Scliroeder, Donner Jahrbücher, 1902, p
fi. Kaibel, Epigramm. graeca, n° 821.
LES DÉFUNTS DIVINISÉS. LES KERMÈS
dieu1. Sur le couvercle d’un sarcophage du Musée du Capitole est étendue la statue couchée d’un jeune mort, Saturninus. Le haut du corps est nu; la tête est couronnée de pampres; la main gauche tient une coupe. Une inscription en grec rappelle que ses parents l’ont lait représenter, dans son effigie tombale, comme « le fi Is de Dionysos2 3 ».
Il est plus difficile de déterminer dans quel cas le type féminin drapé revêt un caractère divin. Au iv* siècle, nous l avons vu, les statues de femmes enveloppées d’un manteau, avec une attitude de deuil, n’ont pas d’autre objet que de conserver I image idéalisée et conventionnelle des défuntes. Mais, à l'époque hellénistique, le svmbohsme dont nous trouvons la trace dans les types virils s'applique-t-il également aux types féminins Les statues groupées avec les Hermès d’Andros et d’Ægion représentent-elles les mortes héroïsées comme des déesses chthomennes, sous les traits de Perséphoné ou de Déméter? Ou bien encore est-ce à des Muses que les compagnes des Hermès sont assimilées 1 ? Il est possible qu’avec le temps ces types, créés pour des statues-portraits, aient pris une signification symbolique. L’hypothèse de Muses funéraires se justifierait par le fait que le culte de ces divinités est souvent associé à celui des défunts4 5 6. Pourtant, l’identification avec une divinité ne peut être admise avec certitude que lorsque des attributs 1 indiquent clairement.
Le tvpe de Déméter, par exemple, est un de ceux qui ne sauraient prêter à P équivoque. De nombreuses statues de femmes drapées, ayant bien le caractère de portraits, tiennent d une main les tètes de pavots qui figurent parmi les attributs de la déesse . Une statue du Louvre, restaurée en Gérés, mais dont la main droite tenait certainement des pavots, reproduit le type de la Pndiatc, si familier aux sculpteurs de stèles d \sie Mineure . Ne sommes-nous pas fondé à reconnaître ici une de ces statues funéraires romaines où la dé-
1. Apulée, Mélarmorphoses, 8, 7. Cf. Bolide. Psyché. Il\ p. 36o.
2. Bottari et Foggmi, Maseo Capitolino, IV, 3ot. Kaibel, n° ÿo5. Cf. B. von Schneider, Wiener Jahrcshefle, 3 III, 1900, p. 3i)4-