‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 210 sur 212 · Pliol. Alinari, n° 2Ôo · texte numérisé non relu

Pliol. Alinari, n° 2Ôo

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à la main, un bras replié soulenant la tète. A ses pieds, les vestiges d un groupe mutilé permettent de restituer un Eros jouant avec un petit cluen1 2 3 (lig. ad'j). L idée du sommeil éternel est clairement exprimée dans une statue du Musée Capitolin, qui surmonte un sarcoj (liage du ni' siècle, orné de reliefs représentant Prométhée et la naissance de I homme - (fig. 238). Le mort, un enfant

Phot. Moscioni.

Fig. 237. — Statue funéraire d’un jeune garçon, provenant, d un sarcophage (Rome, Musée du La Iran).

de six à huit ans. est figuré dans la même altitude ; il tient des tètes de jiavols. 1 attribut bien connu que nous avons vu aux mains des E. ’os endormis . Vu chevet

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l ne des meilleures statues funéraires (pic nous ail laissées I art romain se trouve au Vatican (lig. adp). C’est celle d une jeune lemme qui vivait au temps

1. Benndorf et Schoeno, Dicant. liilrlw. ih's Latmin . Mus.. n"5oi.

2. Ilelbig, Fiïhrer. I-, n° ■ Clarac Reinacli, pl. 762 A, 187 3 C.

3. Musée du Vatican, l eslibolo Quadralo . Vmclung. Srulpl. des Vatican. Mus.. II. i.pl. 1.

de Marc-Aurèle, si 1 on en juge par sa coiffure aux frisures ondulées sur le Iront. Elle repose sur une kliné, comme prête à s’endormir, la main gauche tenant une pomme. Assis familièrement sur 1 oreiller, un Eros lui présente une guirlande de fleurs ; un autre sommeille à ses pieds. Assurément il n’y a

Phot. Alinari.

Fig. 238. — Sarcophage et statue funéraire d’un enfant (Rome, Musée du Capitole).

pas k chercher la main d un maître dans cette œuvre, qui est simplement celle d’un habile marbrier. Pourtant la tête retient l’attention par le caractère très personnel quelle doit k U expression sévère du visage, et au regard presque farouche des yeux grands ouverts 1 .

On est en droit de se demander si Part romain n’a pas utilisé, pour traduire l’idée du sommeil dans les statues de sarcophages, les conceptions grecques

i. On peut, rapprocher de cette statue, pour le réalisme du type, celle de la Galerie des statues, au Vatican, qu’une inscription désigne comme étant l’effigie d’une affranchie, Faenia. Amelung, ouvr. cité, II, n° 4o3, pl. 58.

LES FIGURES COUCHÉES

qui en offrent une très heureuse expression. Sous les successeurs d Alexandre, la sculpture hellénistique a créé tout un monde de figures endormies, les unes réalistes, comme les Faunes et les Satyres, les autres élégantes et gracieuses, comme celles d Anadne, d Adonis, d’Endymion, des Nymphes appuyées sur

1 urne d où s écoule I eau <1 une source, sujets mythologiques ou sujets de genre, convenant à merveille pour la décoration des parcs et des jardins'. \ la même lanulle appartiennent ces Fros endormis que nous avons mis s introduire dans le symbolisme funéraire à I époque impériale. Il semble que si les sculpteurs romains avaient voulu transformer les « dormants » en figures allégoriques, d leur aurait suffi de puiser dans ce riche répertoire. \ îmagme-l-on pas aisément, transposées pour ainsi dire en statues tombales, les statues du lin lis b Muséum et de Stockholm montrant Endvmion couché sur le rocher de la grotte du I jatmos , dans la jiose abandonnée du dormeur’:' Et j*our rejirésenter la morte endormie,

1 . Cultrera, Sn</'/( still' acte ellenislica e <jrrco romana, I. p. i ■ > 7 et suivantes.

2. Statue du British Muséum, Calai, oj Sculpture, 11" 1 •)(')". Mus. Murbles. XI, pl. \ > ; de StockViolrn, Arndt- Bruckmann, Denkmaeler, n° 5 10, avec texte.

les sculpteurs romains pouvaient-ils trouver un plus beau modèle que l’original grec dont l’Ariadne du Vatican nous a conservé une excellente copie1? On aimerait à penser que celte figure, où l’art grec de l’époque hellénistique a réalisé avec une curieuse recherche d attitude et une remarquable étude de la draperie l image d une femme dormant, a été copiée pour décorer quelque tombeau romain; rien ne serait plus conforme aux habitudes du temps que cette adaptation à un usage funéraire d’un sujet mythologique2. Il faut bien le reconnaître: si séduisante que soit l’hypothèse, nous n avons aucun moyen de

Phot. Alinari.

Fig. a4o. — Statue de Nymphe endormie. Décor d’une fontaine (Rome, Musée du \ atican. Belvédère).

la vérifier. Assurément ces types ne sont pas ignorés des sculpteurs romains, qui s’en inspirent dans les scènes mythologiques dont ils décorent les cuves des sarcophages Celui de l’Endymion de Stockholm est reproduit dans plusieurs de ces bas-reliefs, aussi bien que celui d Ariadne, parfois transformé en portrait3 4. Mais si ces figures ont passé dans les reliefs des sarcophages, où elles ,rardent leur caractère mythologique à raison des scènes auxquelles elles sont associées, on n en saurait conclure qu elles oui été traitées comme des statues tombales1. On ne pourrait l’affirmer que si des faits précis nous y autorisaient, et jusqu ici nous n en connaissons point.

Pourtant ces modèles ont pu tout au moins suggérer aux marbriers romains certaines attitudes, certaines particularités d’exécution. Parmi ces figures

i. Xmohing, Sculpt. des Vatican. Mus.. Il, p. 036, n° 4 1 4 , pl. 5y.

■±. La conjecture a été émise par Kuhnert, Jaltrb. jiir class. Phil.. XIV1' Suppl., i885, p. 3iq.

.3. G. Robert, Sarkophaij- Reliefs, lit *, p. 53 cl suiv. Stark, Leipzhjer Berichte. ;86o, p. 25 et suivantes.

4. Cf. NVolters, Gipsabyiissc, p. 1 1 2 çy . Amelung, Sculpt. des V atican. Mus.. II, p. hja.

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de iemmes au repos (àva-auousvai) créées par I nrl hellénistique, d esl une que la sculpture romaine a Iréquemment reproduile, celle de la ]\\mplie demi-nue, accoudée sur une urne d où s épanche l’eau d une source. File trouvait Iréquemment sa place dans les jardins des Aillas pour la décoration des fontaines1. Les

Phot. Alinari.

Fig. 24 1. — - Statue funéraire d’une dame romaine (Rome, Musée du N atican. Belvédère).

Musées de Rome en possèdent de nombreux exemplaires, donl I un esl conservé dans le Cortile du Belvédère au \ atican 2 3 (lity. a/|o). La Nymphe repose dans I attitude du sommeil, les jambes croisées. le torse nu. le bas du corps recouvert par létoffe du manteau. Sans quitter le Belvédère, on |>eut voir, non loin de cette statue, l’ellfoie funéraire d une dame romaine dont I auteur s est certainement inspiré d’un Ivpe analogue 2 (fi”', s'i 1 ). La niuhlédu lorse. la jiose des jambes, la forme de la draperie, éveillent immédiatement le souvenir de ces

1. Dilthey, Rhein. Muséum, \\\ . 1870, p. Ü3 et suiv. I.es répliques de ce type sont signalées par Renndorf et Schoene, Die ont. Bildwerke îles l.ntci'on. Muséums, p. 1)7 cl suivantes.

2. Amelung, Sculpt. des \ atican. Mus.. If. p. 82. n" >0, pl.

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