‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 78 sur 212 · LES TOM BEAI \ A EDICULE · texte numérisé non relu

LES TOM BEAI \ A EDICULE

Dans un chapitre précédent, nous avons réuni les témoignages qui attestent I usage, au vie siècle, des tombeaux en forme d édicule ou de temple. Si 1 on tient compte du luxe croissant des sépultures au iv' siècle, il y a des raisons de croire que, loin de disparaître, ce type tend plutôt à se développer. A ne considérer que les stèles a bas-reliefs, on les voit évoluer vers une forme plus ample, plus architecturale, comportant une véritable façade, avec des antes et un fronton. Que. dans certains cas. lorsqu d s agit des riches sépultures auxquelles nous avons lait allusion, le tombeau prenne les proportions d un liérôon. d un temple en réduction, abritant parfois la statue du mort, on peut I admettre sans difficulté. Au surplus, les monuments eux-mêmes nous en fournissent la preu ve.

Le Musée national d Athènes possède un fragment d entablement trouvé a I Est de la Stoa d Hadrien, et comprenant une métope sculptée entre des triglyphes" (fig. 5.>). Sur la métope sont figurées trois femmes drapées dans

1. Walters, Gatahxjuc oj thr Greek and Btruscan 1 uses in thr British Muséum, (N . n" <|.'i, | >1 l\ . IVrey Gantnor. Scnlpt. Tombs, p. 22. fig. 1 r .

2. W'olters, Uhen. 1 lilllieil.. WIN, 189.3, p. i-fi, pl. 1. Cf. llist. de lu sciilpl. ifi'ccfjue, II, p. 3No, li^. i<p)— Hamdy R«*v ot lit. Ruinach, Ln nécropole royale, de Sidon , p. 2/|5, fî gr . 60.

LES STATUES FUNÉRAIRES L)U Ve ET DU IV' SIÈCLE

leur himation, l une debout, les autres assises. Leur attitude, leurs gestes, l’air accablé de celle qui, le buste penché en avant, semble plier sous le fardeau de la douleur, enfin I analogie que présente le sujet avec ceux qui décorent les Irontons du Sarcophage ries Pleureuses, à Constantinople l, tout cela les désigne clairement comme des pleureuses. Il faut reconnaître ici un débris provenant il un tombeau en forme de temple, et I on esl fondé à supposer que I ornementation sculpturale comportait non seulement des métopes, mais un fronton.

Fie. 55. — Pleureuses. Métope sculptée trouvée à Athènes (Musée national d’Athènes).

11 est permis d’attribuer la même destination à un petit fronton de marbre pentélique, appartenant à la collection Homme] . à Zurich ' (lig. 56). Aussi bien que la matière, le style et 1 exécution dénotent le caractère attique de cette œuvre, dont la date se place au début du ive siècle. D’autre part, les faibles dimensions du fronton, om. 86 de largeur, indiquent qu il appartenait à un édifice assez petit, une chapelle funéraire, suivant toute vraisemblance. Le sujet lui-même ne contredit pas cette hypothèse. Suivant I interprétation très plausible qui en a été proposée, on reconnaît Hermès remplissant sa mission de conducteur des âmes, une main doucement posée sur l’épaule de la morte qu il introduit dans le monde infernal. Autour du groupe central, des femmes, assises ou debout dans des attitudes diverses, évoquent le souvenir des groupes

i. Ilamcly Bey et Th. Reinach, La nécropole royale de Sidon, pl. VI-XI.

n. F urtwaengler, Veber ein griecldsch.es Giebelrelief, Abhandl. der bayer. Akad. , 1902, gg-lo5, pl. A et Ae- (jina, J, p. 333, fig. 268. Cf. S. Reinach, Répertoire de reliefs qrecs et romains. I, p. /|2, 5.

LES FORMES DES TOMBEAUX

dont Polygnote avait peuplé sa grande fresque de la Nékyia. Gomme la métope d’Athènes, le fronton de Zurich permet d admettre l’existence de tombeaux en forme de temple, construits soit en bois et en briques, avec les parties hautes en marbre, soit complètement en marbre1, type d’édifice qui dérive directement des tombeaux de bois et île briques du vie siècle. Nous n avons pas la preuve qu il lut destiné à recevoir la statue du défunt. Cependant cette dernière pouvait y trouver place, comme la statue du dieu dans la cella du temple.

Fig. 56. — - Fronton sculpté provenant d’un tombeau. Larg. om,86 (Zurich, collection Ilommel). D’après les Abhandlungen der bayer. Akademie.

Si celle forme de tombeau paraît être restée exceptionnelle en Atlique, dans d’autres pays, elle est beaucoup plus répandue. Nous ne savons à quelle date remontent les prototvpes des tombeaux en forme d hérôon que Pausanias remarquait à Sicyone, et qui se composaient d un soubassement de pierre avec des colonnes soutenant lui fronton2 3, il est possible qu il y ait seulement là une adaptation tardive du type de I hérôon hellénistique dont nous aurons plus loin à nous occuper. Mais les renseignements sont plus abondants pour la Grande-Grèce, et en particulier pour la région de Tarente. Polvbc dit que. de son temps, la partie orientale de cette Aille, avec ses tombeaux, formait une véritable cité des morts1. Les fouilles partielles laites de ce côté

1. C'est sans doute le cas pour celui d’où provient la métope des pleureuses. M. \ Vol tors suppose qu’il pouvait avoir la forme d’un temple à antes, avec trois métopes sur la façade. Alhen. Mitlbcil.. XVIII, i8q3, p. 4.

2 Pausanias, II, 7, 2. Le type de ces monuments est reproduit sur les monnaies de Sicyone. Imhoof-Blumrr et Percy Gardner .Journal of Hellen. Sluilies, "VI, i885, p. 77.

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