‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 52 sur 212 · oir le commentaire de M. Foucart, ouvr. cité · texte numérisé non relu

oir le commentaire de M. Foucart, ouvr. cité

3. Furtwaengler, Allien. Mittheil., XII, 1882, p. ifm, et Collccl. Sabouroff. Introduction, p. 53.

4. Arch. Zeilung . 1881, pi. 17,3. Allien. Mittheil. . IV, 187g, p. i3i,etVIL 1882, p. 170. Tod et XX ace, Catal. of Sparta Muséum, p. igD, n° lio. fig. Gg.

5. Cf. le bas-relief de la collection Xlax Rlinger, à Leipzig. Loewv, \reh. epigr. Mittheil.. nus Oesterreich , XI, p. i54, pl. X , 1 , et Arndt, dans les Denkmaeler nriech. und roern. Seulptur, notice de la pi. 5i(i. Xroir aussi le bas-relief de Ince Blundell Hall, Xlichaelis, Arch. Zeituni j, 1874, pl. •) et Ancien I rnarbles in (irrut Britain. p. 385, n° 20g.

f>. Dressel et Xlilchhoefer, [llien. Mittheil., IL 1877, p. 3o3 et. suiv., pl. \\. XXIX . Furtwaengler, Coll. Sabouroff, pl. I, et Allien. Mittheil. . XII, 1882, p. ifio. Cf. notre llisl. rie lu seulpl. grecque. L p. 2.32-2.34. Perrot, Hisl. de l’Art, XIII, p. 433, fig. 21D. 1 od et W ace. Catalogue oj lhe Sparta Muséum, p. 102-112.

T2 LES TYPES DE L’ART ARCHAÏQUE

ne sont pas des stèles funéraires, mais des ex-voto consacrés aux défunts, représentés trônant, comme des êtres d’une nature supérieure, comme des

Fig, 3fi. — Statue de femme assise provenant d’Arcadie. H. om,98. Vue de face (Musée national d’Athènes).

oatuovcç qui peuvent exercer une action bienfaisante ou néfaste sur les destinées des survivants. Il n’est pas téméraire d admettre que, dans certains cas, la statue du mort prend les traits d’une divinité du monde souterrain.

Il nous reste a rechercher si la sculpture funéraire n a pas utilisé un autre type, celui de la corc, c’est-à-dire celui de la femme deboul, vêtue du costume

LA FIGURE HUMAINE

ionien, si connu par les statues de l’Acropole d’Athènes1. O11 l a remarqué avec raison : ces statues sont « des représentations anonymes el impersonnelles de

Fig. 4o. — Statue de femme assise provenant d'Vrcadie. Il onl,gS. \ ne de (rois quarts (Musée national d’Athènes).

type féminin, qui convenaient aussi bien pour être dressées à I entour du temple d une déesse, que sur le tertre d un tombeau de teinme" ». En lait, nous

1. Voir l’ouvrage de M. Léchât.. Au Musée de l’Acropole d’ Athènes. p. i.Vj el. suivantes. Léchât,. La sculpture attique, p. 216.

savons déjà, par un témoignage certain, qu il y avait en Attiquedes corés funéraires. La base de la nécropole de Vourva, que nous avons reproduite plus haut1, supportait une statue de femme debout, signée du sculpteur Phaidimos, et dont les pieds adhèrent encore à la plinthe. C’est une statue du même type, semble-t-il, qui a été découverte à Rhamnonte, avec deux autres du type viril2. D’après la description qui nous en a été conservée, elle tenait une Heur d’une main, et de l’autre relevait les plis de son chiton . L’inscription métrique gravée sur la base retrouvée près de la statue est malheureusement peu lisible. Mais, après la découverte de Vourva, l’identification de la coré de Rhamnonte avec une statue funéraire devient très plausible. Peut-être aussi faut-il interpréter de la même manière la figure que montre, debout dans un édicule, la peinture de vase dont nous avons déjà parlé3. Si le type des corés funéraires ne nous est encore connu qu’imparfaitement, il est permis d affirmer qu’il existait. Le hasard d’une fouille peut d’un jour à l’autre nous livrer un document beaucoup plus significatif que les minces débris de la statue de Vourva.

Les monuments que nous avons réunis témoignent que les statues funéraires n’étaient pas rares dans la Grèce archaïque. Toutefois la stèle sculptée ou peinte reste le mode le plus usuel de commémoration. Or, en comparant les stèles aux statues on constate une différence essentielle. Si l’on excepte le type du cavalier, seules, les stèles accusent la préoccupation de rappeler la condition du défunt par une sorte de caractéristique généralisée, par des formules qui sont courantes dans les ateliers 4. Le sujet du personnage jouant avec son chien, qui convient à la stèle cl’un bourgeois aisé ou d’un propriétaire campagnard, nous est connu par quatre monuments. En Attique, le type de 1 hoplite armé, dont la stèle d’Aristion est l’exemple classique, se trouve répété trois fois. Les sculpteurs ont donc créé un certain nombre de types impersonnels, celui du soldat, celui du citoyen dans la vie civile, qui sont représentatifs des occupations ou du rang social des défunts.

Pourquoi les statues funéraires restent-elles dénuées de ces indications? Nous en avons à plusieurs reprises indiqué la raison. C’est que ces types de

r. Voir page 35, fig. i4.

2. Lolling, Athen. Miltheil., IV, 1879, p. 281-282. Cf. Furtwaengler, Collecl. Sabourojj', Introd., p. 53.

3. Gerhard, Auserles. Vasenbilder, IV, pl. 2 4i. Cf. page 43, fig. 19.

4. Voir les justes remarques de Brückner, Arch. Jahrb., XVII, 1902, p. 89 et suivantes. Lebensweisheit auj griech. Grabsteinen.

L A FIGURE HUMAINE

l’homme debout, de la femme assise, gardent un caractère très général, tout à fait indéterminé, et n’ont point été créés pour une destination funéraire. Les sculpteurs qui exécutaient ces statues comme des œuvres industrielles, n’avaient sans doute pas le souci de les adapter à un usage qu’ils pouvaient ignorer eux-mêmes ; c’était la volonté des donateurs qui faisait, pour ainsi dire, leur état civil. Nous sommes encore loin du temps où un art plus libre cherchera, pour les effigies de défunts, des attitudes et une expression qui leur soient propres. On peut dire qu’au vic siècle, s’il v a déjà des statues de tombeaux, il n’y a pas encore, à proprement parler, de statuaire funéraire.

Le fait de consacrer au mort une statue, plutôt qu’une stèle, répond-il, dans l’esprit des survivants, à une préoccupation particulière? Ce genre de commémoration constitue-t-il à leurs yeux un hommage déplus haute valeur? Traduit-il mieux 1 idée que le mort est héroïsé, et élevé à une condition supérieure, puisque son image ne diffère pas de celles qu’on peut dédier dans un sanctuaire? Il est probable que ce motif a souvent guidé le choix des parents ou des amis. Mais on peut aussi adopter une explication plus simple, et admettre que ce choix est inspiré par le désir d’orner la tombe avec plus de luxe, d’élever un monument plus coûteux. Les inscriptions funéraires archaïques trahissent parfois très naïvement le souci de consacrer par une belle image le souvenir du mort. « En voyant cette tombe, songe avec tristesse combien était l>eau celui qui est mort '. » N’est-ce pas une statue qui le montrera le mieux dans toute sa force et sa vigueur, s il s ami d’un homme, dans toute sa beauté, s il s’agit d’une femme? L inscription de la base de Vourva le dit en propres termes. Le père qui a commandé au sculpteur Phaidimos, pour le tombeau de sa fille, une statue de corc, l’a placée sur le tertre funéraire parce qu’cllc était (( belle à voir » '.

1. Mv7)ji àaopwv oïxTip' <>>; z.zlô; üv "sSave. Corpus inscr. atlic., IV, 477 c.

2. KocteO rjy.îv /.a).ov ÎSeiv. ’Ap/. A ï).-iôv, 1890, [>. 101-108.

Page 1