‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 68 sur 212 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES FORMES DES TOMBEAUX

La sculpture funéraire participe au progrès général qui se inaniieste vers 4 5 o dans 1 art attique ; durant un siècle et demi environ, elle s’épanouit dans une brillante floraison. Nous en pouvons juger par les stèles qui restent . comme à l’époque archaïque, le type courant du monument funéraire. On sait quelle riche série nous en possédons. Les exemplaires réunis au Musée national d Xtliènes constituent les documents les plus précieux pour 1 élude de celle sculpture industrielle qui touche de si près à I art des maîtres, qui en reçoit des enseignements, et doit à ce contact direct sa dignité et sa noblesse. 11 s en faut que la statuaire funéraire, toujours un peu excejitionnelle, se révèle à nous aussi clairement . Les monuments trouvés en jilace sont assez rares ; beaucoup, sans doute, sont disséminés dans les musées, et, faute d un état civil en règle, ne peuvent être identifiés avec certitude. Il esl nécessaire de démontrer d abord que cette statuaire a continué à se développer à coté des stèles sculptées en relie t . et de rechercher quelle j il ace bu est assignée dans la décoration du tombeau .

On a remarqué justement combien sont peu nombreuses les stèles atliqucs

LES STATUES FUNÉRAIRES DU Ye ET DU IVe SIÈCLE

conservées pour la période comprise entre les années 48o et/|5o'. Serait-ce cju au lendemain des guerres médiques, la diminution des fortunes privées, le ralentissement de l’activité dans les ateliers de marbriers aient leur contre-coup dans la sculpture funéraire? L’hypothèse est fort vraisemblable. C’est seulement après 45 o qu’on voit apparaître les belles stèles dont le décor architectural. encore très simple, ne comporte souvent qu’un fronton et des pilastres peu saillants. Le nombre des figures est limité. Quant au style des bas-reliefs, des oeuvres comme la stèle d’Hégéso témoignent suffisamment de l’action qu’exerce sur les sculpteurs le style de l’école de Phidias. Nous connaissons mal pour cette période la statuaire funéraire. Cependant les lécythes attiques à fond blanc, datant delà seconde moitié du vc siècle, nous aideront plus loin à en entrevoir les types.

C est au iv° siècle que le luxe des sépultures, à Athènes, atteint son apogée. Si nous possédions l’ouvrage composé sur les tombeaux (TTcpi tojv nvy]|i.7.T(ov) par le périégète athénien Diodore 1 2, nous serons renseignés sur les monuments luxueux qui s’alignaient au Céramique extérieur, près de la porte Thi îasienne el du Dipylon, ou le long de la voie sacrée d Eleusis. Les brèves mentions de Pausamas 11e satisfont qu’à demi notre curiosité 3. Mais nous savons que, parmi ces tombeaux, plusieurs attiraient l’attention à raison de leur ampleur et aussi du prix qu’ils avaient coûté. Tel était celui d’un métèque rhodien, construit sur la route d Eleusis 4 5 6 ; tel encore le somptueux cénotaphe élevé par Harpale à sa maîtresse, la courtisane Pythioniké A Ce dernier avait coûté cent talents, et l’architecte, Chanklès, en avait reçu trente pour ses honoraires. Plus modeste, mais exceptionnel encore par la dépense yle deux talents qu’il représentait, était le tombeau élevé par le banquier Phormion à une femme avec laquelle il avait vécu ' .

Pour prendre une idée précise de ces riches sépultures, nous avons heureusement mieux que des texles. Il est à peine besoin de rappeler quel a été le résultat des fouilles entreprises près de la petite chapelle d’Hagia-Triada,

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