‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 111 sur 212 · ET D’ENFANTS · texte numérisé non relu

ET D’ENFANTS

La préoccupation de représenter le mort tel cju il était durant sa vie n apparaît nulle part avec plus d’évidence que dans les etïigies des jeunes gens et des enfants. Ici, point d’attitude de deuil ; tout au plus pourrons-nous relever des traces légères de celle gravité mélancolique dont se voile le visage des mères et des épouses. Le souvenir que la sculpture funéraire prétend consacrer, c’est celui de la jeunesse aimable et souriante, de l’enfance occupée à ses amusements puérils.

Comment les sculpteurs de statues représentaient-ils le type d’un jeune homme au temps de Praxitèle ? Nous connaissons déjà, pour le début du ive siècle, la statue du soi-disant Narcisse, qui relève de la tradition polyclétéenne. A défaut d’autres renseignements, une stèle attique du Musée de Leycle nous fait voir un sujet où se manifeste à coup sûr l’influence de la statuaire1 2 (fig. 1 1 5 ).

1 Je 11e crois pas qu’on puisse attribuer une destination funéraire à un groupe formé de deux statuettes de femmes, conservé au musée d’Athènes (Herzog, Studien zur Gesch. der griech. Kunst, Leipzig, 1888, pl. IV. Cf. von Sybol, Sculpturen zu Alhen, n° 271 ; Cavvadias, Catalogue, n° 107). Bien qu’il ait été trouvé près du Dipylon, il n’a rien de funéraire comme le remarque justement M. Staïs : Marbres et bronzes du Musée national, n° 220.

2. Conze, Alt. Grabrelicfs, n» y38, pl. CLXXXVI1. Notre figure n5 est empruntée à ce recueil.

LE IVe SIECLE. — LES IMAGES DES DEFUNTS

Un jeune homme nu, la chlamyde rejetée sur l’épaule, tient d’une main un oiseau cju il a saisi par les ailes, et s’accoude contre un tronc d’arbre. Esl-il besoin de faire remarquer que le rythme des lignes et l’altitude sont essentiel-

cette élégante ligure pourrait

lement praxitéhens Exécutée en ronde bosse prendre place à côté du Sauroetone et du Satyre au repos ; elle \ serait comme en famille.

On est fondé ;i croire que I auteur du basrelief s’est inspiré dune oeuvre statuaire, destinée à décorer une sépulture. Au surplus, le motif du jeune homme à I oiseau, comme celui de 1 éphèbe avec les attributs de palestre, est fréquent dans les bas-reliefs des stèles1, et tout permet de penser qu'il a été traité plus d une lois dans des statues tombales.

Nous sommes un peu mieux renseignés en ce qui concerne les statues de jeunes lilles.

Une épigramme funéraire île I Anthologie nous laisse entrevoir la silhouette d une de ces efïigies. « Au lieu de la couche nuptiale et des augustes hyménées, ta mère a placé sur ce tombeau de marbre ton image virginale ayant ta taille et ta beauté, ô Thersis2. » Peut-être 1 artiste ax ait - 1 1 souligné ce caractère virginal, non seulement par I expression du visage, mais par quelque attribut caractéristique. Ce

sentiment qu expriment avec tant de grâce les vers de b épigramme, ces regrets attendris sur la destinée de la jeune fille privée des joies du mariage, nous les trouvons traduits dans une jolie stèle attique. celle d llagnostraté 3 (fîg. iiG). Ua morte, presque une fillette, est debout dans une attitude pensive, tournée vers une loutrophore. I emblème connu des jeunes gens qui n’ont pas connu le mariage, el c’est sa propre image, associée à celle de son Irère, qu on voit sculptée sur le vase de marbre. Détachez de la stèle celle élégante figure,

Fig. i i 5 . — Stèle attique (Musée de Leyde).

1. Conze, Alt. Grabreliefs, pl. CLXXX^ III, nos 989, g4o, g4i.

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