Salle D, vitrines A. B, C
3. On en trouve déjà le prototype dans un sarcophage de Bomar/o. Marlha, ouvr. cite, p. ip-, fig. i54- Olmann, Arehit. and ornam. der ont. Sarkophagr, p. 19-20.
4. Alilani, Rcndiconti deW 1 rend, 'tri Lincei. i8g3, p. ■ > et suivantes. Vu musée de Florence, salle de Tar-
quinies.
attiques. C'est comme une mauvaise épreuve d’un type hellénique, très voisin de celui que reproduit l'effigie de la dame de Carthage. Et c’est encore à Carthage, avec le sarcophage du Bab, que nous retrouvons l’association de la statue tombale et du couvercle en forme de toit.
Fig. 235. — Sarcophage étrusque en pierre, provenant de Corneto (Florence, Musée archéologique).
Ailleurs, le couvercle prend l’aspect d une simple dalle. La saillie du fronton subsiste et sert d escabeau pour les pieds du gisant. Comme à Carthage, la figure éveille I idée d’une statue couchée. Si elle était dressée, le mort apparaîtrait avec toutes les apparences d’une effigie vivante, munie des attributs qui caractérisent sa condition. Un sarcophage du Musée Grégorien, au Vatican, nous montre ainsi un personnage vêtu d un manteau, le volume ri à la mam1. Allongé sur la dalle plate que termine un fronton à chaque extrémité,
i. Sarcophage en nenfro de Toscanella. Sur la cuve est représentée en relief la mort des Niobides. llelbig,
Fiilircr, 112, n° 1170. Altmann, ouvr. cité, p. 33, fig. 9. Type analogue au même musée, salle 111, n° 43. Cf. un sarcophage de Corneto : Martha, L’art étrusque, p. 345, fig. 338. Sur le couvercle est couchée l’image d’un prêtre de Bacchus, tenant un canthare et un thyrse, et accompagné d’une biche.
LES FIGURES COUCHÉES 37i
une jambe légèrement fléchie, il rappelle exactement, sauf les différences de style, les gisants de la nécropole de Sainte-Monique1.
11 suit de la qu au iv‘ siècle, dans certaines régions tout au moins, les Etrusques adoptent pour les statues de leurs sarcophages des Opes hellénisés,
Pliot. Alinari.
Fig. 2.36. — Sarcophage étrusque (Musée de Corneto-Tarquinies).
semblables à ceux que nous avons rencontrés à Carthage dans la même période de temps. Certaines particularités établissent une concordance assez étroite: les statues sont tantôt couchées sur un couvercle à double pente, tantôt (‘tendues sur une simple dalle. Vssurément ce u est pas au compte des Etrusques qu’on mettra l’invention ; ils n oui tait qu adapter à leurs usages des modèles
i. M. Gauckler a signalé' un sarcophage du musée de Corneto, dit del Sacerdole, offrant de grandes analogies avec ceux de Carthage (Bull, de la Soc. des Xnliquaires de France. 1909, p. 29.3. La figure rappelle elle du Bah . Les peintures du sarcophage ont été- étudiées par Koerte, Bull, dell Inst, di corresp. arch., 1 JS— 8, p. 100 et suivantes.
dont leurs statues sont de fort médiocres imitations. Mais d’où venaient ces modèles? Puisque les analogies que nous avons relevées entre les sarcophages étrusques et ceux de Carthage ne peuvent être fortuites, il est permis de songer, pour ces types de gisants, à une origine commune. C’est sans doute parla Sicile qu ils ont pénétré dans les régions côtières de I Etrurie méridionale. Ainsi se complète 1 histoire de ce type du gisant dont nous avons plus haut indiqué la formation. D'abord emprunté à l’Egypte par les Phéniciens, il s hellénise progressivement sous le ciseau des sculpteurs siciliens qui travaillent pour Carthage, et nous le voyons enfin faire une courte apparition dans les ateliers étrusques, toujours prêts à s’inspirer des créations helléniques.
E idée de traiter la heure du «lisant comme le serait une statue funéraire
grecque ne parait pas avoir fait une longue fortune en Etrurie. En réalité, la vieille conception du sarcophage assimilé à un ht de sommeil n’est point abandonnée. Elle persiste au ni’ siècle dans toute une série de statues-couvercles, où le défunt, allongé sur sa couche, semble dormir , un bras ramené sous la tête1. Parfois une couverture dissimule le corps 2. Les yeux restent d ailleurs ouverts. Ces « dormants » sont éveillés, \ussi le souvenir du banquet peut-il aisément trouver place dans ces effigies, par l addition îles accessoires accoutumés. Un sarcophage du Musée municipal de Corneto nous offre un exemple caractéristique ( f ig . 2 36). Le mort est étendu sur le couvercle à frontons, flanqué de sphinx et de lions en guise d’acrotères. Il a bien l’attitude du dormeur; mais la main gauche lient une patère, comme s’il prenait part à un banquet.
Ce tyl le du « dormant)), l’art romain de I époque impériale l’emprunte à 1 Etrurie, comme il lui avait pris celui des figures demi-couchées. Parmi les statues-couvercles des sarcophages romains, il est aisé de constituer un groupe d effigies qui dérivent en droite ligne des « dormants » étrusques ; malgré leur médiocre valeur d’art, elles sont certainement fort supérieures aux oeuvres des modeleurs toscans. Par une sorte de réminiscence lointaine des stèles grecques, les sculpteurs romains leur associent volontiers des figures accessoires qui rappellent les goûts du défunt, ou, s il s agit d enlants, leurs amusements. Lhie statue du Latran montre un garçonnet étendu sur le ht lunèbre, une couronne
i . M. Dconna en cite plusieurs exemples. Les statues de terre cuite, Sicile, Grande-Grèce , p. i85.