‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 179 sur 212 · Collection Sabouroff, pl. \LVJ · texte numérisé non relu

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maturité, et le sculpteur s est attaché à rendre, avec un grand souci de la vérité, les chairs affaissées et les sillons qui cernent les coins des lèvres.

Si, dans la Grèce de l’époque impériale, le réalisme envahit la sculpture funéraire, c’est dans l’art romain qu’il triomphe le plus complètement. L’antique habitude de conserver les masques en cire des ancêtres, l’esprit positif de la race, le développement prodigieux que prend à Rome le portrait, tout contribue à créer des traditions très opposées à celles de l’idéalisme qui a si longtemps régné dans la sculpture funéraire île la Grèce. En ce genre, la sculpture romaine crée des œuvres incomparables 1 . L'art grec postérieur au ier siècle de notre ère n’a rien produit cjui puisse égaler les deux admirables bustes du Vatican représentant des époux romains 2 (fig. 199) : l’homme au visage glabre, ridé, au regard dur sous d’épais sourcils, physionomie sans noblesse de bourgeois avisé et soucieux de ses intérêts ; la femme, plus jeune, avec l’expression placide et soumise d’une bonne ménagère. L’âme de la vieille Rome républicaine revit dans ces elïigies où éclate un si vif sentiment de la vérité, et qui nous apparaissent comme des chefs-d’œuvre du réalisme romain. Aussi bien, c’est à Rome qu’il nous faudrait chercher les types les plus achevés du portrait funéraire traités avec un sens aigu de la ressemblance individuelle. C est là tout un chapitre nouveau île l’histoire de l’art. Mais le sujet dépasserait les limites que nous nous sommes assignées dans cette étude.

1. Voir l’étude consacrée aux portraits romains par Mrs Arthur Strong, Roman Sculpture, p. 347 suivantes.

2. Helbig, Führer, I2, n° a4o. Brunn-Bruckmann, Denkmaeler, n° 267. Arndt-Bruckmann, Griech. and roern. Portraets, n° 210. Phot. Alinari, n° 6602.

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