‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 144 sur 212 · Pline, Nal.Hist.. XXWI · texte numérisé non relu

Pline, Nal.Hist.. XXWI

5. Voir sur le temple de Domitius, Furlwaengler, Intermeczi, p. 45 et suivantes.

LES STATUES FUNÉRAIRES DU Ve ET DU IVe SIÈCLE

sculptures, qui, au dire de Pluie, aurait suffi à illustrer une vie d’homme, avait-il été enlevé au Ironton d un temple ? Ou bien, suivant une hypothèse qui a été plusieurs lois formulée1 2 3, les Romains avaient-ils dépouillé de ses statues quelque grand hérôon bithynien analogue au Mausolée? Nous inclinerions à le croire.

L origine inconnue du groupe célèbre des Niobides ouvre également le champ aux hypothèses. Les statues de Florence nous offrent seulement, on le sait, une sorte de vulgate de la composition primitive. Du groupe original, nous ne savons rien, sinon que C. Sosms. légat de Syrie et de Cilicie en l’an 38 avant notre ère, l’avait apporté à Rome pour en décorer son temple d Apollon. Lavait-il enlevé à une ville syrienne ou cilicienne ? Gela est probable, mais nous n avons sur ce point aucun renseignement précis. Quant à admettre, comme I avaient lait jadis Cockerell et Welcker, que le groupe décorait un fronton, d faut certainement v renoncer ". D’autre part, nous 11e sommes pas en mesure de contrôler la conjecture émise par H.-L. Urlichs, et suivant laquelle les ligures auraient été disposées dans les entrecolonnements d’un temple-tombeau‘. Bornons-nous à rappeler le témoignage d’un monument qui tendrait à la confirmer. On connaît le sarcophage de Kertch découvert au Mont Mithridate4. Il a la forme d’un petit temple, avec trois colonnes ioniques, entre lesquelles s élèvent des pilastres reliés par des arcades. Or, dans les entrecolonnements étaient des figures d applique en plâtre représentant les Niobides et il est aisé d’y reconnaître « 1 imitation des groupes en marbre disposés sous les colonnades des temples5 ». Est-d interdit de penser que telle était la destination du groupe des Niobides? El le caractère tragique de la scène n’était-il pas approprié à la décoration d’un tombeau?

Avec la période dont nous avons terminé I étude , la statuaire funéraire a atteint sa plus haute valeur d’art. Encore ne connaissons-nous pas tout. Faut-il rappeler que les œuvres des maîtres sont perdues pour nous? Tout au moins

1 . Milchhoefer, Alhen. Mitheil. . IV, 1879, p. 67. Petersen, Annali. 1860, p. 399. Michaelis, Annali, 1875, p. 181.

2. Voir notre Ilist. de la sculpture grecque , II, p. 542 et suivantes.

3. À. Furtwaengler et H.-L. Urlichs, Denkmaeler qriech. und roemischer Sculptur. Handausgabe, Munich, 1898, p. 108.

4. Compte Rendu de la Commission arch. de Saint-Pétersbourg , 1 8 7 5 , Titelblatt, et p. 5. Kondakofl, lolstoï et

S. Reinach, Antiquités de la Russie méridionale , p. 42, fig. 46.

Page 1