUE
nécropole attique du Dipylon, dont la date se place du ixe au vu* siècle1, les tombes à inhumation sont en majorité. Le mobilier funéraire atteste que la croyance à une sorte de demi-existence dans le tombeau a repris toute sa force. Comme à My cènes, les morts sont inhumés avec leurs armes, lances, poignards, lourdes épées de 1er ; ds sont parés de bijoux funéraires ; près d’eux sont des vases à boire, des récipients remplis de boissons. Si I on se préoccupe d assurer leur subsistance dans 1 intérieur du tombeau, on leur lait aussi des offrandes périodiques. A voir la disposition de la fosse, que surmonte le grand vase de terre cuite servant de monument funéraire, il est permis de croire <pie les survivants y font couler le sang des victimes et des libations. A Théra,
I usage d’offrir au mort des mets et des boissons est nettement attesté par la présence de la dalle de pierre posée sur la tombe, la Tpà-rceÇa, qui est vraiment la table à manger dressée pour le défunt,2. Ces pratiques répondent à un culte des morts ; elles supposent l’idée que Yeidôlon peut quitter l’Hadès, revenir près du tombeau et prendre sa part des offrandes. 11 y a donc communication entre l ame et le tombeau, et ainsi se trouve rétabli un lien que tendait à détruire le rite de l’incinération.
Une conséquence de ce retour aux usages préhomériques, c’est qu’on voit reparaître la préoccupation de rattacher le mort au monde des vivants. On ne le laisse pas isolé dans sa tombe. On dépose auprès de lui, soit dans la fosse, soit à côté, des figurines qui lui font cortège. A vrai dire, ce n est là que la reprise d’une coutume qui semble avoir été générale chez les populations de la Grèce avant les invasions doriennes. On connaît les figurines de marhre ou de pierre des tombes des Gyclades 1 ; les tombes mycéniennes ont livré de nombreuses séries de terres cuites, et il est à peine besoin de rappeler les figurines primitives trouvées dans les plus anciennes nécropoles <le Chypre, dans les tombes en puits qui appartiennent à la période comprise entre l an 2000 el le xiY siècle
1 . Cf. Pottier, Catalogue des vases antiques de terre cuite du Louvre, p. a3i-232 et les ouvrages cités. L’étude la plus détaillée et la plus complète des tombes du Dipylon a été faite par MM. Brückner et Pernice, Ein altiseher Fricdhof, ' Athen. Mittheil., XVIII, i8q3, p. 73-208, pl. VI-TX. Cf. Perrot, Hist. de l’Art, VIT, p. 5i et suivantes.
2. Dragendorff, Thera, II, p. 186. Quelquefois la table porte une inscription avec le nom du mort. Inscr. grâce, insul., III, 76g, 779, 7 ty5 .
3. Voir Blinkenberg, Antiquités prémycéniennes, Mémoires de la Soc. des Antiquaires du Nord, 1896, p. 6 et suivantes. Walter A. Millier, Nacktheit und Entblôssung in der altorient. und acltercn griech. Kunst, Leipzig, 1906. M. W . A. Millier fait remarquer le grand nombre des figures féminines nues. Suivant lui, elles ne représenteraient pas des divinités protectrices, mais des mortelles. Ces femmes formeraient comme le harem du mort (p. 64)-
L’ORIGINE DES STATUES FUNERAIRES
avant notre ère1. Si les sépultures du Dipylon témoignent qu’en Attique le rituel funéraire est un peu différent, les figurines de terre cuite sont au contraire très fréquentes dans les tombes béotiennes du vne et du vT siècle, et dans celles de Théra qui datent du même temps 2. L’usage de déposer dans la tombe des figurines d’offrande est un trait caractéristique du culte des morts.
Dès lors, c’est par des formes matérielles que se traduisent les croyances et les préoccupations des survivants. Nous touchons au moment où la plastique va créer les premières statues de tombeaux, pour consacrer, d une manière plus apparente, le souvenir du mort. Nous devons donc chercher s’il n’y a pas une sorte de filiation entre ces terres cuites ,iy losées dans la tombe, et les statues de pierre ou de marbre qui en constitueront bientôt la décoration extérieure.