I. Odyssdc , i
LES TERRES CUITES DE SICILE ET D'lTALlE.
devient ce qu’on a depuis appele la Grande-Grece. Les Chalcidiens marchent toujours en.tete du mouvement : on leur doit la creation de Sybaris vers 721, puis de Crotone. Les Sybarites a leur tour se frayent un passage a travers les regions interieures de la peninsule et installent une colonic, en pleine Campanie, a Posidonia (Psestum). Lest alors une rnaree montante d llellenes qui arrivent prendie leui pait de cette riche conquete. En 708, Tarenle est fondee pardes Laconiens; les Locriens donnent leur nora a Locres; Metaponte, en face de Tarente, doit son origine a des families acheennes. Les ports helleniques forment bordure sur toute la cote de l’ltalie meridionale, depuis l’extremite de la terre des lapyges jusqu’au nord de la Campanie. lout le golle de Tarente, la mer de Sicilc et une partie de la mer Tyrrhenienne sont des eaux grecques. On remarquera que ce grand effort coincide avec la periode de colonisation dont la Sicile est le theatre, et Ton ne s’etonnera pas si dans les deux pays les consequences sont les memes pour l’histoire
de Part.
En effet, la serie des terres cuites italiotes offre beaucoup d'analogies avec les produits des fabriques siciliennes. Les plus riches trouvailles ontete faites a Tarente. Elies proviennent de deux emplacements distincts, dun enormeamas de fragments accumules pres de l’enceinte de la ville, sur les pentes qui descendent a la baie appelee Mare liccolo, et de la necropole. L’amoncellement de figurines en morceaux parait etre le resultat des nettoyages successifs operes dans un ou plusieurs sanctuaires d’ou l’on rejetait au fur et a me- SUre les ex-volo sansvaleur. LeMusee du Louvre en possede une belle collection rapportee par M. F. Lenormant1. Le <muvernement italien a fait pratiquer, de son cote, des
•1. Gazette archtologique , 1881-82, pi - 36, 192; Gazette des Beauz-Arts , mars 1882. p
p. US . 201 et
et suiv. ; 1883, suiv.
recherches fructueuses par M. Viola, qui a recueilli pres do. !20 000 specimens. On evalue a environ 50 000 le nombre total des morceaux extraits du sol1. Les pieces completes sont extremement rares ; il est probable que Ton brisait systematiquement ces offrandes religieuses avant de les enfouir. Si mutilees qu’elles soient, dies presentent un grand interet , car el les embrassent toute 1’histoire de la cite au temps de son independance, depuisla fondation jusqu'a la domination romaine. llien absolument n’y represente la periode posterieure ala complete (209 av. J.-G.)
Le motif le plus frequent est la representation d’un banquet : un bomme demi-nu est couch ti sur un lit, tandis qu une femme drapee sc tient assise au pied de la couche*. Gette scene est representee adesmilliers d’exemplaires : on discute encore la signification des personnages. I)oit-on v voir des divinites ! Sont-ce des idoles funeraires, symbolisant le culte des ancetres, des morts heroises5? Nous pencherions plutdt pour la premiere interpretation, defendue pai M. Lenormant et par M. Evans. Les ornemenls en forme de liautes palinodes, les larges bandelettes placees souvent <lans la coiffure de l'homme, semblent le designer comme un Dionysos avec sa mystique epouse. La grande diffusion du culte bachique en Italie, dont Rome plus tard finit par s’alarmer au point d’interdire les Bacchanales par le senatuseonsulte de 1 an 1X6, est un indice favorable a cede liypotbese. L'uniformite du sujet n’a pas exclu la variety dans I execution. On suit toute la serie dt's changements introdnils dans la facture du modele, dans la phvsiononiie minin' des visages, par les innovations successives de l’art plastique. A la figure barbue, aux traits rigides, succedent