‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 69 sur 212 · Pausanias, I · texte numérisé non relu

Pausanias, I

5. Pausanias, I, 37, 4- Athénée, XIII, p. 5g4 ■ Plutarque, Phocion, 22. Cf. Fr. Lenormant, Monographie cle la voie sacrée éleusinienne , p. 445 et suiv. Hitzig et Bluemner, Pausaniae Gracciae descr. , I, p. 353.

6. Demosthène, Contre Stcphanos, I, p. 79. Cf. le tombeau mentionné par Lysias, Contre Diogiton, § 21.

LES FORMES DES TOMBEAUX

sur l’emplacement du Céramique. Commencées de 1860 à 1 863, continuées à plusieurs reprises, et terminées en 1907 par une exploration méthodique, elles ont mis à découvert une partie de la nécropole d Athènes, celle qui avoisinait le ruisseau de I Eridanos, et à laquelle on accédait par la Porte Sacrée, la lliéra Pvlé ‘. Il y a là tout un quartier du cimetière, dont la construction n'a commencé qu au début du iv‘ siècle, au temps où les lamdles athéniennes l'ont aménager à grands frais pour leurs morts des enclos funéraires souvent fort étendus. La voie principale, celle qui conduit de la lliéra Pvlé à la route du Pirée, est bordée de larges terrassses dont le soubassement, appareillé en pierres massives, forme comme la façade de I enceinte. Sur cette terrasse se dressaient, en bordure de la voie, les monuments funéraires, les stèles élancées, couronnées de palmettes d acanthe, les grandes stèles en forme de naïskos, véritables chapelles à cadre architectural, les vases de marbre, lécvthes ou loutrophores , ornés de sculptures en relief, enfin les statues tombales, effigies des défunts, ou figures symboliques placées à chaque extrémité de la terrasse, comme pour garder les sépultures. Quelques-unes de ces terrasses mesurent jusqu à 11 mètres de largeur.

Nous savons à quelles familles appartenaient plusieurs de ces tombeaux. Un des plus anciens, situés à I angle Nord-Est de l’allée principale, était la propriété d une famille du dème de J horikos, celle île Lysamas. ( )n voit encore en place la belle stèle du fils de Lvsanias, le jeune cavalier Dcxiléos. tué à 1 ennemi devant Corinthe, en 3q4- Tel qu’on peut le restituer, le monument funéraire, édifié à un angle de la terrasse, se compose d une enceinte en quart de cercle, formant hérôon, sur le couronnement de laquelle se dresse la stèle du jeune cavalier. Les piliers de l’entrée supportaient des statues de Sirènes. Plus loin, sur un front de 8 mètres, s’étend le mur d’une grande terrasse, bordant 1 enclos funéraire d une famille d Iléraclée du Pont, celle d Vgathon et de Sosikratès. Le Musée national abrite aujourd’hui la belle stèle à naïskos de koralhon, femme d Agathon \ Plus loin encore, c’est I enceinte consacrée à la sépulture d’un clérouque athénien de Samos, Dionvsios. du dème de lv< > 1 1 x tos ; la terrasse était gardée jiar deux lions de marbre, et dominée par un jiiédestal élevé, supportant la statue colossale d’un taureau. \ la suite, un

1. \ oîr le récent, ouvrage de A. Brückner, Der Friedhof am Eridanos, bei lier 11 ni/ in Triada ru Allien . Berlin, 1909.

2. Conze, Alt. Grabreliefs, pl. XCMII, Brückner, p. 7.3, fig. 4L

LES STATUES EUNÉRATRES DU Ve ET DU IV* SIÈCLE

chien couché veillai! sur la tombe d’un archonte, Lysimachidès d Acharnes. Il nous esl donc possible d’évoquer l’image de ces coûteux monuments ( amplitu dînes sepulcrorum) auxquels Cicéron fait allusion1. Nous avons sous les yeux les soubassements des terrasses, socles puissants sur lesquels s’alignent encore çà el là des stèles et des statues, et il nous faut à peine un effort d’imagination pour restituer 1 opulent décorde la nécropole aujourd’hui dévastée.

Vers la fin du ive siècle, le luxe des tombeaux, auquel Platon proposait déjà d’assigner des limites2, a pris de telles proportions qu’une réforme est jugée nécessaire. Parmi les lois somptuaires édictées parDémétrios île Phalère, de 017 à 307, figurait un décret sur les sépultures3. Les seules formes de monuments funéraires autorisées en Attique étaient les suivantes : la colonne de petites dimensions, la va s que montée sur un pied, analogue au bassin (ireoippavTYjpiov) qui servait pour les libations, enfin la table d’offrandes (xpà-n: eCa) sorte de longue base rectangulaire dont I usage était depuis longtemps répandu en Ailiq ne. Le décret de Démétnos porte un coup fatal à la sculpture funéraire attique. Faute de trouver sa place dans des monuments réduits à ces humbles dimensions, elle disparaît à peu près complètement pendant le 111e siècle, pour renaître seulement à I époque gréco-romaine. Nous pouvons donc établir, au moins pour l’ Attique, une limite chronologique nettement indiquée. Suivant la méthode que nous avons adoptée, nous devrons tout d’abord chercher quelles sont, pour cette période du v' el du ive siècle, les formes de tombeaux qui se prêtent à la décoration statuaire, et interroger les monuments qui nous les ont conservées.

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