Plutarque, Cimon, 8, Thésée., 36 ; Pausanias, III
LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE
rocher par des crampons de fer1. Il esl regrettable <jue Pausanias, ayant vu cette image, néglige de la décrire; c’est assurément un des incunables de la statuaire funéraire en Grèce. Au moins signale-t-il avec plus de précision un autre monument qui se trouvait a Mé gare, à savoir le groupe de statues formant le couronnement du tombeau de Koroibos ; il en parle comme d’une œuvre fort ancienne 2. Le groupe rappelait l’exploit de Koroibos qui avait vaincu un être malfaisant, Poiné, suscité par la vengeance d Apollon pour enlever les enfants d’Argos3 ; il montrait le héros tuant Poiné.
Ces exemples permettent de croire que le culte des héros n’est pas resté sans action sur le développement de la statuaire funéraire4 5 6. Mais ils n expliquent pas encore l’usage plus général que I art grec en a fait. S’il est vrai que les statues de tombeaux ont été en faveur dans certaines régions, comme I île de Théra, où 1 héroïsation du mort est fréquente, on les trouve ailleurs, en Ionie, dans le Péloponnèse, en Attique. Elles décorent la sépulture de défunts qui ne sont pas îles héros. Il faut donc en chercher 1 origine dans une conception plus large que celle du culte des héros.
Reportons-nous aux idées primitives, quasi fétichistes, qui n’ont pas cessé de vivre obscurément au fond de l’âme grecque. La tombe est la demeure du mort ; le pilier ou la stèle qui la surmonte est la résidence (ïooç) de Pâme, comme la colonne ou la pierre à peine dégrossie est 1 £ooç de la divinité dans le culte anicomque de I époque achéenneL Que le pilier ou la stèle deviennent une statue, celle-ci jouera le même rôle. Mais le mort vit aussi dans la tombe ; il > a tout un cortège de figurines en terre cuite, déposées près de lui par la piété des survivants '. Nous verrons plus loin qu’à n’en pas douter certains types de