‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 145 sur 212 · Antiquités île la Russie mérid., loc. cit · texte numérisé non relu

Antiquités île la Russie mérid., loc. cit

LES GRANDS TOMBEAUX D’ASIE MINEURE

les noms de Sthenms el de Praxitèle nous garantissent que les artistes de premier rang n ont pas dédaigné ce genre. A en juger par les monuments conservés, on peut apprécier tout ce que la sculpture a gagné à suivre des exemples venus de ] > 1 11 s haut. Les statues tombales ne le cèdent [>as aux stèles jiour la noblesse et la beauté des types; comme celles-ci . elles nous révèlent, si I on veut, la moyenne de I art dans les ateliers de marbriers; mais on sait, sans qu il \ ait lieu d v insister. quels enseignements contribuent à en hausser le niveau.

De 1 examen des monuments, un lait ressort avec évidence. Au iv' siècle,

I influence attique règne presque sans partage dans la statuaire des tombeaux. Les t \ pes mis en faveur par les sculpteurs athéniens se répandent dans tout le monde grec, et tout fortune jusque dans les pays à demi-hellénisés ; ils s imposent a Clivpre; ils pénètrent à Sidon et à Carthage, et. dès le règne des premiers Ptolémées, font leur apparition en Egyjite. Ainsi s’explique I unité de style que garde à cette époque la sculpture lunéraire. et c est pourquoi la | >arenté nous a paru si étroite entre telles statues al tiques et les pleureuses du sarcophage de Sidon. ou les effigies tombales recueillies dans les nécrojioles ch\ p notes. Ce n est là d ailleurs qu’une des conséquences de la supériorité acquise par I art attique, et une nouvelle jireuve du jirestigc qui entoure toutes ses productions.

Quels traits de physionomie particuliers présentent, au i\' siècle, les !\ pes funéraires? A quelles préoccupations morales répondent-ils? A vrai due, dans sa donnée essentielle, une statue tombale est toujours, comme au vf siècle,

1 effigie impersonnelle du mort; elle en consacre le souvenir, avec une forme généralisée qui en fait la beauté et la dignité. Seulement. I art \ introduit toutes les nouveautés dont il s enrichit. Considérez les statues féminines, qui forment la série la plus riche. Elles sont les témoins de I évolution de si vie qui, grâce à I initiative de Praxitèle el de ses contemporains, modifie I agencement de la draperie : c est aux progrès de I art qu elles doivent leurs caractères d élégance et de distinction, el elles les jiartagenl avec les autres œuvres du même temps. Est-ce à dire cependant que la statuaire lunéraire n ait rien créé qui lui soit personnel ? Assurément non. bile a son domaine, qui est I exjircssion de la douleur, du regret de la vie. de la mélancolie tantôt poignante, tantôt résignée; sentiments purement humains, les seuls, en réalité que s attache à traduire la sculpture funéraire des Grecs. Pour les exprimer, elle trouve des gestes contenus, des attitudes I îarinomeuses. un pathétique sobre el pénétrant qui lui

LES STATUES FUNÉRAIRES DU V' ET DU IVe SIÈCLE

appartiennent bien en propre. Les pleureuses, les mortes pensives, les Sirènes douloureuses, sont bien ses créations ; ces figures relèvent de ce qu’on a pu appeler « l'esthétique des tombeaux ». Dans leur acception forcément très limitée, ces types n’en sont pas moins éloquents et expressifs. Ils sont si nettement accusés, ils répondent si bien à toutes les exigences, qu’ils demeurent immuables jusqu au déclin de l’art antique.

A I époque hellénistique, un champ plus vaste s’offre à la sculpture funéraire. Elle va cesser d’être comme le monopole des ateliers attiques. Elle va se développer dans les pays ouverts à I hellénisme par la conquête d’Alexandre, et s’adapter à des idées nouvelles. D’autre part, comme elle reflétera les changements qui se manifestent dans toutes les productions de l art, elle ne saurait ni échapper à I influence du réalisme, ru résister aux jirogrès croissants du genre et de l’allégorie. Dès lors, la méthode qui s’impose à nous pour les chapitres suivants se dégage assez clairement. Nous n’avons pas à nous attarder aux types traditionnels légués à l’hellénisme par la plastique du ive siècle, et répétés à satiété par tous les marbriers du monde grec. Ce qui doit nous intéresser avant tout, ce sont les formules nouvelles, soit que la statuaire des tombeaux utilise pour des usages funéraires des types déjà connus, soit qu elle emprunte aux idées, aux goiits, et aux besoins du temps un caractère vraiment original.

TROISIEME I* \RTIE

l'/EPOOUE HELLENISTK )UE ET

GRÉCO-KOMAINE

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