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EN GRÈCE

Les statues n’ont jamais été, en Grèce, d’usage courant pour la décoration des tombeaux. A toutes les époques, c’est la stèle qui est restée la forme la plus habituelle du monument funéraire. Tout porte à croire qu elle a ses origines en Grèce et qu elle a été employée dès la plus haute antiquité par les populations établies dans le pays. A Mycènes, les stèles de la nécropole royale font déjà pressentir, au moins pour I esprit qui dicte le choix des sujets sculptés dans le champ de la dalle, celles de l’époque classique. Le sculpteur y représente le dynaste défunt chassant ou combattant, c'est-à-dire se livrant aux actes qui ont été I occupation de sa vie1. Il est d ailleurs très vraisemblable qu’avant le temps où pénètre en Grèce la civilisation dite mycénienne, la stèle est déjà connue. Les populations indigènes qui occupent le sol de 1 Iïellade l’ont sans

i. Tsounlas et Manatt, The Myccnacan oge, p. gi et suivantes.

a LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE

doute adoptée de longue date pour marquer l’emplacement des sépultures*. Elle reparaît en effet, sous sa forme primitive et très rudimentaire, avec le recul de civilisation qui suit les invasions donennes. Dans l’épopée homérique, il n’est question que d’une simple pierre (œtyjAy)), qui, avec le tertre (Téaêoç), est le signe de la commémoration due aux morts1 2. Les anciennes nécropoles grecques postérieures à l’époque achéenne nous ont fait connaître des types de stèles très grossières, dépourvues d’ornements, et qui ne sont que des dalles de pierre à peine façonnées, plantées dans le sol près de la sépulture. C’est sous cette forme que la stèle se montre dans la vieille nécropole attique du Dipylon, à côté du grand vase de terre cuite qui est proprement le monument funéraire3. Dans les tombes archaïques des Cyclades, notamment dans celles de Théra, les stèles sont des blocs de pierre ou de tuf mal dégrossis, portant seulement une inscription qui rappelle le nom du mort, et parfois celui du parent dont la piété a dressé sur le tombeau ce monument de souvenir4 5. C’est cette dalle presque informe qui, avec les progrès de 1 art, deviendra la stèle de l’époque classique, l’élégant monument couronné d’une palmette ou entouré de moulures architecturales, dans le champ duquel le sculpteur représentera en bas-relief l’image du mort ou la réunion de famille.

Nous pouvons donc suivre, dès ses origines les plus lointaines, 1 histoire de ce type de monument funéraire, qui est né en Grèce, et n a jamais cessé d’y être en faveur. En est-il de même pour les statues? L’usage de placer sur le tombeau, dans certains cas, une sculpture en ronde bosse, représentant soit l’image plus ou moins conventionnelle du défunt, soit une figure décorative ou allégorique, est-il aussi d’origine grecque, ou s’ est -il introduit eu Grèce, comme une sorte de mode étrangère, sous l’action d’influences extérieures? Et l’exemple est-il venu de 1 Egypte, comme on a pu le penser ’? Telle est la question que nous devons examiner tout d’abord.

1. Cf. Dragendorff, dans l’ouvrage publié par M. 1 1 i lier von Gaertringen, Thera, II, Theraeische Graeber, p. ni et suivantes.

2. Ainsi dans Y Iliade, XVI, 457- Tûp.S(;j te c;Trp,rj te- to y àp ys’oa; sari OavovTcov. Cf. Erwin Rohde, Psyché, Seelencull und Unsterblichkeitsglaube der Griechen, 3e édition, I, p. a4- Perrot, Hist. de l'Art , VII, p. 46.

3. Briickner et Pernice, Atlien. Mittheil., XVII, i8g3, p. 1 53 .

4. Cf. Dragendorff, Thera, II, p. io4 et suivantes. Iriser, (jræc. insularum, III, p. 772, 783 et suivantes. Cf. les stèles d’Amorgos ( Athen . Mittheil., XI, 1886, p. 99) et celles de Néandria (Koldewey, Neandria, pl. 17, fig. 3o. Perrot, Hist. de l’Art, VII, p. 55, lig. 3).

5. C’est l’idée qu’indique ICuhnert, Statue und Ort, Neue Jahrbiicher für class. Philologie , XIVe Supplément, i885, p. 3i2, note 6.

L’ORIGINE DES STATUES FUNERAIRES

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