Thera, II, p. 2ÔI etsuiv., p. 254 et suivantes
4- Wiegand, Arch. Jahrb., XVII, 1902, Arch. Anzeiqer, p. i5o. Les fig. 5 et 6 donnent le plan et la restauration. Les fouilles ont fait connaître les chambres funéraires d’un autre hérôon hellénistique. Wiegand, y\rch. Jahrb., XXI, 1906, p. 38. Cf. Sitzungsber . der berün. Akademie, 1905, p. 538-53g.
5. Heberdey et Wilberg, Grabbauten von Termessos in Pisidien, Wiener Jahreshefte, III, 1900, p. 177-210.
LE CULTE DES MORTS
ture de son mari et de ses iils ; or, I inscription gravée sur la porte rappelle qu elle y a lait ériger leurs statues1.
Nous savons, par le testament d’Epictéta. que les édifices affectés à un culte funéraire peuvent former un ensemble important, et occuper un espace étendu. Dans ce cas, il est nécessaire de les enfermer dans une enceinte (réusvoç ou -îot^oXo;): c’est l'hérôon à téménos. A coup sûr, ce genre de sépulture est exceptionnel, et n est attribué qu à des défunts illustres ou appartenant à de riches familles, et qui sont héroïsés non point comme les morts du commun, mais au sens ancien du mot. Ils reçoivent un cultej; les édifices annexés au tombeau sont aménagés en vue des cérémonies commémoratives. Déjà , vers la lin du ve siècle, I hérôon lycien de Gieul-Bascln Trvsa olïre un type bien caractérisé de cette enceinte funéraire où se dresse le tombeau, avec des constructions aménagées pour que les survivants puissent commodément rendre au défunt le culte qui bu est dû ; on peut ) restituer le logement du gardien, et une salle pour les banquets2. Pour l’époque hellénistique, les textes nous font connaître des exemples analogues de temples-tombeaux à téménos. Une inscription de bile de Kos, du 11e siècle avant notre ère, mentionne la fondation testamentaire fait par Diomédon pour l entretien d’un sanctuaire et de statues qui sont sans doute celles du défunt et de ses ancêtres3 4 5. Une inscription de Guide nous a conservé une brève description du téménos funéraire d Antigonos Gonatas, Iils de Démétrios Poliorcète '. A I hérôon étaient annexés un autel ou Ihymélé pour des sacrifices aux Muses, un portique pour les exercices de la palestre, et des bains; une statue de Pan Arcadien rappelait la dévotion particulière que le défunt lui avait vouée. Citons encore un exemple que nous lait connaître une inscription d Apollome de Pisidie . Un personnage, nommé Vpollomos, a fait construire de son vivant, pour sa sépulture et celle de sa leinme cl de son Iils, un grand hérôon entouré d un téménos ; il \ a là des jardins, des portiques, des maisons a!lectées au logement des prêtres qui sont chargés d’entretenir le
1. Wiener J ahreshe fie, ibid., p. 206, ligne 11. ivop’.ïvTa; îotrjsîv.
2. O. Benndorf, Das Heroon von Gjolbaschi Trysa. p. 4i, fig. •> 1 ■
3. Paton et Hicks, Inscriptions of Cos. n° 31). Dareste, IFaussoullier et Th. Beinach, Inscr. juridiques grecques,
4. Kaibel, Epigrammata graeca, n° 78t. Usener, Rheinisches Muséum für Philo). , X.-F. XXIX, p. <9 et suivantes.
5. Le Bas et Wadddington, Inscr. d’Asie Mineure. 11” 1190 a. Corpus inscr. grâce . III n" 397:1
27o l’époque hellénistique et gréco-romaine
tombeau, et de célébrer les cérémonies du culte funéraire. Les statues n’y devaient pas manquer. A ce point de vue, la décoration de l'héroon rappelait sans aucun doute celle des enceintes sacrées où 1 on rendait un culte aux héros légendaires, ancêtres de familles illustres. Les fouilles de Magnésie du Méandre ont mis au jour trois statues provenant, suivant toute vraisemblance, tl un bérôon de cette nature, et datant de la fin du nc siècle avant notre ère1. L’une d’elles représente un jeune homme, assis sur un rocher et tenant un- coq, attribut qui le désigne comme le héros ; les deux autres sont celles de deux jeunes femmes qui peuvent être interprétées comme des Muses ou comme des « héroïnes ».
En résumé, à l’aide îles monuments et des textes, d est possible d’évoquer une image assez précise d’une nécropole hellénistique d’Asie Mineure. Ce n’est plus la simplicité d’une nécropole attique du ive siècle ; l’aspect en est plus varié et moins nu. Dans des enclos entourés de platanes et de cyprès se dressent les hauts piliers surmontés d épithèmes, parmi les autels et les tables d o lira n des . Les temples-tombeaux alignent leurs façades élégamment ornées de colonnes corinthiennes, et çà et là on aperçoit des statues de marbre qui sont celles des défunts ou des divinités associées à leur culte funéraire. Le goût hellénistique met là cette note pittoresque que I on retrouve clans les bas-reliefs à paysages, où I on voit si souvent un sanctuaire rustique près duquel un figuier étale ses branches chargées de larges feuilles2. Les épigrammes funéraires de I Anthologie font plus d’une fois allusion aux sources qui jaillissent près des tombes, aux arbres qui les parent de leur verdure, et nous laissent entrevoir le charme mélancolique et pourtant attrayant de ces cités des morts. Dans une de ces pièces, le poète s’adresse à la terre où repose un vieillard qui la cultiva jadis avec amour. « Pèse doucement sur sa tête blanchie, et fais au printemps lleunr les plantes * ».