Anthol. palat., VII
LE CULTE DES MORTS
de l'Egypte. Certaines statues, en effet, sont traitées, pour le vêtement et 1 attitude, dans le st\ le égyptisant, alors que les visages offrent tous les caractères du réalisme alexandrin. Il faut donc distinguer entre les statues tombales qui sont, comme en Grèce, des effigies commémoratives, cl celles qui, suivant les croyances chères aux Egyptiens, permettent au double du mort de vivre dans un nouveau corps de pierre. Voilà deux catégories de statues dont il y a lieu de définir la relation avec la tombe alexandrme. Sans entrer ici dans un examen détaillé que ne comporte point notre sujet, nous devons résumer les laits acquis tels qu’ils se dégagent des recherches les plus récentes.
Grâce aux fouilles de MM. Botti et Thiersch, aux explorations de MM. Sieghn et Schreiber. on peut prendre une idée fort exacte des grands tombeaux à hypogée de I époque plolémaïque et gréco-romaine 1 . Un des tvjies les plus achevés est le tombeau de Ivom-ech-Chogàfa, construit vers la fin du Tr siècle de notre ère. C'est une vaste catacombe à deux étages, à laquelle on accède par un puits de lumière et un escalier tournant . A l’étage supérieur est aménagée une rotonde autour de laquelle rayonnent de nombreuses chambres. L’étage inférieur est affecté à la chambre funéraire, à I hérôon. Les parois sonl décorées de bas-reliefs exécutés par une mam grecque ; mais les sujets, traités dans le si \ le égyptien, sont empruntés au rituel funéraire de l ancienne Egypte, tandis que le stvle grec reprend ses droits dans la forme et I ornemental ion des sarcophages. A l’entrée de la chambre s ouvre un pronaos à colonnes égyptiennes, oii deux niches contiennent les statues du maître du tombeau et de sa femme 2. \lors que les tètes sont de véritables portraits, exécutés suivant le stvle grécoromain de l’époque impériale, le costume, 1 attitude rigide et conventionnelle, rappellent les statues funéraires de I époque pharaonique. L auteur, un sculjtteur grec, avait donc pastiché des types traditionnels, se conformant sans doute aux instructions des premiers titulaires de la tombe, restés attachés aux vieilles croyances; c’est pour servir de soutien à leur double que ces effigies avaient été préparées.
Plusieurs générations ont été ensevelies dans ce même tombeau. Mais parmi les nouveaux occupants, d autres étaient Alexandrins hellénisés. On a retrouvé, en effet, des fragments de statues qui n ont rien de commun avec les
1. Vous renvoyons surtout au bol ouvrage publié sous le titre général de Expédition Hrnsl SietjUa, Ausgrabungen in Alexandrin., f. Theodor Schreiber, Die \ekropolr non Kâm-esch-Schukil fa, Leipzig, 1908.