LE CULTE DES MORTS A L ÉPOQUE HELLÉNISTIQUE
Pour la période nouvelle que nous abordons, il importe tout d abord de signaler un fait essentiel, à savoir le déclin de la sculpture funéraire en Athque. Dans les dernières années du iv' siècle, le décret de Déinélrios de Phnlère en arrête brusquement le développement Les sépultures luxueuses sont interdites. Les formes de tombes seules autorisées par le décret sont des plus modestes : c’est la colonne, la trnpéza ou table d offrandes, et le bassin ou la vasque (labclliini )’. Les marbriers attiques cessent de sculpter ces belles stèles auxquelles nous avons fait plus d’une fois allusion, et ils n exécutent plus, pour les sépultures des riches familles, ces statues tombales qui en taisaient le luxe. C est donc la fin d une abondante production d œuvres d art à laquelle avaient pris part des maîtres de premier rang. C est aussi la fin delà suprématie dont avait joui sans partage la sculpture funéraire allique.
L activité se poursuit ailleurs, en \sie Mineure, dans les îles, à l liasos, à idiéra, dans la Cvrénaïque, et dans I Egvple des Ptolémées. Sans doute la sla-
i. Cicéron, De Legibus, JF, 26, <3 <3 . Cf. page 9I). I n type de colonne funérairi postérieure au décret de L)emétrios est la colonne de Bion et d'.Vrchiklès, qui supportait sans doute un va«c Elle est encore en place au Céramique d’Athènes. Comte. Ail. Grnbrrliefs. p.
tuaire des tombeaux n’offre plus au même degré les caractères d’invention et de beauté qu elle devait aux artistes d’Athènes. Elle tourne bien souvent à la production industrielle : elle se contente volontiers de reproduire des types fixés une fois pour toutes, el n’échappe ni à la routine, ni à la banalité. Mais s’il en est ainsi, c est qu elle doit suffire à des commandes devenues plus fréquentes. L usage des statues tombales est en effet plus répandu que jamais, et nous devons rappeler, dans ses traits essentiels, I évolution il idées qui met en faveur ce mode de commémoration.