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deux ans ajiies la publication dc ma trouver une continuation inattendue
>1. Ill, IV, V.
LA DESTINATION DES TERRES CUITES
Examinons maintenant l’ameubleraent desmaisons particulieres, compare a celui des tombeaux. La demonstration la plus claire cst donnee par les monuments de Pompei, ](< seul endroit oil l’on puisse trouver des renseignements abondants et certains stir l’aspect interieur des habitations. Des images d’enfants mis, remplissant chacun une niche creusee dans le mur, decoraient le pourtour d un petit jardin. Dans la maison de Julia Felix, on a constate la presence
Fig-. 91. — Torres cuites trouvees sur l'emplacement dun temple
a Elatee.
(Extrait do 1 'Histoire des Grecs de Duruy, in, p. 216.)
de dix-huit niches semblables, espacees sur les parois d’un vestibule et contenant des petits Hermes en marbre on des statuettes d’argile : celles-ci ne depassent pas la hauteur moyenne des figurines et represented cn general des types grotesques; on v remarque un groupe reproduisant le sujet celebre de la Charite romaine. Dans la maison de Liicrec.e, l’association des idoles d’argile aux dieux Penates apparait sous un jour plus clair : une niche contenait cinq statuettes de divinites en bronze, la For-
tune, Isis, Hercule, deux images do Jupiter et, de plus, un buste en lerre cuile de jeune enfant avec la bulla an cou. Dans une maison plus petite et d’apparence pauvre, memo laraire en forme de niche, avec deux statuettes de bronze (Diane et un cavalier) melees a d’autres en terre cuite (tete de deesse, femme avec son nourrisson, petits masques de Meduse et d’enfants)1. Signalons enfin quelques images de divinites en argile, une Minerve et un Esculape a Pompei, une Venus et un Mercure a llerculanum. Si l’on doutait encore du caractere religicux de ces idoles, de leur droit au litre de Penates on de Lares, toute hesitation cesserait en presence dune funebre decouverte faite au cours des fouilles pompeiennes : un cadavre d'homme fut trouve, serrant dans sa main crispee une petite figurine d'argile avec une poignee de monnaies el quelques bracelets. G’est tout ce que le malheureux avait reussi a emporter de plus precieux au moment de la catastrophe : sa fortune et son dieu hare. Pres d’un autre corps, celui d'une femme, on a recueilli une statuette de deesse nourrice.
Admettra-t-on, d'apres ces fails, que les terres cuites recueillies dans les maisons de Pompei aient eu, en general, un caractere bien defini d’idoles protectrices?Alorsil ne resle plus qu’a montrer en quoi elles different ou se rapprochent des terres cuites funeraires. La demonstration sera plus rigoureuse, si nous prenons comme point de comparaison les figurines recueillies dans les sepultures des Pompeiens oux-memes. Un seul de ces objets suffirait k trancher la question : cost un masque de jeune homme aux cheveux boucles, coifie d un bonnet pointu, qu’ou a recueilli en double exemplaire, Pun dans une tombe, l’autre dans la maison d hpidius ltufus. Peut-on exiger une prcuve plus
( V.’y- S representations d(> ces laraires, faites d’apres nature a
roinpei, dans \ Ilistoire des llnniaini de Duruv, tome vn. p. 510, 511.
LA DESTINATION DES TERRES CUITES
formolle de la similitude entre les amulettes protectrices des habitations et les offrandes funeraires? Nous ajouterons que, dans l’ensemble, les statuettes sorties de la necropole pompeienne ne different en aucune far on des types que nous venons d’etudier plus baut a propos de l’omementation des maisons. Nous y constatons le meme melange de motifs religieux et familiers, des figures de Mars, deMercure, a cote de gladiateurs, d’esclaves, d’animaux, etc. Toutesles observations qui precedent nous amenent done a renouveler pour la troisieme fois noire conclusion. II y a peu de terres cuites specialement funeraires; I’emploi general de ces objets est applicable a tous les besoins de la vie religieuse, qu'elle se rapporte aux vivants, aux dieux ou aux morts.
Ce principe line fois etabli, il est facile d’en deduire les consequences et de montrer eombien celles-ci laissent subsister peu d’obscurites dans l’interpretation des terres cuites. L’industriel reste dans la sphere modeste de son metier; il ne songe qua creer le plus grand nombre de motifs agreables a sa clientele et capables de satisfaire a tous les desirs. 11 n’a ni les conceptions profondes d’un pbilosopbe, ni la science erudite d’un theologien. En faconnant ses figurines dans son bumble boutique, il ne songe ni a la vie des elus dans les Champs Elyseens, ni aux doctrines des Mysteres, ni aux temps heroiques oil Ton sacrifiait des victimes humaines. Nous en avons d’ailleurs trouve une preuve formelle dans les inscriptions gravees sur les ailes des statuettes myrineennes1. L’ouvrier, oblige de modeler un grand nombre de types semblables et voulant eviter de se tromper dans l’ajustage des pieces prSparees, a parfois note d’un signe conventionnel les ailes d’un personnage, en repetant la memo marque au revers de la figurine. C’est