‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 130 sur 133 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

(Tune passion violente ou d un evenement extraordinaire. On eomprend qu’Achille immole des jeunes gens sur le corps de Patrocle, que Pyrrhus egorge une femme sur le tombeau de son pere, parce qu’il s’agit d’apaiser les manes de heros ravis par une mort violente au milieu des combats; ils descendent aux Enfers tout fumanls de courroux contre leurs ennemis, et il est naturel que le sang dune race odieuse monte agreablement a leurs narines. On comprend que les Grecs, relenus par les vents a Aulis, consented a sacrifier la title meme de leur roi, Iphigenie, parce qu’il s’agit d’une entreprise considerable qui met en mouvcment tout un peuple. Mais imagine-t-on que ces sacrifices affreux aient etc prodigues a tout moment ? Penset-on (jue la mort de tout homrae riche ou fameux, survenue dans des circonstances normales, par suite de maladie ou de vieillesse, ail entraine necessairement le trepas de victimes bumaines et quele sang ait coulesurtous les buchers luneraires? Nous ne croyons pas qu’on l’ait pretendu, et rien, en clfet, ne justifierait une telle opinion. Les sacrifices de ce genre doivent etre regardes comme des rites malheureusement assez frequents cbez certains peuples et dans certains temps, mais ayant toujours un caractere exceptionnel. On se demande done si ces rites pouvaient servir de base a un usage aussi repandu que 1’offrande des terres cuites, en admettant que le souvenir s’en fut conserve a t ravers les siecles.

Une seconde objection porte precisement sur le long intervalle de temps <pii separe l’epoque des bolocaustes sanglants et cello oil apparaissent en quantile surprenante dans les sepultures les terres cuites de type familier. On signale, il est vrai, au vr et au v® siecle, des representations appartenant au cycle de la vie quotidienne; nous avons nous-mime interprete la presence des boulangers, cuisiniers et coiffeurs, comme le reste de traditions fort

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anciennes, remontant jusqu’ala lointaine Egypte. Latheorie fenoncee ci-dessus s’appliquerait bien a ces sujets, si Ion n’avait pas a rendre compte des quatre ou cinq siecles qui les separent des poemes homeriques. On peut trouver que les modeleurs songent bien tard a remplacer les victimes humaines par des figures d'argile. Que s’est-il passe depuis le moment ou le poetedeplorait lui-meme la cruaute inutile de son heros? Pourquoi attendre le siecle de Pisistrate ou celui dePericlespour.se souvenir d’une religion meurtriere ? Remarquons, en outre, que les sujets de ce genre sont extremement rares dans la fabrication anterieure au ive siecle. C esl seulement a partir d’ Alexandre le Grand que l’invasion des types familiers survient, irresistible et toujours grossissante. Ainsi, plus on s’eloigne de Page archaique, plus le temps a eu le loisir d’effacer ces tristes et honteux souvenirs d’une superstition barbare, et plus les Grecs se seraient montres attentifs a en faire revivre la memoire, sous le couvert d’une supercherie un peu enfantine a l’adresse des morts et des dieux. N’y a-t-il pas la une forte invraisemblance? Si l’on supposait a priori un enchainement logique des faits, on aurait, ce semble, le droit de concevoir un age de transition, succedant immediatement au temps des saciifices humains : cet age verrait naitre la substitution de Pargile inerte a la chair vivante; on retrouverait dans les tombeaux les plus anciens de nombreuses images representant les captifs immoles, les serviteurs, les animaux domestiques; puis, une religion plus pure se faisant jour, on constaterait l’apparition de types symboliques et abstraits, des divinites, des genies protecteurs du defunt, meles encore aux types familiers, jusqu’au moment ou ceux-ci, elimines par la vogue toujours croissante des nouveaux venus, se feraient de plus en plus rares ; enlm ils disparaitraient, et ce serait le temps des reveries ideales de Part, d’accord avec la philosophie et le mysticismc rcli-

gieux. Le tableau que nous venons de tracer est fiddle, raais a la condition d’en renverser completement la chronologic. Les types divins et mystiques se montrent les premiers ; fort tard dans la suite, les sujets familiers apparaissent, timidement d’abord, puis avec persistance; ils regnent en maitres au plus beau temps de la civilisation hellenique. C’est assez dire que l’idee de soustraire aux Manes le sang de leurs malheureuses victimes preoccupe sans doute fort peu les esprits, et qu’en offrant a un parent mort une poupee tanagreenne, le donateur nesongeait guere aletromper par amour de l’humanite.

Apres avoir indique nos doutes et nos objections au sujet des interpretations proposees, il nous reste a exposer notre opinion personnelle. Elle est contenue dans la formule suivante : « L’industrie ceramique n’a pas pour objet unique les rites d’ensovelissement. Elle a quatre debouches, d’une importance a peu pres egale : les jouetsd’enfants, l’ornementation des chapelles privees dans l’interieur des maisons, les offrandes apportees aux dieux dans leurs temples, les dons fails aux morts. Chacune de ces categories donne naissance a un groupe special de terres cuites : tel genre de statuettes a un role bien marque de jouets, un autre s'associe de preference au culte des dieux Penates, un troisieme est fabrique a 1’usage particulier des pelerins qui se rendent dans les sanctuaires, un quatrieme s’adresse exclusivement a la clientele des necropoles. Mais, en dehors de ces produits dont I attribution est determinee, les modeleurs en fabriquent un bien plus grand nombre qui, n’avant aucun caractere precis, sont a meme de satisfaire a tous les besoins du public. C est un domaine commun ou chacun puise ii son gre, une categorie neutre, de plus en plus pourvue de sujets familiers ii parlir du iv° siecle; Part sy exerce en pleine liberie, sans autre guide que sa Propre inspiration ou les leeons de la statuaire contempo-

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raino. Lcs types qui en font partie represented la vie humaine sous tous ses aspects. 11s n’ont aucune destination speciale dans 1’ esprit de celui qui lcs fagonne. C est 1 acheteur qui leur donnera une signification precise, en les plagant dans uuemaison, dans un temple, dansun toinbeau. Ges images seront un cadeau d'amitie, une idole protectrice du foyer, un ex-volo pieux, une offrande funeraire, suivanl l’intention dudonateur1. »

Le principe sur lequel repose noire tlieorie est que 1 Industrie des terrescuites ne s’estpas developpee uniquement en vue des ceremonies d’ensevelissement. Nous pensons qu on a fail faussc route en etudiant cettc question sous 1’ empire dune preoccupation trop exclusive. Comme les figurines sont en grande majorite recucillies dans les sepultures, on en a conclu qu’elles appartenaient en propre a la religion funeraire. On a neglige de regarder a cote, de recherchei dans les textes des auteurs, dans les monuments figures, dans les comptes rendus de fouilles, ce qui avail trait a d’autres emplois de ces objets. 11 faut elargir la discussion, considerer le probleme sous loutcs ses faces, noter soigneusernent les documents varies que 1 archeologie fournit a l’etude d’un sujet aussi complexe. On decouvre alors que ce genre de commerce s’appliquait a des usages Ires varies. La est la clef de l’enigme et, suivant nous, ^explication des transformations successives dont on reussissait mal a penetrer les causes.

1. Dennis que j'ai developpe cctte tlieorie, j'ai rencontre 1 expression de la memo idee chcz deux auteurs qui n’avaicnt pas encore connaissancc de ma these ; voy. l’ouvrage de M. llaussoullier, Quomodo sepulcra Tanaqrxi decoraverint, 1884, p. 88-89, et un article de II Duenunler, Annali dell' Institute, 1883, p. 193.Trois autresarcl.ee.logues out donne plus tard leur adhesion a l’ensemble ou parlio de nos propositions : voy. une notice de M. Cartault, Collection Icc«2/er, I ct. un article de M. Babelon, Gazelle archdologique, 188a, p. 325-331 ; un article de M. l’aris, Bulletin de corrcspondance helldnique, 1887, p. 411.

Les auteurs ne font aucune allusion precise aux idees religieuses ou artisliques qui s’attachaient a l'usage des statuettes d'argile. Mais ce n’est pas a dire pour cela que 1 anliquite ait ete muette sur ce genre d’objets. Demosthene nous apprend qu’on les vendait a l’Agora, sur la place publique d Athenes1. Les lexicographes Hesychius et Suidas delinissent le curoplaste cornmc un industriel qui fagonne des poupees d’argile, de cire ou do toute autre matiere, destinees a amuser les enfants, a etre donnees en cadcau aux jeunes lilies. Le philosophe Lucien rappelle aussi cet amusement de son jeune age. L’orateur Dion Chrysostome se plaint (jue de son temps on decerne des statues a des citoyens, coniine on achete des statuettes pour les enfants. LAnlhologie contienl des epigrammes dedicaloires ou sont mentionnees de petites images de dieux en argile comme idoles protectrices du foyer ou comme ex-volo consacres dans les sanctuaires. Le role religieux de ces figurines est atteste encore par un des defenseurs du cliristianisme, Lactance, qui raille I habitude pai'enne de consacrer des poupees aux dieux. « On pourrait pardonner cet ainusenient a des petites lilies, dit-il, mais non A des homines

ayantbarbeau menton. » Nous savons, en oulre, qu’a Rome line partie de la tote des Saturnales portait le nom de Sigillaria ; ce jour-la, les inaitres faisaient cadeau a lours serviteurs de figurines en argile ou en cire; on les apporlait comme presents A ses amis pour feter le premier jour de 1 annee. Nous possedons memo des renseignements sur la polyehromie des statuettes. Lucien les depcint toutes baibouillees de rouge et de bleu au dehors, couleur d'argile ou dedans, ce qui est absolument conforme A ce que Ton constate sur les originaux reunis dans les nnisees. Le type

1. four tons les textes t*i les citiilious d < de multiplier ici, je renvoic aux chapitres i du ma these.

mvraffes qu'il est inutile a v de la seconde juirtic

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de la physionomie est parfois decrit. Le mot qui revient le plus souvent est celui de -/.6p*i ou viV<p»i, jeune Idle : il designe habituellement l’ensemble des produits fabriques par les model eurs (coroplastes). II est curieux de remarquer combien ce terme s’accorde bien avec les observalions que nous avons presentees sur la predominance el la persistance de la figure feminine. Lc poete Martial signale des statuettes d’argile a face grotesque, au corps bossu : qu’on se reporte aussi a ce que nous avons dit sur la frequence des personnages grotesques a l’epoque greco-romaine et sous l'Empire. Enfin Acbilles latius fait allusion aux imitations de la grande plastique, cn decrivant un Marsyas pendu a un tronc d’arbre.

Suivant la definition des lexicographes, l’industrie des coroplastes ne comprenait pas seulement des figurines de terre cuite, mais aussi de cire. Si cette matiere ne se rencontre pas dans les tombeaux, c’est qu'elle etait trop facilcment destructible. Mais nous devons mettre sur le meme rang cette categorie et admettre que l’emploi en etait tout a fait semblable a celui des terres cuites. Le pbilosopbe Platon mentionne les coroplastes et les ceroplastes. Le poete comique Euboulos parle d’un Eros aile en cire. lfapres un passage du pseudo-Anacreon, un Amour de ce genre se vendait au prix dune dracbme. On assimile parfois les cires a des jouets; mais souvent on y reconnait des images de divinites et Juvenal specifie qu'on faisait des dieux Lares en cette matiere.

Nous ne trouvons dans les auteurs qu’une seule allusion a l’emploi des statuettes dans les rites funeraires. II est vrai qu’il y est question de figurines en or et en ivoire, et non pas en argile ou en cire; mais, comme il s’agit des obseques d’un personnage considerable, il est permis de penscr que la richesse de la matiere etait destinee a rebausser 1 eclat de la ceremonie, sans que ces offrandes eussent une autre

signification quo les statuettes d’argile ordinaires. Diodore dc Sicile, a propos de la mort d’Hephestion, le lieutenant et l’arai d’Alexandre le Grand, rapporte que chacun des generaux ou des amis du defunt, dans l’intention de complaire au roi, avait fait faire des figurines d'ivoire, d’or et d’autres matieres precieuses, pour les deposer sur le bucher. 11 est regrettable que 1’historien n’ait pas juge a propos d’ajouter un mot sur le sens religieux de ce rite funebre, car il nous aurait epargne bien des recherches laborieuses et des discussions steriles. Nous sommes cependant heureux de noter ce temoignage qui s’ajoule aux autres pour confirmer notre opinion sur les quatre debouches offerts a l’industrie des coroplastcs : jouets d’enfants, dieux Penates, ex-voto religieux, offrandes funeraires.

Si nous passons a un autre ordrc d’informations, aux monuments figures, nous aboutissons a la memo conclusion. Certains bas-reliefs, peintures et monnaies, nous montrent des personnages devant un autel et tenant dans leurs mains etendues des offrandes, parmi lesquelles on remarque de petites idoles. Au nomine des amulettes qu’on attacliait aux arbres sacres, dont le culte fort ancien a persiste en Grace et en Italie jusqu'a une epoque relativement recente, figurent egalement des statuettes. La nature de ces representations ne permet pas de constater si l’on sc trouve en presence d images d’argile; mais, comme nous venous de le voir, la niatiere importait pen el l'intention rcligieuse etait la memo pour tons ces objets. Une identification plus certaine est lournie par deux peintures de vases a figures rouges, de la fin du v siecle ou du debut du iv : on y voit des tablelles peintes et des figurines deposees aupres de fontaines jaillissantes (fig. t)2). La religion antique attacliait un caractere saint aux sources et aux ondes couranles auxijuelles on veuait se desalterer, (miser 1'eau des lustrations, se baigner et se purifier. Un passage

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celebre tie Platon, la promenade do Socrate et cle Phedre aux bords de l’llissus, conlient une description gracieuse de ces sanctuaires rustiques, ordinairement consacres aux Nymphos et aux divinites lluviales. Sur les vases dont nous parlous on distingue parmi les ex-voto des representations de jeunes femmes debout et drapees, d’ephebes nus, absolument semblables aux figurines sorties en si grand nombre des sepultures; la presence des tablettes d'argile nous confirme dans l’idee que lous ces objets proviennent des boutiques de coroplastes. D’autres peintures montrent l’emploi d’amulettes analogues dans l’interieur des maisons, dans des ateliers de fondeurs, conune preservatifs contre les mauvaises influences etles accidents du metier. L usage ties statuettes conune jouets n’est pas moins certain, quand on considere une piece de la Collection Lecuyer (pi. IP, n° 2) qui represente une femme portant un petit enfant; la mere tient dans ses mains une poupee qui reproduit de tous points la physionomie et le costume de 1 enfant : la mode des babys, habilles a 1 instar de lours petits maitres, n’est pas nouvelle. Nous pretons le meme sens a une ligurine de femme assise posee sur le bras d’un Eros volant, dans la collection de Berlin (fig. 90). Nous avons dit que les modeleurs aimaient a inettre entre les mains deces petits dieux certains attributs empruntes aux recreations enfant i ncs, des balles, des petits vases, des sacs a osselcts, etc. On ne s’etonnera pas d’en voir un emporter triomphalement une poupee et Ton notera combien cette poupee minuscule irnite avec fidelite les Tanagreennes. Une recente acquisition du niusee allemand nous montre un Eros tenant de cliaque main une petite statuette qui n’est autre chose que la reduction du dieu enfant lui-meme1. A cette serie on pourrait joindre plusieurs bas-reliefs de marbre ou

1. Jahrbuch des deulschen Instituts, Arch. Anieiyer , 1889, p. 89, vignette.

apparaissent des statuettes entre les mains d’enfants et de jeunes fdles. Ce son! a la fois des jouets et des symholes funeraires, car les sculptures appartiennent a des picrres tombales, elevees sur le tertre d'un mort et rappelant ses divertissements familiers. 11 n’est pas jusqu’aux cadeaux d’aniitie offerts sous la forme de figurines qu’on ne rencontre dans cette serie de monuments. M. Rayet a signale le premier un vase du Musee de Saint-Petersbourg sur lequel est peint une reunion de Bacchantes et de Satyres : un de ceux-ci s’approche d’une femme assise, tenant dans sa main ouverte une petite idole qu’il semble lui offrir comme present amoureux; on remarquera encore la ressemblance de cette image avec les nombreux types recucillis dans les tombeaux de Beotie. Nous trouvons done ici, dans une categoric differente, les memes temoignages sur l’emploi varie des figurines : elles servaient de jouets, d’ex-voto religieux dans les maisons et dans les sanctuaires publics, de symboles funeraires et de cadeaux d’amitift.

Museum, pl.2S.n"3.) T, ...

Une troisiemc source de documents fournit de nouvelles preuves ft l’appui de notre theorie. Ce sont les fouilles elles-memes, quand elles sont pratiquees avec metbode et que les observations recueillies sur le terrain sont consignees dans des comptes rendus scientifiques. II est rare qu’on ait explore l'emplacement d’un sanctuaire antique sans trouver quelques fragments des ex-voto d’argile que les pelerins y avaient apportes : en certains lieux, ils forment de veritables ainoncellements et out faspect de depots regulierement constitues Nous avons dejft explique

Fig. 90.

Eros portant unc poupee.

( Griechische Terra cotlen im Berliner

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ce fait : tors de l’inventaire des richesses rassemblees dans un temple, les pretres rejetaient en dehors de l’enceinte les offrandes considerees comme sans valeur; inais, pour ernpocher la profanation d'objets qui, apres avoir appartenu an dieu, auraient pu etre recueillis par des mains cupides et seraient rentres dans la circulation commerciale, ds les mettaient hors d’usage, ils les brisaient avant de les enfouir dans de vastes fosses. De la l’existence de ces couches superposees de tcrres cuites en morceaux qu’on signale a Larnaca, dansl’ile de Chypre, et h Tegee, dans le Peloponnese. Nous mettons hors de cause le depot de Tarse, en Cilicie, qui est considere plulot comme le produit de rebuts de fabriques. Voici d’ailleurs une liste des principaux emplacements on l’on a recueilli des restes d’cx-voto d'argile dans le voisinage d’un temple : a Athenes, sur la pente de l’Acropole, pres du temple d’Esculape, et sur le soramet de la citadelle, pres du Parthenon et des Propylees; a Eleusis,pres du temple des Grandes Deesses; en Beotie, pres du temple d’Apollon Ptoos; a Epidaure, pres du temple d’Esculape; aElatec pres du temple de Minerve; a Mantinee, a Tegee, pres du temple de Demeter; a Olympie, pres du temple do Junon; a Dodone, prfcs du sanctuaire primitif de Jupiter; a Corfou, dans les environs d’un temple de Diane; d Delos, pres du temple des divinites etrangeres; en Asie, h Cnide et a llalicarnasse, pres des temples de Demeter; a Novum Ilium, en Troade; a Larnaca, dans Pile de Chypre; en Italie, a Tarente, Preneste, Gapoue, Psestum, etc. La majority des statuettes recueillies sur ces emplacements ont un caractere particulier d’ex-voto : elles rentrent dans la categoric des figurines fabriquees pour une destination speciale; elles sont fagonnees par centaines et poussees a la hate dans un moule unique, afin de satisfaire aux demandes des nombreux pelerins qui voulaient laisser un souvenir de leur passage dans le lieu consacre. La plupart sont restees

brutes au sortir do la matrice. Elies reproduisent a satiete un sujet uniforme, oil Eon rcconnait les traits de la principale divinite adoree dans la localite. A cet egard, elles se distinguent assez facilement des terres cuiles funeraires. Cependant il ne faudrait pas supposer une demarcation absolument tranchee entre les deux categories. Bien des statuettes de Demeter, trouvees a Eleusis, a Cnide, a Tegee, sont tout a fait semblables a celles du meme type que Eon rencontre dans les sepultures. De meme, on aurait tort de croire que les statuettes de la classe neutre, riche en motifs familiers, ne prennent pas aussi bien place parmi les ex-voto d un temple que dans le mobilier d un tombeau. Les terres cuiles de Tegee et de Larnaca represented parfois des guerriers, des epbebes, des femmes drap£es, des danseuses, des grotesques, sans relation directe avec le culte d’une divinite. L’exemple le plus instructif, a cet egard, est fourni par les trouvailles de M. Paris a Elatee'. On remarque, parmi les fragments publies dans le Bulletin de Correspondance hellenique s, un assez grand noinbre de tetes de femmes, coiffees et voilees a la facon tanagreenne, des visages d epbebes imberbes, des grotesques, qui ne dillerent en aucune facon des types connus par les fouilles des necropoles grecques (fig. 91). On peut done affirmer (ju au iv" siicle et au hi®, comme anterieurement au vi" et au v', 1 ornementation des sanctuaires et celle des toinbes admettait des offrandes identiques. La seule diflelence est que les types purement religieux sont plus frequents dans les sanctuaires, les types funeraires ou de genie neutre plus nombreux dans les sepultures, ce qui est parfaitement logique.

1. Cette decouverte a on lieu Diese, ot j ai etc fort heureux il’y tie ma tlu’orie.

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