‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 129 sur 133 · Yoy. l’onvrage citd do P. Biardot · texte numérisé non relu

Yoy. l’onvrage citd do P. Biardot

2° « Les figurines de terre cuite ont d’abord decore l’habitation du defunt ; dies l’accompagnaient ensuite dans li> tombeau avec differents objets mobiliers.i)

Cette seconde interpretation compte des defenseurs nombreux et d’une autorite beaucoup plus considerable’. Leur raisonneraent est specicux : ils rappellent d’une part le grand principe de la religion funeraire chez les peoples anciens, la croyance a la survivance du mort dans son tombeau, et ils invoquent d’un autre cote des faits d’observation dont l’exactitude no saurait 6tre constatee. De quoi se compose le mobilier ordinaire d’line sepulture? Outre les terres cuites, on v compte tout un attirail destine aux soins du corps, des vases a boire, des fioles a parfums, des boites a fard, des miroirs, des epingles a cheveux, etc. Tout le monde s’accorde a reconnaitre que ces instruments sont pris dans rameublemcnt de la maison pour reconstituer, de l’autre c6te de la mort, une existence pareille a cellc des vivants. Le defunt a faim et soif coniine les mortels : il aura de quoi boire et manger. L’ephebe conservera son strigile a ses cotes pour se souvenir des exercices de la palest re ; le chasseur emporterases filches; la femme semirera et se parfumera comme au temps de sa jeunesse. Chacun trouvera dans son tombeau le superflu avec le necessaire, les plaisirs de la vie passee avec les moyens de subsistence. Si les figurines font partie du mobilier funeraire, n’est-ce pas qu’elles ont droit, comme les autres objets, a suivre le defunt dans cnlte sorte d’emmenagement postbume? N’estce pas qu’elles rejouissaient ses yeux de son vivant, qu’elles const i t uaii'ii t line portion de son luxe mobilier dont il aurait peine a se separer, dont il sentira encore plus le prix dans la trislesse morne de sa nouvelle demeure? Les foil i lies

t. Any. les travaux cites de \Aelcker, I.iidcrs, von Roliden, Lcnornianl, Martha, Carlault.

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demontrent quo lcs anciens aimaient, comrae los modernes, a embollir lour interieur de ccs ricns charmants dont la futilite n'cxclut pas le charme ct qui ajoutcnt 4 l intimito du foyer domestique. A Pompei, on a remarque des petites niches creusees dans les murs des cliambres exprcs poui rccevoir des statuettes; quelques-unes de celles-ci etaient encore on place. Quand elles represented des dieux, ce sont des idoles qu’on adorait avec les Penates dans les lararia ou petites chapelles privees. Celles qui reproduisent des sujcts de genre etaient recherchees par gout artistique; dies recreaient les yeux par leur gracieuse beaute. Tous les usages funeraircs de 1 antiquite tendent a nous uiontn 1 1’ identification pa r fa i to du tombeau avec une habitation soigneusement amenagee pour l’eternite. Comment s’etonner que les Grecs n’y aient pas oublie les oeuvres d art, sous la forme reduite et indestructible que leur offraient les figurines d’argile?

11 v a beaucoup a prendre dans les reflexions qui precedent; en plusieurs points elles sont d’une justesse incontestable, et nous aurons nous-memes a faire valoir la parite etroite que T antiquite etablissait entre la sepulture du mort et la demeure du vivant. Mais le cote defectueux du raisonnement pent etre mis en lumiere de deux la§ons. D abord estil vrai que les anciens aient connu comme nous le gout des bibelots et des objets d'etageres? Cola est fort douteux. 11 ne suffit pas de signaler les statuettes trouvees dans les niches de Pompei et le grand nombre des sujets de genre fournis par les terres cuites pour etablir ce postulat. On risque fort de se tromper en assimilant l'ornementation de nos appartements, remplis de tableaux, de gravures el de curiosites, a l'ameublement des demeures antiques. Pour un moderne, le plaisir des yeux est le. soul but a atteindre. Pour un ancien, la preoccupation rcligieuse domino tout. La religion domestique n’est pas cloilree dans

Detroit parvis d'une chapelle privee; elle envahit toute la demeure, elle s’etale sur les parois des murs oil les peintures retracent les aventures des dieux, elle se dissimule dans les ciselnres des trepieds de bronze a tetes de Priape, elle va se nicher jusque dans la cuisine, au-dessus du fourneau, sous forme de deux serpents, embleme des genies du foyer. 11 ne faut done pas conclure de 1’apparence familiere donnee a une oeuvre d’art qu’elle n’a rien de commun avec la religion, qu’elle est rnise en place pour recreer le spectateur. En realite, elle reste sous le couvert de la protection pieuse qui planait sur la maison entierc, elle fait partie dc l’ensemble d’offrandes que le proprietaire dedie a ses Penates; les niches de Pompei ont, selon toute vraisemblance, un veritable caractere de laraires. Ce qui le prouve, e’est que les mernes sujets familiers se retrouvent dans les temples des dieux. Parmi les objets recueillis sillies emplacements des sanctuaires anciens on compte, a cote des figures de divinities, nombre de personnages n’ayant aucun caractere symbolique ni divin. Ce n’en sont pas moins des ex-voto dont le caractere sacre est indeniable. Cette premiere raison empeche done d’assimiler les figurines funeraires a des objets de pure curiosite dont la vue rejouirait le mort.

De plus, si la these soutonue est exacte, il s’ensuit que les statuettes placet's dans le tombeau auraient ete prises dans le mobilier appartenant au defunt. Pour charmer ses loisirs dans la solitude du sepulcre, pouvait-on mieuxfaire qm' de lui apporter ses figurines preferees, celles qu’il contemplait avec amour de son vivant? Or, l’examen des terres cuites lundraires nous conduit a une conclusion diametralement opposde. hnagine-t-on que les Grecs du vie et du r' siecle aient decore leurs demeures de ces inilliers d’idoles representant a satiete Demeter et sa fille on le Bacchus lies Mysteres? Alors rnSme que les sujets familiers

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se melent aux divinites, au ive et an mc siecle, ne voyonsnous pas reparaitre avec persistapce des motifs qui eussent fait une singuliere figure sur fetagere d un amateur, comme les Sirenes douloureuses, s’arrachant les cheveux, les Eros appuyes sur une torche renversee, emblemc dc la vie eteinte? Ne reconnaissons-nous pas a ces signes certains que le choix des statuettes s’est fait au moment de l’enterrement, qu’il est le resultat de preoccupations funeraires, qu’en un mot il represente les offrandes reli— gieusesdes survivants, et non pas une donation prelevee au profit du mort sur sa propre succession? S’il en est ainsi, la relation qu’on cherche a etablir entre les figurines deposes dans les sepultures et les pretendues statuettes decoralives des appartements n’existe plus ; nous devons chercher ailleurs une interpretation plus exacte.

5° « Les figurines de terre cuite sont des images de divinites qu’on place aupres du mort pour le proteger1. »

L’etude que nous avons faite des statuettes archalques dans les pays grecs demontre que le principe ainsi pose est absolument juste pour la serie de siecles qui s’etend des origines de l’art hellenique jusqu’au ive siecle. L’usage funeraire des terres cuites a pour fondemeut l’idee que l'esprit populairc s’est faite de la vie d outre-tombe. L’inconnu qui attend le mort aux portes de sa nouvelle existence, la froide nuit du sepulcre, les dangers mysterieux dont est semee la route de fame errant aux bords de r Acheron, les croyances au jugement dernier, les epouvantes reservees dans les Enfers aux consciences coupables. tous ces tableaux, que fimagination des poetes et des artistes revetait de si sombres couleurs, inspiraient necessairement un desir profond cfaide et de protection au

1. Voy. les iravaux cites de MM. Heuzev, Itavaisson, Froehnev, Reiuacli, Furtwsengler.

LES STATUETTES 1)E TEItltE Cl'tTE.

milieu de ccs ombres funestes. Chez les Egyptians, 1’aine sc presente an tribunal d’Osiris oscortee de divinites (jui la soutiennent et rencouragenl. Chez les Grecs, les grandes deesses des Mystercs remplissent ce role de conductrices et d'alliees hienfaisantes. Plus tard, on lour adjoint on bien on leur substitue Bacchus et son thiase, Venus et les Amours, Apollon on Hercule; mais Pintention lie change pas. Chaque generation ou chaquc race a ses dieux preferes auxquels t'lle se confie pour le voyage supreme. Sur toutes les figures de divinites quo. Eon recueille dans les sepultures iln’y a pas d’hesitation possible : leur role de protectrices est suffisamment etabli. Le doute commence quand apparaissent les sujets empruntes a la vie familiere. On peut encore trouver une explication plausible, lorsqu'il s’agit de metiers manuels dont le concours etait utile a la suhsistance du mort : nous nous sommes explique sur ce sujet a propos des cuisiniers, des coiffeurs, des boulangers, en rattachant l’introduction de cespersonnagesaux plus vieilles croyances de l'antiquite, relatives a la vie du mort dans son tombeau. Mais l'intcrpretation devient plus laborieuse quand, a partir du milieu du iv® siecle, on voit surgir une foule de types empruntes par les modeleurs a la societe contemporaine, femmes et jeunes lilies occupees de leur toilette, enfants joueurs, ephebes a la palcstre ou au gynmase, guerriers armes, etc. Dans cette brusque invasion de la realite, le symbolismo religieux semble perdre de ses droits ou, tout au moins, il se metamorphose singulierement Pour rendre comple de ce changement, on rattaclie certains motifs familiers a des compositions anciennes, d un caractere tout religieux. On a dit avec beaucoup de justesse que, pour representor une mere accompagnee de sa Idle, le modeleur n avail pas oublie la faiyon dont ses predecesscurs montraient la reunion de Demeler et de sa lille Core. Nous no reviendrons |ias sur cette question

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qui a ete suffisamment discutee dans le chapitre relatif aux produits de Tanagre. Nous concederons tout ce que 1’on voudra a f influence de la plastique religieuse sur les sujets familiers. Nous croyons aussi a un enchainement logique des choses, a une transformation progressive des types, et non point a une rupture brusque entre le present et le passe. Mais, toutes ces reserves faites, nous sommes dans la necessity de constater un fait ineluctable. Les rites funeraires, a partir du ive siecle, admettent des statuettes du genre familier, sans rapport apparent avec la condition des morts. La petite fille assise et ecrivant sur son diptyque, le jeune gargon prenant une lecon de lecture sous la surveillance de son precepteur, le groupe du pedagogue avec ses eleves, celui des personnages jouant au jeu de dames, etc., et taut d'autres compositions amusantes ou gracieuses de l’art ceramique, n’ont plus rien a faire avec les idees de protection assuree au mort par la presence d’idolcs saintes.

Les partisans de la signification religieuse des terres cuites ajoutent, il est vrai, un corollaire a l’idee enoncee plus haut. Le mort n’a pas seulement besoin d’etre protege par uu pouvoir divin; il attribue plus d’importance encore a l’idee de sa propre survivance ; il veut s’entourer d images qui refletent tous les details de sa vie passee coniine autant de symboles auxquels s’altachait la certitude d’une existence ulterieure. Dans les statuettes de Tanagre, de Myrina, de Tarse et d’ltalie, dans ces representations variees et libres du monde vivant, subsistc a l’etat latent 1 antique doctrine des Egyptiens sur le double du mort, sur les slatuettes funeraires qui repetaient l’image du defunt a nombreux exemplaires pour que la destruction n’eut jamais raison de lui. LesGrecs out embelli celte superstition; ils font paree d’unc grace plus ideale en rclachant le lien qui umssait d’une fagon trop grossiere fame du mort a ces petits mop-

ceaux d’argilc. Les statuettes ne sont plus, proprement parlor, des doubles du defunt. Elies symbolisent simplement sa vie d’outre-tombe. Tel il a vecu au milieu de ses pareils, tel il vivra dans l’heureuse quietude des Champs Elysees, occupe aux memes soins et aux memes divertissements quo le charmant cortege de femmes, d’hommes et d’enfants place a ses cotes. Quelques-uns precisent encore cette doctrine, en pensant que les figurines sont autant d’images du mort Mroi'se et, en quelque sorte, beatific sous les aspects varies d’un mortel livre aux douceurs du repos eternel ou meme d’un dieu, comme Hercule, Bacchus, Eros, etc.

La theorie que nous venons d’exposer rend compte fort ingenieusement de l'introduction des sujets familiers, sans abandonner rien du caractere religieux et mystique qu on sc croit en droit d’atlribuer a des offrandes funeraires. Mais elle est obligee de superposer Tune a I’autre deux doctrines diffdrentes, sans expliquer un si important cliangement dans les usages religieux. Nous voulons bien que les statuettes symbolisent l’etat du mort dans sa vie d outre-tombe. Mais pourquoi cette idee met-elle tant de si(!cles a aboutir et a prendre une forme concrete dans 1 induslrie ceramique? L’esperance d une existence tran- (juille et fortunee dans les Enfers, analogue a cello des morlels beureux, ne date pas d’une epoque r^cente. Homere connait les divines prairies d'asphodeles ou s’entretiennenl les ombres des beros. 1'indare nous represente les bienbeureux jouant de la lyre, so livrant au divertissement des echoes ou des dames. Comment expliquer que ces douces images d une condition sans soucis, si consolantes pour all ron ter 1 inconnu de la mort, n’aient pas de bonne heurc haute 1 imagination des artistes qui se faisaient les fournissem s attilres des necropoles? Pourquoi, pendant des siecles, uui aient— i Is cru sullisant de domic au defunt des images

LA DESTINATION DES TERRES CUITES

de dieux conime amulettes profectrices, puis tout d’un coup, & une epoque deja raffinee et sceptique, auraient-ils voulu lui presenter en raccourci une image de. la vie fulure, avant-coureur des delices qui l’attendent? N’est-ce pas retomber dans la difficulty qu’on voulait precisement eviter? N’est-ce pas supposer une rupture brusque, une solution de continuity entre les croyances de l’age archaique ct, cellos de l’epoque hellenistique? Enfin, nous revenons encore a notre precedente objection. Pourquoi les statuettes trouvees sur les emplacements des temples ou des laraires prives sonl-elles si souvent pareilles a cellos des tombeaux? Esl-ce encore le monde elysyen qu’on offre a un dieu dans son sanctuaire, a un dieu Penate dans sa chapelle?

4° « Les figurines de terre cuite represented des offrandes faites au mort, au lieu et place des victimes humaines que la religion ancienne commandait de sacrifier sur le tombeau1. »

Cette derniere these a quelque rapport avec la precedente, car elle explique la naissance des sujets familiers par le desir de donner au defunt un cortege qui le suive dans sa nouvelle demeure, prfit k le servir et & le distraire. Mais au lieu d’en faire un symbole purement poetique du bonheur elyseen, elle lui donne un caractere beaucoupplus pratique et concret; elle en recherche l’origine dans un rite tres ancien que nous font connaitre les premiers monuments de la litterature grecque. On serappclle la description des funerailles de Patrocle, dans Ylliade d’Homere. Achille egorge sur le bucher de son ami quatre coursiers, neuf chiens et douze jeunes Troyens. Plus tard, Polyxenc, fille de Priam, est. immolee a son tour par Pyrrhus sur le tombeau d’Achille. Oes coutumes barbares etaient repandues chez tous les peuplesde race aryenne, Grecs, Etrusques, Gaulois,

I. Yoy. les Iravaux cites de MM. Rayct, Colli pnon, lloussaye, Cartault.

Germains. Cette rosee sanglanle apaisait d’abord les Manes toujours avides du sang dont ils faisaient lour boisson favorite, ainsi qu’on le voit dans 1 Odyssee, lors de revocation des ombres par Llyssc. I)e plus, on pensait que res animaux et ces captifs sacrifles descendaient dans les Enfers pour se ranger autour du maitre, cause de leur trepas, et restaient attaches a son ombre comme une troupe de serviteurs fideles. Mais le progrAs et l’adoucissement des mceurs devaient bientot rendre intolerables ces affreux holocaustes. Dejii, dans les vers d’Homere, on sent une pitie mal deguisee pour les victimes, un blame presque formel pour les farouches sacrificateurs. Achille egorge les Troyens « non sans gemir amerement » ; mais « dans son ame il a resolu cette action mauvaise ». Ainsi, les sentiments d’liumanitc se revoltaient, des cette epoque, contre la rigueur implacable de la religion. De bonne lieure on dut songer a tourner la difficult^. L’hisloire est remplie de ces anecdotes ou transparait naivement l'idee de contenter les dieux avec la ferine intention deles tromper. Numa olfre a Jupiter les dix tides qu’il lui a demandees : mais ce sont dix tides d’oignons. Minerve dechaine la peste dans Athenes, jusqu’A ce qu’on lui rende Cylon, arrache de son sanctuaire et massacre an mepris des droits d'asile; on lui rest it ue un Cylon en pierre. Meme incident a Sparte, oil le roi Pausanias meurt de faim et de soif, mure dans le temple de la deesse; P oracle prescrit aux Lacedemoniens de rendre le double de ce qu’ils ont pris et, en effet, ils replacent dans le temple deux Pausanias au lieu d’un : seulement ils etaient de bronze. Toutes ces petites roueries A regard des dieux se conciliaiertt avec la pieti* la plus profonde. Pourquoi n (‘ti aurait-on pas use aussi librement avec les morts? Les sepultures contioniu'nt beaucoup d'objelsqui ont un caraclere bimi manpie de substitution. Les parures d’or sont en feu i lies si minces qu’elles lie pourraient servir ii un usage

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reel ; les pierres precieuses sont on verre colore; rappelons encore les fruits on terre cuile, les petites tallies chargees de mets, de gateaux, de raisins el de pommes, le toul on argil®1 2 . On est ainsi conduit a so demander si les figurines ne font pas, elles aussi, partie des objets substitues. N’est-ce pas en souvenir des anciens rites funeraires qu’elles ont ete placees aupres du mort? Ne remplacent-elles pas, par une fiction commode, les compagnons et les animaux qui jadis escortaient le guerrier enseveli? On constate, en outre, par des traces debridure visibles, que les statuettes etaient souvent incinerees sur le bucher ou dans le tombeau meme avec le corps*. N’est-ce pas encore un rapprochement avec la coutume primitive qui justitie l’assimilation proposee?

Les partisans de cette theorie ont senti mieux que personae 1’importance de revolution religieuse marquee par l’introduction des sujets familiers. 11s ne cherchent pas a eluder la difficulty qui nail du contraste entre les images religieuses et les types empruntes a la society contemporaine; ils ne sougent pas a reunir par des liens plus ou moins subtils ces deux classes de figurines d’un aspect si different; ils acceptent franchement la scission qui s’est produite et, a cet egard, nous ne pouvons que leur donner raison. Mais le point essentiel de leur explication, c’est-adire la survivance des sacrifices humains transformes par une fraude pieuse en offrande de terres cnites, prete a de nombreuses objections. Si frequents qu’aient ete ces rites sanglants aux temps heroiques, chez des nations encore peu policees, on ne pent pas les considerer comme des faits journaliers ni d’usage courant. Pourconsommer de si monstrueux attentats, il etait necessaire que les esprits subissent une aberration complete des sentiments humains, sous l’influence

1. Vny., sur cos objets dc substitution, la Ndcropole de Myrina , p. 200, 213, 242-243.

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