Iliade, XXIII
5. Nous renvoyons le lecteur à l’exposé qu’en a fait M. Perrot, Hist. de l’Art, VII, p. 3q et suivantes.
L’ORIGINE DES STATUES FUNÉRAIRES 7
ration, comme la rame placée sur la sépulture cl Elpénor. Mais ce n’est pas là un culte durable, persistant, ramenant des cérémonies périodiques, tel qu’on le retrouve par la suite, tel que nous le font connaître, pour le v1' siècle, les peintures des lécythes blancs attiques.
Quelles sont les causes de ce changement dans les rites funéraires? M. Erwin bolide l’explique par des raisons très plausibles, sinon tout à fait décisives1. Le rite nouveau correspond à une évolution des croyances ; il est dicté par des préoccupations inconnues au temps où le culte des morts établissait comme un lien entre le monde des défunts et celui des vivants. Brûler le corps, c’est l’anéantir ; c’est, du même coup, séparera tout jamais I cidôlon de ce qui fut 1 être humain. Il est désormais banni dans les profondeurs du monde souterrain, privé de sa lorce, incapable d’exercer sur les destinées îles survivants une action malfaisante. Dès lors, ceux-ci sont affranchis de toute terreur, et libérés de cette crainte des mauvais esprits qui inspire, à vrai dire, toutes les pratiques funéraires chez les peuples primitifs. Les rites homériques marquent donc un recul de civilisation, plutôt qu’un progrès dans les idées morales". Ils sont ceux d’un peuple à qui des conditions de vie nouvelles, l’émigration en Asie Mineure, la lutte pour la conquête d’un territoire, ont fait perdre les traditions nécessaires pour le maintien du culte des ancêtres. Ils sont dictés par la crainte des morts, plus que par le souci d honorer leur mémoire. Peutêtre cependant faut-il encore faire la part d autres causes1. !l est possible que l’insécurité de la vie au milieu de populations ennemies ait inspiré aux Grecs d’Asie Mineure le désir de soustraire aux profanations les restes de leurs morts. Et savons-nous d’ailleurs s ils n’ont rien emprunté, au point de vue du rituel funéraire, aux peuplades indigènes avec lesquelles ils se sont trouvés en contact ?
Après la période de troubles qui suit les migrations doriennes, un état plus stable, une vie moins inquiète favorisent le retour aux anciennes croyances. Sans doute, duvnT au vT siècle, le rite de l’incinération reste encore en vigueur dans certaines régions, en Crète et a Théra. Mais l’étude comparée des nécropoles archaïques permet d’en constater l’abandon graduel \ Dans l’ancienne