II. — LES STA I I ES 1)1 n LE \ IRIL
L examen des bases provenaul de monuments funéraires nous a appris que les traces laissées par la statue suggéraient I idée d un personnage debout , portant le jiied gauche en avant. Grâce aux monuments conservés, il est aisé d’en
1. \\ i 1 helm , Wiener Jahreshejte, FI, i8qq, p. 2.F0, fig. i.3o et j>. 228, fig. 128. On sait qu’tlipparque avait Fait ériger beaucoup d'hermès sur lesquels étaient gravées des sentences. Pseudo Platon, Uipparehos, p. 228.
2. Athen. Mittheil.. IF. 18", p. 2q8, n" 2 (I)resse] et Milchhoefer). Cf. \l lien. Mittheil., VII, 1882, p. i~o (Furtwaengler). Tod et Wace, Calai, of Sparta Muséum. n° 320.
3. Beschreibung der anl. Slculpturcn. n° 883. L. Curtius, ouvr. cité', p. 18, fig. 1 2-1 4 -
4. M. Deonna pense que le pilier de Sardes nous montre une des étapes de révolution grâce à laquelle le du tombeau, d’abord amorphe, « s’anthropomorphise » petit à petit, devient hermès, puis statue adossée au
pilier, puis statue indépendante et dégagée du support. \\ . Deonna, Les « 1 pollons archaïques, », Eturle sur le type masculin de la statuaire grecque au VI' sieele avant notre ere, Genève, iqog, p. 18.
restituer le type. C’est celui de l’homme nu, debout, les bras tombant le long du corps, les mains fermées, la jambe gauche avancée. Il est à peine besoin de rappeler avec (juelle persistance l’art grec archaïque l a reproduit, depuis la bu du vnc siècle jusqu’aux premières années du v*. Il en a fait une véritable formule d’arl, qu’il s’est acharné a retoucher, à perfectionner par un patient labeur, pour réaliser son idéal de la beauté virile. On a renoncé avec raison à reconnaître dans les statues de ce genre des images d’Apollon. Ace nom trop précis, il convenait d’en substituer un autre qui répondît mieux au caractère impersonnel de ces effigies, et celui de kouros, « le jeune homme », a été généralement accepté. Ce que représentent en effet les statues en question, c est bien le type de l’homme dans toute la vigueur de la jeunesse, tel que le conçoit l’estbéticjue naïvement ambitieuse des vieux imagiers grecs : un corps nerveux et musclé, assoupli par la gymnastique, s offrant aux regards dans toute sa nudité. Mais si l’art ne sait pas encore s affranchir de la gaucherie contrainte d’une attitude conventionnelle, il n en crée pas moins un type purement grec, très général, el qui doit à son caractère indéterminé de pouvoir se prêter aux attributions les plus diverses. Une statue de kouros sera en effet, au gré du donateur, une statue d’Apollon dans un temple du dieu, un dédicant dans le sanctuaire de toute autre divinité, I image d’un athlète vainqueur à Delphes ou à Olympie, ou encore l’effigie du mort dressée sur son tombeau.
L’étude des kouroi archaïques soulève les questions les plus variées : l’origine du type, l’histoire de sa diffusion, l’examen des particularités de technique et de style, le groupement des monuments suivant les écoles dont ils relèvent. Nous n’avons j »as à les aborder ici. Aussi bien elles ont été traitées avec toute l’ampleur désirable par M. Deonna, dans son livre sur « Les Apollous archaïques1 ». Il nous suffira de rappeler quelques faits essentiels. Le type du kouros est, comme on l’a dit justement, « la première création et la plus spontanée de toute statuaire, même la plus humble ; la nudité, qui le caractérise entre toutes les productions similaires des arts de l’antiquité, est une conséquence des mœurs grecques , et par suite, un trait général de l’art grec2 ». Mais c est en Ionie qu il a été élaboré. Il a dû à l’action des modèles égyptiens quelques-uns des traits qm ont marqué des progrès décisifs. V n en pas douter, les ateliers ioniens de la
i . W. Deonna, Les « Apollons archaïques ». On trouvera clans cet ouvrage toute la bibliographie des travaux antérieurs. Voir aussi W. Lermann, AUgriechischc Plastik, p. 23-43.