‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 203 sur 212 · iegand, Athen. Mittheil.. XXV, 1900, p · texte numérisé non relu

iegand, Athen. Mittheil.. XXV, 1900, p

3. Les sarcophages grecs en forme de klinè qu’on trouve en Macédoine restent des exceptions. Altmann, Archilectur und Ornamentilc der antiken Sarkophtnjc, p. 3q.

4- J. Martha, L'art étrusque, p. 18S. Xous renvoyons à cet ouvrage pour la description détaillée de la tombe étrusque.

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la même forme ('I c’est une image réduite du défunl qui eu surmonte le couvercle.

Les plus anciens sarcophages ornés de statues-couvercles sont en terre cuite peinte, et datent de la lin du vT siècle, environ. Il appartiennent au temps oii l'influence de 1 art grec archaïque, et particulièrement ionien, est toute puissante en Etrune. Il n est donc pas surprenant d’y retrouver, grandis jusqu’aux proportions < le la ligure humaine, les mêmes tvpes <jue traitent en Grèce les modeleurs de llgurmes. A la tête de cette série peu nombreuse, on a souvent placé nu grand sarcophage du Rritish Muséum, dont le couvercle porte un groupe exécuté avec un étrange réalisme1. Les deux époux sont à demi couchés côte à côte, la silhouette de la femme dessinant des contours anguleux, le mari étalant un grand corps nu. efflanqué, aux chairs tombantes. Est-ce le naturalisme étrusque qui éclate dans cette œuvre unique jusqu’à présenti' Certains critiques 1 ont pensé. Mais, à vrai dire, I authenticité du sarcophage a été trop sérieusement mise en question pour que nous puissions nous y arrêter en toute sécurité. Nous considérerons avec plus de confiance deux sarcophages provenant de Cæré, et conservés, I un au Louvre, l’autre au Musée de la \ 1 1 la Giulia à Rome. Identiques pour le sujet et l’exécution, ils paraissent être sortis du même atelier. L'exemplaire du Louvre est fort connu 2. Celui de Rome, qui na pas, comme celui de Paris, conservé sa riche polychromie, nous montre les mêmes personnages dans la même altitude : I homme en longue tunique, accoudé sur un coussin, un bras posé sur I épaule de sa compagne, et tenant sans doute de ! autre main un vase à boire ; la femme coiffée du tuiulus, vêtue d’un clviton ionien et d un manteau, les jneds chaussés de bottines à bouts retroussés, et s'ajiprêtanl à verser la libation ' (fig. aai).

Costumes, coiffures, Ivjies du visage, décor du lit, tout, dans ces monuments, a un caractère ionien très accusé et trahit I étroite parenté de la civilisalion étrusque avec celle de la Grèce orientale. Faut-il v voir! ’ovuvre de modeleurs indigènes formés à I école des Grecs.' Ou bien devons-nous les mettre au compte <1 artistes grecs établis en Etrune, comme ces potiers corinthiens, qui, au dire de la légende, avaient accompagné à larqunues Démarate evilé de Corinthe?

i . Murray, Terravolla Sarcopliagi Greek and Elrusean in the Brit. Muséum, pl. IX-X.

•2. Longpérier, Musée Napoléon lll, pl. LX\X. Pour la bibliographie complète, voir Deonna, Les statues de terri • cuite dans runlic/uité, Sicile, Grande-Grèce, p. 583.

5. Savignoni, Motuim. anlichi dell Accad. dei Lineei, VIII, i8i)8, p. 5'ii et suiv., pl XU1-XIV . Deonna, ouvr. cité, p. 1 84 .

LES FI( Il RES COUCHÉES

Et ces artistes sont-ils des Ioniens, empruntant h I art de leur pays une formule qui s’adaptait aisément aux goûts de leur clientèle1 2? Cette seconde hypothèse nous parait fort plausible. En tout cas, on peut alïirmer que les modèles ioniens se sont imposés de bonne heure à I imitation des Etrusques. Il sérail facile de

signaler ailleurs, par exemple dans des cinéraires-statues du Musée de Florence, le souvenir direct d un type de femme assise qui nous est connu par les statues des Brandi ides J. Ainsi ces groupes funéraires sont lucn grecs de slxle et d inspiration: à ce titre, ils devaient trouver place dans notre élude.

Les mémos influences se reconnaissent encore au v' siècle, notamment dans un groupe de Florence, provenant de Città la lhevo. qui nous ollre une autre variante de la scène du banquet : I homme demi-coucbé. la Icinine assise

1. C’est la conjecture proposée [par M. Savignoni, art. cité, p. 536. Je ne crois pas qu'on puisse songer à des influences Cretoises, comme le suggère M. Hauser, Wiener .lahreshcj le . JX, iqoO, p. 1 19-120.

2. Amelung, Fiihrer durcli die Anliken in Florenz, p. 192, n"s 216 et 217. Cf. Milani, Witseo ilaliano. I. p. 289, Martha, L'art étrusque, p. 337.

Fig. 221. — Sarcophage étrusque de terre cuite trouvé à Cæré. Long. 2 mètres (Home, Musée de la Villa Giulia).

1 1 après les Monument i antiehi dei Linrei. 1898.

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à côté de lui *. Au ivc siècle, on \ 01 ! apparaître en Étrurie le type du sarcophage grec, avec un couvercle à double pente ; il en résulte que les statues, pour s’a-

Phot. Alinari.

Fig. 222. — Urne funéraire étrusque. Tombeau des Yolumnii (Pérouse).

dapter à cette nouvelle forme, prennent l’attitude allongée des « gisants ». Nous aurons à revenir plus loin sur cette évolution du type des ligures couchées. Mais les statues accoudées sur le lit de banquet conservent leur place dans la plastique funéraire. A partir du m' siècle, elles abondent. Les nécropoles de

i. Milani, Nolizle deijli Scavi, 1888, pl. \!\. Martha, l/arl étrusque, fig. 2.33.

LES FIGURES COUCHÉES

Toscanella, de Yulci, de Chiusi, oui livré en grand nombre des sarcophages ou des urnes cinéraires de terre cuite dont le couvercle supporte soit un couple, soit un défunt, homme ou leumie'. Les personnages sont accoudés sur un épais coussin, parés de bijoux, de couronnes, de colliers, tenant en main une

patère ou un canthare. Rien de plus monotone que ces elTigies, le plus souvent, dénuées de toute valeur d art, et dont l exécution lâchée trahit Fâcheusement le caractère industriel. On connaît une fois pour toutes le type masculin quand on a regardé à Pérouse les urnes cinéraires de la famille des Volumnu (fig. 222), ou parcouru, au Musée archéologique de Florence, la salle de Toscanella. C est par exception qu on rencontre «les œuvres soignées, voire même élégantes, comme les deux riches sarcophages, rehaussés de peinture, où lurent ense-

1. \ oir Martha, ouvr. cité, p. 348-354. Vllmann, 1 rehiteelur and Ornamenl.il : (1er uni. Sarkophûye, p. 35. Deonna, ouvr. cité, p. i85-i86. Cf. R. von Lichtenberg, Dns Par lrd'1 an Grabdenkmtilen, p. 5a et suivantes.

velies des dames de Clusium, celui de Larthia Seianti à Florence1 (fig. 223), et celui de Seianti Thanunia au British Muséum 2. Les statues qui les décorent, presque identiques pour le type, s’éclairent d’un reflet du style grec, et font songer, pour la polychromie qui souligne le modelé, aux œuvres des coroplastes tanagréens. Ces femmes à demi couchées dans une attitude nonchalante, parées de diadèmes et de bijoux, tout occupées, le miroir en main, à ajuster les plis île leur voile, représentent, dans 1 art étrusque du ue siècle, les produits les plus achevés de la statuaire funéraire.

Il serait injuste de ne pas relever, à l’honneur des modeleurs étrusques, un caractère de st\ le qui rachète souvent la banalité de l’exécution, à savoir la recherche de la physionomie individuelle. A côté d’effigies impersonnelles, on en rencontre qui sont de vrais portraits. Le couple d’époux âgés, au visage ridé, qui décore une urne du Musée de Volterrra, est une œuvre où le réalisme revendique tous ses droits3 4 5. Même souci de la vérité dans une statuecouvercle de Florence ’ (fig. 22/1)- Ce bourgeois de Clusium, aux formes lourdes et chargées d embonpoint, au visage placide, au front chauve, ne nous olfre-t-il pas un parlait échantillon de cette race dont les Romains raillaient la mollesse, et que Catulle caractérise d’un mot : « l Étrusque obèse » (■ obesus Et r usais) h ? A vrai dire, les Etrusques ont été les précurseurs des Romains dans l’art du portrait .

Quand le rite de 1 inhumation reprend faveur a Rome, au temps de l’Empire, le sarcophage devient d’usage courant. Nous n’avons à considérer que les sarcophages du tvpe purement romain, où n’apparaît pas le caractère architectural propre à ceux de la Grèce, et qui comportent une cuve sculptée en relief sur les quatre laces. Une décoration statuaire ne s’y adapte pas nécessairement. Mais on rencontre assez fréquemment, au 11e et au 111e siècle de notre ère, des couvercles-statues imitées de I Etrurie. Le couvercle a la forme d’un ht, supportant l’effigie des délunts.

Toute une série de ces statues représente des couples d’époux, et il est aisé de constater la filiation qui les rattache à leurs prototypes étrusques. G est tou-

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