Diodore de Sicile, XVII, ii
4- Voir Conze, Atl. Grabreliefs, nos i663, 1664, et suivants, pl. CCCLVI. Un bel exemplaire figure sur une stèle de Brocklesby Park, ibid. , n° 1672.
5. Cavvadias, Calai., n° 774. Rev. arch. , i864, pl. 12 (Salinas). Baumeister, Dcnltmaeler, III, p. i644, fig- 1701. Weickcr, Der Seelenvogel, p. 168, fig. 88, et p. 172, n° 2 . Percy Gardner, Sculptured Tombs of Relias , p. 27, fig. 47. S. Reinach, Gazette des Beaux-Arts , t. XXVIII, i<|02, p. 46i, Arndt-Bruckmann, Denkmaeler , pl. 549*
Fig i3g. — Sirène tenant une lyre. Détail de la statue précédente (Musée national d’Athènes).
LE IVe SIECLE. — LES FIGURES ACCESSOIRES
(%• 1 38) . Découverte en i863, non Dexiléos, elle appartenait, suivant toute vraisemblance, à ce monument; par suite, elle se trouve exactement datée ; elle est un peu postérieure à l année 3q/|. On la replace aisément, comme une figure d acrotère, sur l’un des piliers qui limitaient le mur en quart de cercle de I hérôon1.
Elle avait un pendant, peut-être une Sirène jouant de la double flûte. La structure de ce corps composite trahit tout d’abord le changement introduit par l’art attique dans la conception primitive de la Sirène. L oiseau à tète humaine a fait place à la femme-oiseau. Le haut du corps est celui d’une femme, et les ailes s’attachent aux épaules comme celles d’un Éros ou d une \iké. Du bras gauche, la Sirène maintient contre son flanc une Ivre faite d une écaille de tortue; de la main droite, qui a disparu, elle tenait le plectre. La tète, légèrement inclinée, est charmante de grâce, et rappelle à certains égards celle de 1 Eiréné de Képlnsodote(fig. i3q). Les cheveux, divisés en bandeaux, sonl serrés par une étroite stéphané, et deux boucles, tombant sur les épaules, éveillent le souvenir d une mode archaïque avaient ser\i à fixer des pendants de bronze
oui des substructions de I héroon de
Sirène tenant une lyre. I national d’Athènes).
Phot. Alinari.
. i mètre (Musée
Des trous ménagés dans les oreilles doré. À n’en pas douter, la statue
i. Brückner, Dcr FricdhoJ nui Eridanos bri lier Hagitt Triada ;u Athen, p. 60, fil, fig
34 et 35
était peinte, car le sculpteur n a pas indiqué sur les cuisses et sur les ailes le
détail des plumes, laissant ce soin au pinceau du peintre. Assurément, on ne trouve pas ici le travail poussé et fini d’une œuvre de maître; mais la Sirène du Dipylon n’en reste pas moins un excellent spécimen de la statuaire funéraire, exécuté au début du ive siècle, sous l’influence des meilleures traditions d’art.
La seconde Sirène du Musée d’Athènes est d un si vie plus récent que la précédente1 (lig. i/|o). Elle mesure environ i mètre de hauteur. Debout et dressée sur ses pattes d’oiseau, la Sirène maintient d’un bras sa Ivre appuyée contre son flanc, tandis que la main droite, ramenée sur la poitrine, tient le plectre. Les ailes sont brisées; mais elles offraient sans doute le même travail minutieux qui, sur les cuisses, a rendu avec tant de précision les imbrications des plumes. En dépit d’une exécution très simplifiée, la tête est l’œuvre d’un sculpteur exercé, qui connaît le st x le de Praxitèle et s’en inspire. La bouche mignonne, les yeux noyés d’ombre sous I arcade sourcilière, la chevelure massée en bandeaux, tout cela compose une physionomie virginale, d un charme doux et sévère, où a passé quelque chose de la grâce praxitélienne. Nous placerons volontiers vers le milieu du ive siècle cette élégante production d’un atelier attique.
Phot. Alinari.
Fig. r 4 i - — Stèle funéraire attique avec figure de Sirène formant acrotère. H. im,58 (Musée national d’Athènes).
Le tvpe de la Sirène pleureuse semble avoir été plus répandu que celui de
i. Cavvadias, Cütaloyue, nn 775. Weicker, ouvr. cité, p. 17a,, n" 172, n° 20.
Arndt-Bruckmann, Denkmaeler,
LE IVe SIECLE. — LES FICLUES ACCESSOIRES 22.
la Sirène musicienne. L’art y trouvait en effet un symbole de deuil très expressif, et c est là qu’il a le plus librement rendu la mimique de la douleur se traduisant par des gestes violents. Une
épigramme funéraire de Y Anthologie, celle de la jeune Ivléo, fait une allusion très précise à cette recherche du pathétique. « Nous te pleurons en nous meu rtrissant le visage, nous, les Sirènes de pierre qui sommes debout sur ton tombeau 1 ».
Rien de plus fréquent que le type de la Sirène pleureuse dans les bas-reliefs funéraires attiques". E11 général, elle occupe la partie de la stèle qui en forme le couronnement. Parfois, le contour supérieur de la figure est a jouré, comme dans une belle stèle attique trouvée à Kalyvia Kouvara ! (fig. i/|i); le champ est occupé par une loutrophore ; audessus, une Sirène se lamente avec les gestes consacrés. C’est donc par une transition très naturelle que les sculpteurs sont conduits d abord à détacher la figure du lornl et à lui donner toute la saillie d un haut relief, ensuite à la traiter comme une statue. Le Louvre possède deux Sirènes de marbre epu ont
servi de couronnement à des monuments funéraires. L une d’elles, provenant de 1 île de Marmara, est une imitation assez lourde d’un l\nc attique1 (fig. 1/12).
Fig. i42. — Sirène
Phol. Ci rail don.
sureuse (Musée du Louvre).
1. Epigramme de Mnasalkas, Anthol. palnt.. aux Sirènes sculptées dans le couronnement de p. 82.
Nil, 4ç|t. Lnc aulre épigramme (ibid.. \ 11, 710), l'ait allusion la stèle. Cf. Weisshaupl, Grabgedichte der griech. Anthologie,