‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 73 sur 212 · Diogène Laërce, VI · texte numérisé non relu

Diogène Laërce, VI

4- Ilésychius de Milet, Frag. Iiist. grâce., IV, i5i. Cf. Weisshaupl, Grabgedichte, p. 5ÿ.

5. Collignon et Couve, Calai, des Vases peints d'Athènes, n° l4o6.

6. Mus. Gregor., II, pl. LXXXIV, D. Cf. Hartwig, Meistersclialen, pl. LXXXIII, cf. p. 66 A .

Eliot MoSCIOni

LES FORMES DES TOM FEAUX

survivants qui viendraient faire la \isitc à la tombe1. Ce qui parait certain, c’est que les peintres céramistes traitant la légende d’Œdipe sont hantés par le souvenir de ces sphinx funéraires dressés sur une colonne, dont ils pouvaient voir quotidiennement des exemples dans la nécropole du Céramique.

Fig. 5o. — Peinture d’un lécythe funéraire, attique (Bonn, Musée de lT/nivcrsité).

La basée! le pilier. Pour ériger sur le tombeau I image du déluut, rien ne convient mieux que le pilier ou la base à degrés déjà usités au x U siècle. Qu'il s’agisse en effet d une statue votive ou d’une commémoration funéraire, les conditions restent les mêmes, et ce type de s upport est celui qui répond le plus exactement aux exigences de 1 esthétique. Ici encore, les peintures des vases attiques, surtout celles des lécvtbes blancs, nous son! d un grand secours, car elles ont à la lois I avantage d attester l’emploi des statues funéraires dans la seconde moitié du v1 siècle, et I intérêt de nous les montrer en place.

i. Monumenti inedi ti. A III, pl. LA

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LES STATUES FUNÉRAIRES DU V' ET DU IVe SIÈCLE

en nous faisant connaître l’architecture du tombeau. Ces peintures étant peu nombreuses, il y a lieu, croyons-nous, d’en faire le relevé1.

i" Lécythe blanc, Bonn, Musée de l’Université 2 3 (fig, 5o). Sur une haute base à trois degrés se dresse la statuette d’un jeune homme représenté debout.

Fig. 5i. — Peinture d’un lécythe d’Érétrie (Musée national d’Athènes).

le bras droit pendant, la main gauche appuyée sur la hanche. A gauche, une femme apporte une corbeille chargée d offrandes ; de 1 autre côté, un homme, drapé dans l 'himation, se tient debout, appuyé sur un bâton. Le vase appartient à une date voisine du milieu du V’ siècle.

2° Lécylhe blanc. Musée de Berlin, n° 3aç)2 ", Le tombeau est constitué par un tertre surmonté d’une stèle, sur laquelle est placée une statuette de

1. Nous utilisons, sur ce point, un intéressant mémoire de Weisshàupl, Ailische Grabstatuen , Eranos Vindobonensis, p. 48-55.

2. J. Six, Bonne r Studien, p. i54, pl. X. Weisshàupl, p. 5o, n° 4- Fairbanks, Alhenian white Lekythoi, New- York, 1907, VI, 1, n° 1 3, p. 267.

3. A reh. Jahrb.. X, i8y5, Arch. Anzeiger. p. 4 1 , n» 4y. Cl. Curtius, Arch. Juhrb., X, i8q5, p. 90.

LES FORMES DES TOMBEAUX

guerrier avec la lance el le bouclier. Vers le tombeau marche un jeune homme tenant une lance et un casque.

3° Lécvthe blanc cl Erétne, Athènes, Musée national 1 2 (fig. 5i). Le tombeau se compose d’une base rectangulaire posant sur trois degrés, el décorée de bandelettes. La base supporte un groupe de deux ligures, une femme assise

Fig. 02. — Statue do cavalier près d’un tombeau. Fragment d’une loulrophore attique à figures rouges

(Athènes).

sur un cbphros, présentant une grappe de raisin à un jeune garçon assis sur le sol. A gauche, un |eune homme étend la mam vers le tombeau ; à droite, une jeune femme en clnton rouge vil lient des couronnes. On peut cependant se demander s’il s agit bien d un groupe statuaire. Il est possible que le peintre ail figuré au-dessus de la stèle le sujet qui devait la décorer'.

1. Tsountas, ’ lvrrpj. . xpy . 1886, p. 4 2. pi. 4- Collignon et Couve, Gttlaloyite des 1 uses peints du Musée mit. d’Athènes, n° 1680. Weisshiiupl, p. 5o, n° 5. Fairbanks, VI, 1. i4, p- 268.

2. Je signale sous toutes réserves, n’ayant pas vu l’original, un lécvthe blanc attique du Musée de Boston (Fairbanks, V, 5, p. 188, pl. AI). La stèle est décorée d’un fronton avec des volutes aux angles. Chacune des volutes supporte une statue en guise d’acrotèrc : à droite, un jeune athlète appuyé sur un bâton cl tenant un strigile ; à gauche, un athlète appuyé sur un bâton. L exemple de statues de cette nature aux angles du fronton d’une stèle est tout à fait unique. M. Fairbanks v voit « une fantaisie du peintre».

LES STATUES FUNÉRAIRES DU V ET DU IVe SIÈCLE

4° Fragments d’une loutrophore attique à figures rouges, Athènes 1 2 (fig. 52). On voit à droite les degrés de la stèle, peints en blanc. A gauche est une figure de cavalier richement vêtu, et tenait I une lance. Derrière lui se tiennent debout trois jeunes gens qui sont les survivants. Le cheval du cavalier est place sur une base peu élevée, et peint en blanc, comme cette base et le tombeau lui-même. Il ne s’agit donc point d’un personnage vivant, mais de l’effigie du mort figurée comme une véritable statue'. Toutefois, il faut remarquer que le peintre a usé d’une certaine liberté en conservant au corps et au vêtement du cavalier le ton rouge du fond. Cette figure est donc une sorte de compromis entre la représentation d’une statue réelle, et celle de l’image du mort si souvent reproduite près du tombeau, avec des attributs faisant allusion à ses goûts

5° Lécythe blanc3 4 5 6 7. Une large stèle est dressée sur trois degrés. Sur la stèle elle-même est peinte l’image de la statue funéraire, avec sa base ornée d’un miroir et de bandelettes. La statue représente une femme assise sur un diphros et tenant une couronne. Comme dans le vase précédent , c’est une adaptation très libre d’un type de statue funéraire.

fi" Lécythe blanc. Munich, n° î q8 U Femme assise sur une base, devant un tertre.

Lécythe a figures rouges. Paris, Cabinet des Médailles '. Un jeune homme armé est debout devant un sphinx assis sur une base carrée que sujiportent deux degrés. On jieut pensera un sujet funéraire plutôt qu’à une représentation m y t h olo giq u e .

8" Lécythe blanc. Athènes, Musée national ’. Un sphinx, tourné à droite, est assis sur une base à degrés jieu élevée. Dans le champ, un arbuste indique la végétation dont on entourait souvent les tombeaux '.

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