‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 112 sur 212 · Anthol. palat., VII, 649. Anyté · texte numérisé non relu

Anthol. palat., VII, 649. Anyté

3. Musée nat. d’Athènes. Castriotis, Glypta. p. 328. Staïs, Marbres et bronzes. n° i8G3.

LES STATUES FUNERAIRES DU Ve ET DU IVe SIÈCLE

IQO

imaginez-la transposée, pour ainsi dire, en statue tombale: h évoque-t-elle pas pour nous l’effigie statuaire décrite par le poète de 1 Anthologie'? Et ne sommesnous pas autorisé à chercher si, parmi les marbres anonymes de nos musées,

il n en est point qui nous aient conservé une œuvre du même genre ?

Une tête du Louvre, provenant de la collection du sculpteur Jérichau, appartenait à une stal ne de jeune fille 1 (fig. ii~). Elle s’encastrait dans le buste, et l’amorce de draperie qu’on aperçoit au côté droit se raccordait avec le vêtement. Il n’est pas besoin de décrire longuement celle charmante lête, dont le caractère virginal est souligné par I agencement très simple de la coiffure. Divisée par une raie médiane, la chevelure s’aplatit sur les tempes en dessinant deux bandeaux, et se masse sur la nuque en une sorte de catogan, serré parle double nœud d’une mince bandelette qui fait le tour de la tête. Deux petites boucles s’arrondissent sur le front avec un mouvement contrarié ; cl autres, s’échappant des bandeaux, flottent sur les tempes, atténuant ainsi la sévérité presque austère de la coiffure. Ce soûl là des détails de stxle cjui semblent avoir leur origine dans la technique du bronze, et qu’on observe fréquemment dans la seconde moitié du ive siècle

Pliot. Alinari

Fig. i iG. — Stèle d'Hagnostratc (Musée national d’Athènes).

i. Cf. notre art., Monuments Plot, II, i 8q 5 , p. 11*7-16/!, pi. XV1II-XIX. S. Reinach, Têtes antiques, pl. 1 38 -

LE IVe SIÈCLE.

LES IMAGES DES DÉFUNTS

et à l’époque hellénistique. Quant au visage, le regard baissé, la bouche sérieuse lui donnent un caractère très pénétrant de grâce pudique et de réserve ingénue. Il 11 est point sûr que la tète du Louvre dérive d’un original attique. Nous y verrions plutôt l’œuvre d un sculpteur habitué au travail du bronze et se rattachant à la jeune école péloponnésienne. Elle paraît avoir été exécutée dans la seconde moitié du i\' siècle, ou dans les premières années du 111e. La statue était-elle destinée à un tombeau, ou bien était-elle consacrée dans un sanctuaire? Le doute est permis. Néanmoins l expression recueillie et pensive, la pose inclinée de la tète conviennent bien à une statue funéraire analogue à celle de la jeune Thersis dont nous avons cité plus haut l’ épitaphe.

11 importe de le remarquer :

entre les statues funéraires et les statues votives, la parenté est souvent

vent se prêter facilement à I une ou à 1 autre de ces attributions, ou devenir même à I occasion de simples sujets de genre, lorsqu il s agit de ces ima-

. . p.. . . , Fig. 117. — Tête de jeune fille provenant do la collection

ges de jeunes tilles dont le caractère jérid.au (Musée du Louvre).

reste parfois indéterminé 1 . A ce point.

de vue, les fouilles de Priène nous ont révélé des faits très instructifs. On a recueilli dans la nécropole une statuette de jeune femme drapée qui provient certainement d un tombeau2 3; or, elle ne diffère point, sauf pour les dimensions, de celles qui servaient h la décoration des maisons . Il est donc assez dillieile

1. Ainsi la statue de jeune, ülle drapée du Musée Barracco. Helbig, Coll. Barracco. pl. XXVIII.

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