Diodore de Sicile, XVII, iiô
LES STATUES FUNERAIRES DU V' ET DU IVe SIÈCLE
matériels. Quant aux lemmes qui font des gestes de lamentation, elles ont le double rôle de perpétuer le deuil des proches, et de témoigner que les rites funéraires ont été accomplis : elles attestent que le mort a été dûment pleuré.
La série béotienne nous apprend que cette pratique a survécu aux idées primitives ( 1 1 1 1 lui ont donné naissance. Alors même que la croyance à la vie du mort dans la tombe commence à se modifier sous 1 empire de conceptions plus épurées, on continue à donner au défunt son cortège de pleureuses. Certains types de figurines béotiennes appartiennent au ve siècle; d autres sont plus récents encore. Une terre cuite béotienne du Musée d’Athènes, qui se place au ivc siècle, montre une femme assise au pied de la stèle, une main soutenant la tête, dans l’attitude de la Pénélope du Vatican. Près d’elle est I amphore préparée pour la libation funéraire1 (lig. i2q). Les coroplastes des autres fabriques ont emprunté ce tvpe aux modeleurs de Tanagra. témoin une terre cuite du Musée de Berlin qui offre un su jet tout à fait sein b labié 2.
Dans I art attique, les pleureuses ont une autre fortune. Lorsqu elles sortent de la tombe, et paraissent au grand jour, c’est pour prendre corps dans le marbre et participer à la décoration du tombeau, sous la forme de figures en relief ou de statues. Toutefois, l image du mort occupant la première jilace, elles gardent le caractère de figures accessoires et décoratives.
Fig. I2i). — Femme assise au pied d’une stèle, lerri cuite de Béotie (Musée national d’Athènes).
1. Ilamdy Boy et Th. Reinach, La nécropole royale de Sidon , p. 244, fig- 65. \\ inter, Typen < 1er fuj. Tcrrakotten, II, 108, 3.
2. Furtwaengler, (loll. SabouroJJ, vignette de la notice des pl. XV-XV1I. Winter, ouvr. cite, II, pl. to8, 2. La provenance de Myrina, indiquée par Furtwaengler, n’est pas certaine. Voir Bottier et Reinach, La Nécropole de Myrina. p. 1 53 , note 4-
LE IVe SIÈCLE. — LES FIGURES ACCESSOIRES
Ce rôle subordonné, nous le constatons aisément dans la sculpture Itinéraire du ivc siècle. Rien de plus sigmlicatil à col égard que la mélope sculptée du Musée d Athènes dont nous avons déjà donné la description ’. On sait déjà que, suivant toute vraisemblance, elle provient d un temple-tombeau. Or, c est dans la Irise de 1 entablement , entre des tnglvphes doriques, que le sculpteur de trois femmes, accablées de douleur, pleurant le mort dont la statue se dressait sans doute dans la niche de I liérôon. S agit-il d une stèle.'
C est dans le couronnement que soûl reléguées les pleureuses. Une stèle d entant provenant d’Anlhédon les montre agenouillées dans les angles du fronton, s arrachant les cheveux, se meurtrissant la poitrine, tandis qu'au milieu du tympan une Sirène fait des gestes de lamentai ion 1 .
Parfois, cependant, ces figures de
couronnement son) exécutées en ronde
bosse. Telle est la jolie statuette du
Louvre, sculptée en marbre de Paros,
qui provient de 1 de de My COIIOS et a Fig. i3o. — Femme agenouillée se lamentant. Statuette , ■! r- o\ ttii en marbre provenant de Mvconos (Musée du Louvre).
appartenu a blouct (ng. ioo). Elle représente une femme agenouillée, les cheveux épars, le visage empreint dune
a placé ce groupe