‹ Les statues funéraires dans l'art grecChapitre 91 sur 212 · Winnefeld, Hypnos, p. 28, pl I-II · texte numérisé non relu

Winnefeld, Hypnos, p. 28, pl I-II

3. Elle a été suggérée par Winnefeld, Hypnos, p. 34. Cf. Vlahler, Polyklet, p. 1 38 ; E. Strong-Sellers, art. cité, p. 3. Furtwaengler l’a combattue ( Mastcrpieces . p. 275), non sans avoir fait cependant le rapprochement avec la stèle de Telésias (Meisterwerke, p. 486).

LES TYPES Dl Ve SIÈCLE

pas de statues féminines en marbre que les conditions de provenance désignent avec certitude comme des créations de la statuaire des tombeaux. Ce n est pas que les stèles, et les peintures de vases de l ltalie méridionale ne nous lassent loir des tvpes qui pourraient évoquer I idée de ligures en ronde bosse. Il serait facile, par exemple de transposer en statue l’effigie qui orne la stèle béotienne de Polvxéna, au Musée de Berlin ' (fig. 71). Une jeune femme, sans doute une prêtresse, est debout, tenant de la main gauche une petite idole, le chiton ramené sur la tète en guise de voile. La noblesse du stvle trahit I m- Jluenee de I école de Phidias, et peutêtre le prototype était-il une statue votive ou funéraire. Il ne laut donc pas, en I absence de documents positifs, nous refuser à croire que, de 45o a 4oo, la statuaire des tombeaux ait pu traiter un type qui deviendra I réquent au siècle suivant, celui de la morte représentée debout. Mais à \rai dire, nous n en possédons pas d exemple certain .

L ancienne statuaire a connu le type de la morte assise, trônant comme

une divinité. Il est intéressant de constater qu il se conserve à Chypre, modifié parle progrès de I art. mais avec un caractère qui rappelle encore à certains égards la vieille idée d héroïsation. La nécropole de Marion Arsinoé, dans I île de Chypre, a livré un certain nombre de petites statues de terre cuite, mesurant parfois jusqu’à om.8o de hauteur, et qui ont été découvertes dans le drnmns d n tombeau. Elles ne se confondent donc point avec les figurines d oflrande. et

Statuette en terre cuite provenant de Chypre. H. om,7.5 (Musée fie Berlin).

i. Musée de Berlin, Invent., n° i5o4- Kekulé, Grierh. Skulptur, p. 1 7 G -

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jouaient vraiment le rôle de statues funéraires, l ue de ces statuettes, remar-

[Fic. 7?). — Statue de femme assise. Face (Musée de Berlin).

quable par la beauté et la noblesse du t\jie. a du être exécutée vers la tin du v" siècle, sinon par un Atliquc. au moins par un artiste qui s’était pénétré du

Fig. — - Statue de femme assise. Profil (Musée de Berlin).

morte assise sur un troue élégant, grave el solennelle comme une déesse : la

i. Herrmann, Dax Graeberfeld von Marion, 28e Proyrarnrii zum Winclielmanns j'este, Berlin, 1888, p. 4o, pl. I. Notre figure ~2 est reproduite d’après cette planche. Cf. Deonna. La statuaire céramique à Chypre, p. iti.

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style de l'école de Phidias1 (fîg. 72). Haute de o'",75, elle oil're l image de la

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main gauche est ramenée vers la poitrine; la droite tenait un attribut. Qu il \ ait encore là un souvenir de 1 ancienne croyance suivant laquelle le défunt était élevé par la mort à une condition supérieure, on n en saurait douter. Mais voici cependant 1 idée de demi et de regret qui s insinue discrètement, car sur la partie du dossier restée intacte, on voit, modelée en relief, une petite figure de femme affligée qui se répétait certainement de l’autre côté.

Pendant la seconde moitié du ve siècle, les sculptures des stèles attiques représentent fréquemment la morte assise, soit seule, soit en présence d un de ses proches ou d'une suivante. Par comparaison avec les stèles, nous sommes autorisé à interpréter de la même manière certains types statuaires. Une statue de marbre du Musée de Berlin, exécutée en grandeur demi-nature, montre une femme assise sur un siège muni d un coussin, le buste droit, la main gauche négligemment posée sur le genou' (fig. y 3 et y4)- L avant-bras gauche et la tête, travaillés à part, étaient rapportés. Analogue à celui de la prétendue Pénélope, le costume se compose d’un clnton ionien aux larges manches agrafées sur les liras, et d un himation d étoffe plus épaisse qui drape le bas du corps. Nous n’hésitons guère à reconnaître ici une œuvre attique des dernières années du ve siècle. L attitude aisée, 1 exécution large et ferme de la draperie, indiquent suffisamment qu elle est postérieure aux sculptures du Parthénon. La statue décorait-elle un tombeau ) On n en doutera pas, si on la compare à une figure peinte sur un grand lécythe funéraire d’Athènes, appartenant au Louvre1 2. La morte assise devant la stèle peut être rapprochée fort exactement de la statue de Berlin. C’est la même pose, et le même costume. Comme dans la peinture du lécythe, le sculpteur avait représenté une jeune femme dont I ajustement se rehausse d’une pointe de coquetterie, et dont le clnton, aux plis souples, aglissé sur les épaules, laissant à découvert le cou et la naissance de la gorge. Le marbre de Berlin nous met fort heureusement sous les yeux une statue funéraire exécutée entre les années 420 et 4oo.

Les bas-reliefs des stèles trahissent nettement le sentiment de la vie réelle. Ces jeunes femmes, que préoccupe souvent le souci de leur parure, qu entoure l’aifection de leurs proches, les artistes les montrent dans des poses aisées, parfois nonchalantes, comme si la sculpture industrielle leur donnait quelque

1. Musée de Berlin, Invent., n° i46 1\. Arch. Jahrb., Arch. Anzeiger. XVIII, igo3, p. 3i-32, n° 8, fig. 8. Cf. Kekulé, Griech. Skalptur, p. i38. La statue a été achetée à Rome.

2. Voir notre article, Monuments Piot, XII, igo5, p. 29 et suiv., pl. III— IX .

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chose de celte aisance souveraine qui se concilie heureusement, dans le groupe des dieux de la Irise du Parthénon, avec la parfaite noblesse du st\le. Qu’un sculpteur ait prêté a une statue de tombeau cette sorte d’abandon qui caractérise par exemple I attitude de la morte dans une belle stèle attique du Musée d Vtbènes 1 2 3 (fig. 7 5 ) . il n \ aurait jias lieu d en être surpris.

C est pourquoi nous croyons pouvoir attribuer un prototype funéraire à un groupe de statues dont les exemplaires les plus remarquables sont conservés au Musée de Florence et au Musée Torlonia à Rome'.

Avec des variantes de style, le sujet est le même : une femme assise nonchalamment sur un siège à jueds courbes, l’himation drapant de ses plis lâches le bas du corjis. les jambes croisées, le bras gauche apjmyé sur le dossier. I autre main | josée mollement sur les genoux.

Parmi les répliques conservées, une des statues de Florence parait dériver d un original du \' siècle (hg. 76). La statue Torloma semble inspirée par une variante du même original, due à un artiste du début du

1. Stais. Marbres ri bronzes du Muser d'Athènes. nr> 1S22, p. 120. Cf. le beau fragment de Berlin, lieschreib. der ant. 'Skulpt.. n" (pi.

2. Statue? du Musée des Offices à Florence. Vmelung, Fiihrer durcli dit' Antiken in Florenz, n,,s cSo et 85. Cf. Hevdemann, Miltheil. nus dru Anlikensnmml. in Obcr-und Miltelilalien, ITT, p. 72. Statue Torlonia. Mon. ined., xi, pl. 11. Annali. 1879, p. 1S2 et suiv.; I monnmenti (Ici Masco Torlonia riprod. roula Jotolypin, pl. \\, 77. Répliques au Capitole (Helbig, Fiihrer. I-, n° 468) et à Vérone (Milani, Rnem. Miltheil.. 5 I. iSpi, p. 32(3).

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