III. LES SPHINX ET LES SIRÈNES
G est un lait très digue d attention que certaines ligures, très familières à la sculpture archaïque, subissent j > I u s tard une sorte de recul, et sont reléguées au rang de types décoratifs. Il en est ainsi pour le sphinx funéraire. Tandis que les sphinx sculptés eu ronde bosse sont fréquents au vT siècle, et apparaissent encore au ils n ont plus au siècle suivant qu un rôle effacé, celui de ligures décoratives, qui prennent place dans 1 ornementation architecturale du tombeau. Assurément le souvenir de leur caractère primitif subsiste encore : ils restent des démons de la mort. Mais ils sont surtout les gardiens qui veillent sur la sépulture. Ils se montrent avec ce caractère dans les sculptures en relief des tombeaux lyeiens, dont l’art trahit si clairement I influence de la Grèce ionienne, et peut-être est-ce là qu’il faut en chercher les plus remarquables exemplairesi. * 3. Ceux qui décorent le tympan du couvercle, dans le sarcophage lycien découvert ii Sidon, commandent I attention par la beauté du type 4.
L art al tique assigne le plus souvent à la ligure du sphinx une place secondaire dans le couronnement du tombeau; elle y joue le rôle d acrotère. Dans le
i. Cette possibilité est admise par Furtwaengler (■ Collection Sabouroff, notice de la pl. LVIII) et par Wolters (.U/ie/i. MiUheiL. XVI, 1891, p. 38 1).
a. Vous rappellerons le sphinx assis sur une base à degrés que montre un lécythe blanc d’Athènes. Benndorf, Grlech. und Sieil. I asenbilder, pl. XIX, 4- Voir plus haut, page 102, n° 8.
3. Vinsi dans les sarcophages de Pajafa et de Merehi au British Muséum, Catalogue of Sculpt. British Muséum, 1 1, n,,s f)5o-r)5i .
4. lia me] y Bey et Th. Beinach, Lu Nécropole royale de Sidoil, p. 221, pl. XII-XVll.
LE IVe SIÈCLE. — LES FIGURES ACCESSOIRES
sarcophage des Pleureuses, des sphinx seul assis aux angles des Ironlons : ils gardent le type archaïque, avec leurs ailes recoquillées el leur haute coillure en forme de calai h< )s‘. M èmes caractères dans un sphinx du Musée de Berlin, provenant d un tombeau d Vthènes, dont il formait 1 acrotère de gauche; le travai I est hàtd . et tout à (ail sommaire sur le revers 1 2. Il v a heu d en rapprocher ceux qui décorent le couronnement du tombeau de Rallias de Phalère 3 * 5 ; les deux sphinx se détachent en ronde bosse audessus du bandeau de la stèle crue surmonte une Sirène se lamentant. On comprend dès lors que ces ligures symboliques s insinuent dans le champ de la stèle, lorsque 1 image du mort \ est remplacée par un simple emblème tel qu un vase funéraire. lécythe ou loutrophore.
I n double sphinx à tète unique est sculpté sous une loutrophore dans la stèle d Archiadès el de Polémonikos \
Deux sphinx sont assis au pied du vase funéraire, comme
pour le garder, sur la stèle de Télésiphron et d Athénodoros (fîg. i . > ~ . Chose curieuse, 1 art attique ne semble avoir fait aucun effort pour renouveler un l\pe dont les traits essentiels étaient fixés dès le ai' siècle: il lui a conservé un
Fig. 1.37. — Stèle <le Télésiphron et. d’Athénodoros (Musée national d’Athènes).