Conzc, \tl. G rab reliefs, n° 36, pl. XV
4- \\ . .\melung, Roem. Mitlheil. , XX. iqoo, p. 181 et suiv. Cf. S. Reinach, Gazette de* lienu.r- \ rts, 1902, I, p. i4q. Kekulc, Die grirch. Skulplur. p. r 3 9 .
• >. S. Reinach, Tètes antiques, pl. 38, 3q, p. 33.
LES STATUES FUNÉRAIRES DU Y' ET DU IV- SIÈCLE
conservé par plusieurs répliques. Vinsi reconstituée, la statue nous met sous les yeux ui ie femme étroitement drapée dans un épais manteau, dont les plis larges se dessinent à aréles vives, el sous lequel apparaissent les contours du bras droit ramené sur la poitrme. tandis que la main gauche se porte en avant (fig. 5q).
C’est une œuvre plus solide qu’élégante, empreinte d’une certaine rudesse, et dont on a proposé de chercher l’auteur parmi les bronziers de Corinthe ou d’Egine qui travaillaient dans le premier quart du ve siècle1. Que représente cette figure? Est-ce une déesse, une Déméter voilée ?
Tout en inclinant vers cette hypothèse, M. Amelung y reconnaît comme un caractère « domestique » et privé qui ferait également songer à une mortelle. Et en effet, à la manière dont elle se drape strictement dans son man-
j. Il n'est pas sur, pourtant, que l’original lût un bronze, malgré la technique de la chevelure, qui semble trahir les habitudes du travail du métal. La manière dont la draperie est traitée, par larges surfaces coupées de grands plis, ferait plutôt songer au travail du marbre.
l' io. 5q. — Statue de femme drapée, restituée avec la tête dite d’Aspasie (M usée de Berlin).
Pl.ot . A iule
I ig* Go. — Statue do femme assise dite de Pcnclope (Rome, Musée du Vatican").
LES STATUES FUNÉRAIRES DU Ve ET DU IVe SIÈCLE
teau, on croirait voir une de ces fiancées que. les peintres de vases représentent dans les scènes nuptiales1. Il est d’ailleurs à noter que ce type statuaire a été utilisé, au iT siècle de notre ère, pour le portrait d'une dame romaine, et la fréquence des répliques prouve qu’il a été populaire à l’époque impériale. A-t-il été créé au v' siècle soit pour une statue-portrait, soit pour une statue de tombeau? Nous le croyons volontiers, et nous sommes tenté d’y voir comme le prototype de ces effigies de iemmes voilées qui se dressaient sur les tombes du ive siècle. Tout au moins, cette statue nous permet d’évoquer l’image d’une statue funéraire de style sévère, telle que pouvait la concevoir un contemporain de Galauns 2 3.
On peut émettre les mêmes hypothèses au sujet d une statue en terre cuite trouvée en Sicile, dans la région de Catane, et conservée au Musée communal de cette ville ’. C’est une femme debout, vêtue du cluton dorique, et dont le bras gauche plié au coude se porte en avant. Contemporaine des frontons d Olympie, dont elle se rapproche par le style, la statue est d’ailleurs d’une exécution hâtive et rapide, et trahit un travail industriel. M. Deonna suppose qu’elle ornait un tombeau. « Elle aurait été placée dans l’intérieur du caveau, et fixée sur un piédestal au moyen de tenons passant dans les deux trous pratiqués dans la plinthe, à droite et a gauche des pieds. » S’il en est ainsi, la statue de Catane nous offrirait un exemple d’un type debout, où la morte serait représentée avec un caractère très généralisé, ce qui n est point contraire à l’esprit de l époque. Mais il n y aurait là, en tout cas, que I application d’un usage qui s’est prolongé dans la Grande-Grèce, et qui consiste à placer dans le tombeau même une statue funéraire en terre cuite.
Beaucoup plus nettement caractérisé est le type connu par une statue célèbre du Vatican, à laquelle a été longtemps attribué le nom de Pénélope 4 (fig.60).
1. Cf. Wiener Vorlegeblaetter, 1888, pl. 8, 1 , 9, 3. M. Studniczka reconnaît justement dans la statue qui nous occupe une fiancée plutôt qu’une Déméter. Kalamis, p. 18. M. Patroni l’identifie avec la Sosandra de Calainis. Rendiconti dell Accad. di Archeologia di Napoli. igo5.
2. Une belle stèle attique du Palais Barberini, appartenant à la seconde moite du ve siècle, nous montre un type de femme voilée qui n’est que le développement de celui-ci. Arndt-Bruckmann, Denkmaeler , n° 5a8.
3. Bizzo, \l.ti dell' Accad. di Archeologia di Napoli. XXIII, iqo5, p. ifi5. Deonna, Rev. des Eludes anciennes. i()07, p. 1 2 1 , pl. IX, X. Deonna, Les statues de terre cuite dans l'antiquité. Sicile, Grande-Grèce . Etrurie et Rome. p. 54-57, fig. 1.
4. Ilelbig, Fiihrer, I-, n° if)5. Antike Denkmaeler herausgegebene vota deutsch. arch. Institut. I, 1888, pl. 3i A, p 1 7 (Studniczka). Brunn-Bruckmann, Denkmaeler, n" ig5. Cf. notre Ilist. de la sculpt. grecque. 1. p. 407, fig. ato. .Toubin, La sculpture grecque entre les guerres médiques et l’époque de Phidias, p. 200. N oir la bibliographie citée par W. Amelung, Sculpt. des Vatican. Muséums. II, n° 261, pl. 47-
LE 8 TYPES DU Ve SIÈCLE 119
Ici, nous avons sous les yeux une œuvre relevant à coup sûr de la plastique', funéraire, et comme la première forme d’une conception qui jouira dans les ateliers attiques d’une singulière faveur. La statue du Vatican nous montre une femme
Phot. Àlinari.
Fig. 6j . — Fragment d’un bas-relief funéraire (Rome, Vatican, Musée Chiaramonti).
assise dans une att itude de rêverie, les ïambes croisées, la tête inclinée, le coude droit posant sur le genou, vêtue d un chrton et d’un manteau dont les plis sont encore traités avec un certain goût archaïque. Malheureusement elle a subi des restaurations qui la dénaturent quelque peu. La tête, bien qu’antique, ne lui appartient pas : elle a été empruntée à quelque statue de jeune Diadumène. La
LES STATUES FUNÉRAIRES DU V« ET DU IV SIÈCLE
restauration de la main droite est inexacte, et le rocher qui sert de siège est entièrement moderne.
C’est aux répliques conservées qu’il faut s’adresser pour restituer à la prétendue Pénélope son véritable caractère. La plus importante est un haut-relief du Musée Chiaramonti, au Vatican, où il faut reconnaître un fragment de stèle
Phot. Moscioni.
funéraire, et dont 1 origine attique n’est d’ailleurs pas certaine1 (fig. 6i). Il reproduit le même type que la statue du Vatican, et nous renseigne sur la forme du siège : c’est un tabouret, sous lequel est placée la corbeille à laine, emblème des occupations domestiques de la morte. Le même détail se retrouve dans une statuette du Capitole, de style plus récent, où le caractère encore sévère du type original est fort atténué 2.
Quant à la tête, nous la connaissons par des répliques, une tête rajustée sur le corps d une statue de îeune homme, conservée au Palais Guistiniani, à Rome 3 4 5,
Fig. G'j. — Tète de femme voilée (Rome, Musée , r , , ,
des Thermes) uue autre, très restaurée, trouvée dans le
Tibre , et appartenant au Musée des Thermes 4 (fig. fia), et surtout une belle tête en marbre de Paros du Musée de Berlin (fig. 63 et 6/|). Cette dernière a tous les caractères d’un original grec; c’est une œuvre d’un charme pénétrant que rehausse une légère saveur d archaïsme. Sous un large bandeau, recouvert en partie par le voile, les boucles de la chevelure, tordues en coquille à leur extrémité, encadrent un front bas; le visage aux traits forts, aux veux allongés et cernés par des paupières saillantes, est empreint d’une expression rêveuse plutôt que mélancolique, et garde un air de sérénité souriante. Des traces de doigts, encore apparentes du
i. llelbig, Fiihrer, I-, n° 94. I ntikt * Denkmaeler, I, 1888, pl. 3i B. Conze, Atl. Grabrcliefs, nIJ 471 0. pl. CXI. Amelung, Sculpt. des Vatican. Muséums, I, p. 61 5, n° 465.
•1. llelbig, Fiihrer, I-, n° GlO. Antihe Denkmaeler . J, 1888, pl. 3l G.