‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 22 sur 212 · Cf. Sam Wide, Alhen. Mittheil. . XXVI, 1901, p. 25o · texte numérisé non relu

Cf. Sam Wide, Alhen. Mittheil. . XXVI, 1901, p. 25o

6. Les mêmes formes se retrouvent d’ailleurs dans des terres cuites de Chypre, Hcuzcy, Figurines ant. du Louvre, pl. g, nQS 2 et 3.

7. Cf. Iliade. XXIV, 721 et suiv. Sur le rituel funéraire à l’époque homérique, voir Helbig, Zn den linmerischen Bestallungsgcbrüuchen, Sitzungsb. der bayer. Akad., igoo, p. igg et suivantes.

24 LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE

pour la période qui s’étend du ixe au vif siècle, les grands vases du Dipylon nous mettent sous les yeux tout le cérémonial funéraire des Attiques, et que la lamentation des femmes y tient une large place'. Nous ne reviendrons pas sur des questions souvent traitées, et nous n’avons pas à décrire ici le type bien connu des pleureuses, représentées nues, les bras ramenés au-dessus de la tête par un geste mécanique et uniforme, et alignées en file auprès du lit servant à l’exposition du corps (jzp oblrnç) ou derrière le char funèbre. Nous ne rouvrirons pas non plus le débat auquel a donné lieu la nudité des pleureuses. Pour M. Helbig, elle pourrait avoir été suggérée aux peintres attiques par l imitation de motifs étrangers, tels que les figurines nues, désignées sous le nom d’Astarté, découvertes dans les tombes mycéniennes2. Pour M. Kroker, on retrouverait là l’influence des modèles égyptiens où les contours du corps féminin se dessinent sous la transparence des étoffes '. Ces théories ont été combattues, et I on est aujourd’hui d’accord pour reconnaître dans cette prétendue nudité une pure convention de style4.

Je dois cependant signaler des monuments qui , au premier abord, sembleraient apporter des arguments en faveur de 1 hypothèse de M. Helbig. Le Louvre possède une série de figures en pierre calcaire provenant de Chypre, et dont l’une est simplement ébauchée. Ce sont des femmes nues, aux larges hanches, tenant les mains posées à plat sur la tête, dans l’attitude des pleureuses du Dipylon. Le corps est coupé à la hauteur des genoux par une section nette, comme si les figurines étaient destinées à être posées sur le sol. Faut-il voir ici le prototype de ces pleureuses nues dont se seraient inspirés les peintres du Dipylon? Nous ne le pensons pas. Tout d’abord, la date des figurines de Chypre paraît être relativement basse, et, en outre, cette conception s’explique par une évolution de style qui semble avoir été localisée dans la plastique chypriote. Il est facile de reconnaître le motif d où dérivent les pleureuses de Chypre ; c’est celui de la déesse nue appuyant les deux mains sur ses seins pour les presser et qui a été souvent qualifiée du nom d Aphrodite orientale " (fig. 8).

1. Voir Hirschfeld, Annali dell’ Inst., 1872. Kroker, Die Dipylonmsen, Arch. Jahrb., I, 1886, p. 125. Poulsen, Die Dipylongraber , p. !\rj.

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