oir W eicker, Dcr Seelenvogel, pl. i
3. Conze. AU. Grahreliefs, n° go4- pl. CLXVN III. Cf. \then, Mittheil.. \tl, 188-, j»l . I\.
4. Héron de Villefosse, Calai, sommaire. n° 801. Chirac, pl. 34g, n° 2089. A. Bouillon, Musée des Antiques, III, Bas-relieJ's. 16. Weicker, ouvr. cité, p. 174, n° 8.
LES STATUES FUNÉRAIRES DU Ve ET DU IV" SIÈCLE
Fig. i 43. — Sirène pleureuse (Mu sée ilu Louvre).
La femme-oiseau se lamente, la main gauche posée sur la poitrine, la droite saisissant une boucle de la chevelure.
Une exécution beaucoup meilleure, un modelé large et souple, recommandent à 1 attention une statuette conservée dans la salle de Clarac ' (fig. 1 43) ; ce sont les mêmes gestes que dans la figure précédente, mais avec une pose inverse. Cette jolie œuvre a été certainement exécutée au ive siècle, dans un atelier attique. On reconnaît facilement une sœur de la Sirène du Louvre dans celle qui est entrée au Musée de Boston avec la collection Bartlett1 2 (fig. 1 44) : elle a la même élégance de formes, la même expression pathétique. Il faut faire une place à part à une statuette du Mu sée d Athènes 3 (fig. 1 43 ) - Icil artiste s’est préoccupé de varier une attitude devenue banale. Les deux mains sont ramenées vers la chevelure avec un geste violent qui étire le torse et en allonge les proportions ; la masse des cheveux encadre un visage douloureux. A coup sûr, le sculpteur a fait effort pour sortir des chemins frayés, el c’est là une preuve manifeste de la
1. Héron de Xillefosse, Catal., n° 2437. Clarac, pl. 834 A, n° 2089 B. S. Reinach, Répert. stat., II2, p. 702, n° 2. Le marbre provient d’Athènes et a fait partie de la collection du baron Rouen.
2. Arch. Jalirb., XIX, igo4- A reh. Anzeiger, p. ig3, 6. Je dois la photographie reproduite ci-joint à l’obligeance de M. Arthur Fairbanks, directeur du Musée de Boston.
3. Staïs, Marbres et bronzes du Musée national, n° 2583, p. 109, et fig. p. 109, Photographie communiquée par M. Staïs.
LE IVe SIECLE — LES F1GI RES ACCESSOIRES
vogue dont ce symbole jouit auprès de la clientèle des marbriers attiques.
La sculpture funéraire a-t-elle conçu, pour l image de la Sirène, des ambitions plus hautes, el F a-t-elle quelquefois élevée jusqu à la dignité d’une grande
Fig. \\<a. — Sirène pleureuse (Musée de Boston).
Fig. i 45. — Sirène pleureuse. H. i1", 22 (Musée national d’Athènes).
statue tombale? Nous serions tenté de le croire en considérant une belle tète féminine du Musée d Athènes, trouvée au D'I ivlon 1 (fig. 1 46). Elle a comme un accent tragique et passionné avec sa chevelure ruisselant en ondes épaisses le long du cou. et couvrant à demi le Iront sous des boucles en désordre.
i. Cawadias. Calai., n° 19.3. Cf. notre Hist. de la sculpture ijrecc/ue, If, p. 4 fig. 236. Staïs, Marbres et bronzes du Musée national, I, n° 1 g3 , p. 3g.
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Un n proposé d y voir une Muse à raison d une certaine parenté avec la tête de la Melpomène du Vatican'; mais si l’on licnl compte du lieu de la trouvaille, ce morceau paraît avoir élé détaché d une statue funéraire, et il est permis de songer à une Sirène pleureuse1 2 3.
Nous ne connaissons, pour fAttique, aucune statue de Sirène postérieure au ive siècle. Aussi bien, les Sirènes pleureuses disparaissent des bas-reliefs funéraires attiques dans le courant du mc siècle, quand 1 architecture des stèles se modifie, et qu elles perdent le couronnement où trouvaient place les palmettes classiques et les figures accessoires A Le type créé par les sculpteurs d Athènes survit cependant, car il se retrouve ii Chypre dans des statuettes de calcaire, à Myrina dans des figurines de terre cuite4 5.
L art alexandrin le recueille à son tour et le traite avec une sorte de coquetterie raffinée, témoin la stalue du Musée du Caire qui montre une Sirène parée de bijoux et croisant les jambes dans un mouvement de danse". Sur les stèles d Asie Mineure, la Sirène pleureuse ou musicienne reste un emblème lunéraire. On la