‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 202 sur 212 · Wintcr, ouvr. cité, I, n. ii)i, n° a · texte numérisé non relu

Wintcr, ouvr. cité, I, n. ii)i, n° a

3. Mlten. Mittheil., \V, 1890, p. 358. On connaît également la riche série de terres cuites trouvées àTarcnte, montrant des personnages couchés, richement parés de diadèmes et de Heurs. Winter, ouvr cité, I, p. 198-202.

4. Ces bas-reliefs ont fait l’objet de nombreux travaux. Nous citerons notamment : Furtwaengler, Collect. Snbouroff, Introduction, p. 28 et suiv. ; Percy Gardner, Journal oj Hellen. Stud., V, 1884, p. io5 et suiv. ; Pottier, Bull, de corresp. hellén., X, 1886, p. 3 1 5 et suivantes. La bibliographie de la question est donnée par

S. Rcinach, Le Bas-Reinacb, Voy. arch., p. 72.

LES FIGURES COUCHÉES

architecturale, le sarcophage grec ne saurait oihrir un support de cette nature1. Le plus ancien sarcophage de marbre que nous connaissions pour la ( rrèce a été trouvé à Samos, et date du vU siècle2. Il accuse déjà la préoccupation, qui restera constante en ( îrèce, de rappeler, dans la l’orme et le décor de la cuve, 1 architecture du temple. Les colonnes ioniques engagées sur les quatre laces, la corniche, le loi! à double pente, les frontons avec leurs acrotères. tout éveille I idée d un temple ionique en réduction, lit les sarcophages grecs du ive siècle, celui des Pleureuses par exemple, dérivent de la même conception 3. Comment, dès lors, associer à cette lorine de monument l’efligie du mort couché, à moins de I allonger sur I arête faîtière du toit.' Les Grecs ne pouvaient songer à celte combinaison illogique et déconcertante. S ils Font adoptée parfois, comme on le verra plus loin, c est lorsqu ils travaillaient pour une clientèle étrangère et qu ils devaient se plier à ses exigences. Ils ne 1 ont jamais acceptée pour eux-mêmes.

Il en est tout autrement en Etrune, où le type des ligures couchées a fait une singulière fortune. Elles s’adaptent tout naturellement au sarcophage étrusque. dont la forme la plus habituelle est celle <1 un ht de banquet. On sait comment cette forme naît pour ainsi dire spontanément des coutumes propres à FEtrurie. Lorsque les anciennes tombes à fosse sont remplacées par les spacieuses sépultures à chambres funéraires, celles-ci, comme on Fa dit justement, deviennent « I image à peu près fidèle de la demeure des vivants ' ». Les niches ou les banquettes qui 1rs garnissent ont I apparence d un lit; les corps y sont déposés soit à découvert, soit dans des sarcophages, cl les morts sont jilacés comme le seraient des vivants dans un triclinium. Sur les murs, des peintures évoquent et conservent I image des repas funèbres offerts aux défunts; elles les montrent buvant et causant, entourés de serviteurs qui s enqiresseut. de danseuses dont des musiciens ry thment les mouvements. Le sarcophage Immérité affecte la forme d un ht de banquet, sur lequel jirend place I effigie «lu mort, seul ou groupé avec sa femme. Si le corjis a été brûlé, suivant un usage aussi fréquent en Etrune que celui de I incinération, I urne cinéraire garde

1. Pour les formes des sarcophages grecs, voir Cahcn, Dict. des antiquités, art. Sarenphaiji.

Page 1