‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 19 sur 133 · I. Ileuzey, Figurines , pi. 13, fig · texte numérisé non relu

I. Ileuzey, Figurines , pi. 13, fig

dans une villa preferec. Ms ont laurs proteges qni peuvent compter snr laur hienvaillance, quoique jalousa el cxclusive. Ce n’est pas encore la regne de la justice, c’ast deja cclui de l'affaction, ce qui est un grand progres, mama avec das formes brulales. II y a dans VOdyssee das dialogues adorables entra Minerva at Ulysse : alia lui sourit, alle lui porte ses armes, alia lui carasse la tete, alia l’eclaire dans un escalier. Cast une amia volontaire at despotique, mais une amie. Cette detente heureuse de l’esprit humain s’est traduite sous le cisaau du statuaire at sous las doigts du modeleur par la sourire malhabile qui eclbt aux lavras de la divinite acueillant la devot au seuil da son temple. La religion ast transformee et purifiee par la plus grande pensae qu’on y ait mise, calla de l’amourjla haute parole da Jesus ne fara qua donner une darnierc et definitive sanction a ce dogma bienfaisant, place desormais la base da toute croyance raligieusa. Voila ce qu’il y a dans la sourire divinement gauche das premieres idolas grecques : il annonce au monde qua l’entente est faita entra la ciel at la terre.

La genie grec n'a pas borne la ses heureuses inventions. Quandon passe an revue les oeuvres das siecles qui precedent, on est frappa da l’insuffisanca d'execution dans It's draperies posaas sur le corps. Ni las Kgyptiens, ni las Chaldeans, ni las Assyrians, dans la plastique anterieure au vi° siacla avail! noire ere, n’ont raussi a vaincra la difficulte qu’offrail a laurs efforts radheranca da I'etoffa au corps vivant. La contrasta das parlies plaqueas sur la chair at das plis libras at mobiles ast ordinairamant supprim^ de parti pris on ebaucha sans grdca : la forme humaina, amprisonnea dans une alroite gaina, pa rail hahillaa d’une chape de plomb qui l'ensarra et ses rondeurs sa dagagant da l'ensambla dans une quasi-nudita qui daconcerle 1'mil. Das qua las artistes gri'cs s’altaquant au problame jusqu'alors insoluble, on

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sent qu’ils marchent pas a pas vers une formule definitive et precise. Toute une serie de terres cuites rhodiennes permet do suivre le progres realise, depuis l’idole assise avec son lourd velement (fig. 15), jusqu a la deesse debout et relevant d’une main, par un geste d’une grace toute feminine, le bord pendant de sa longue tunique coquettement drapee (fig. 14).

Cette derniere figurine est encore tout empreinte d’un archai'sme gauche et naif. Et pourtant, que de science conquise a force de patience et d’adresse dans les fines ondulations courant autourdu sein et sur le bras, pres de l’aisselle, dans les cassures raides et symetriques de l’etofife rabattue sur la ceinture, dans les vagues sinuosites recouvrant la cuisse et indiquant un leger mouvementpour avancer la jambe! 11 n'est aucun de ces details qui ne se reproduise sur le modele vivant, quand on le drape, aucune partie du cos- Fig. 13. — Deesse assise, tume qui ne soit scrupuleusement style rhodien. exacte. Avec cesidoles si simples et lIleuzoy’ pL 11

encore si raides on pourrait reconstituer la forme du vetement grec, tel que l’artiste l'avait sous les yeux.

Grace aux memos statuettes, nous possedonsles elements d’une autre histoire, non moins curieuse que celle du costume : l’liistoire des gestes. L’infinie yariete dcs oeuvres d’art aujourd’bui connues nous empeche de comprendre la difficulty qu it y avail dans la plaslique primitive a creer une attitude, un mouvement du corps, si naturels qu’ils fussent. L’ecueil redoutable pour un artiste moderne, c’esl

de tomber dans la repetition des types trop connus, des figures d’atelier devenues conventionnelles, et de faire, comme on dit, du poncif. Le seulpteur des premiers Ages n’avait pas cette gene, inais d’autres obstacles plus enibarrassantsle genaient. Comment indiquerle mouvement de la marche on de la course? Comment faire une deesse ailee et volant dans les airs? Comment meme separer les bras du corps ou les jambes l’une de l’autre, sans rompre l’equilibrc de 1’ ensemble? Toutes ces questions, qui paraissent elementaires, ont exige de nombreuses ann6es d'etudes et de recherches. Une des plus precieuses qualites de l’esprit grec, e’est de proceder avec methode et lenteur, sans coinpromettre par une hate inconsideree les resultats acquis, Ce n’est pas la soudaine intuition dun genie hasardeux qui 1 a conduit aux merveilleuses creations du siecle de Phidias : la patience et la reflexion seules 1’ont rendu maitre de tous les procedes techniques et de toutes les formulesartistiques.

M. Homolle, dans une these soutenue en Sorbonne1, a fait l’histoire dun seul geste, cel u i de la main relevant le pli de la tunique, et il l’a suivi pendant la duree d’un siecle et demi, au moyen de sculptures recueillies dans ses fouilles de Delos. 11 a montre que l’idolc primitive a les bras colles au corps et les jambes reunies en gaine; plus tard, le seulpteur evide en certains points la pierre entre les bras et le corps, afm d’indiquer la separation. Ensuite un des bras se replie au coude et la main se porte en avant, comme pour recevoir l'otfrande du tidele; par une loi d equilibre naturel, un des pieds se porte en inAme temps en avant; puis le bras continuant son mouvement se pose sur la poitrine, contre laquelle la main serre un accessoire, Iruit ou oiseau. Enfin le second bras, a son tour, abandonne son attitude rigide : sans quitter sa position lelongdu corps, il se releve

1 Dc auliiiui'tiiiiii* Dimin' simulacris deliacin , Paris, ISSj.

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Ires legerement, permetlant a la main de prendre le bord de la t unique et de le soulever, defagon a degager lcs picds nus. Telle est la genese laborieuse d’une figure de deesse debout, serrant contre elle un symbole sacre el prete a se mettre on marche (fig. 14). 11 sera it facile de multiplier les exemples du meme genre pour montrer la lente formation de tous les motifs classiques de la sculpture. Les figurines sont a cet egard une mine inepuisable de renseignements.

Expression dans la physionomie, souplesse dans les draperies, variete dans les gestes : voila les conquetes du genie bellenique quand il entre en scene, voila ce qui distingue d’abord le style grec.

Nous verrons dans le cbapitre suivant le developpement logique, le perfectionnement progressif de ces principes.

L’examen des figurines trouvees en Grece meme complete la demonstration et aclieve de donner raison a la these soutenue par M. Ileuzey; dies offrent exactement les caracteres notes dans la ceramique des iles greco-orientales. En Attique, en Beotie, a Tiryntbe, a Tegee, a Salamine, a Egine1, on rencontre tres frequemment les deux types que la sculpture avait rendus classiques a cette epoque : la deesse assise sur un trone, les mains appuyees sur les genoux, dans Eattitude qu’c.. connait depuis longtemps par les statues celebi-es des

tig. 14. — Deesse tenant la Colombo, style rhodien.

(Ileuzey, ouvr. citi, pi. 12, in S.)

on

t. Voy. le Catalogue, des figurines en lerre cuilc du Musee de la ooadtc archiologique d'Athcnes, par M. J. Martha.

Brancliides a Milet (fig. 15); la deesse debout, tenant dune main line fleur ou un oiseau contre sa poitrine, relevant de 1’ autre main le pli de sa tunique, telles que sont encore representees en marbre les Dianes de Delos ou les Minerves arebaiques de l'Acropole d'Athenes (lig. 14).

Cette double creation defraye presque a elle seule l’imagerie religieuse des pays grecs pendant toute la duree du VIe si^cle et le commencement du v°. De quel nom doit-on I’appeler? C’est ce qu’il est difficile de preciser. Dans ce type primordial se confondent les principes mytbiques d'oii sc degageront peu a peu les figures de Demeter ou Ceres, de Core ou Proserpine, d’Aphrodite ou Venus. Cost l’embleine de la fecondite eternelle, de la nature an sein profond oil s’agite une vie sans cesse renouvelee. Par la chainc ininterrompue des fetiches primilifs dont nous avons parle, elle se rattache a la cosmogonic orientale; en elle revivent les traits alteres des deesses meres que lT.gypte, la Phenicie, la Perse et la Babylonie adoraient sous les minis varies d'Isis, de Tanit, d Anaitis, d Istar. La (irece a son tour ebauche les traits de la grande divinite qui resume la puissance sereine et la beaute de 1 univers. Plus tard, distinguant les caracteres de ce type unique, les sculpteurs creeront une serie d’individualites qui seront coniine la monnaie de la premiere conception, qui auront cliacune un role de protection speciale sur les vivants ou sur les morts : alors le suppliant elevera sa priere vers 1 autel des Grandes Deesses, gardiennes des my stores, ou vers la statue de la radieuse Aphrodite, symbole di' l’amour. Mais au point oil nous en sommes, ce morcellement n est pas encore accompli ; c’est le nom le plus vague, le plus etendu, qui conviendrait le mieux ii ces petites idoles, ou plutol tons les minis de deesses-meres lour appartiennent. idles n’imposent par elles-memes aucune denomination precise au lidele qui en fait oll'rande dans les temples el dans les

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tombeaux. Suivant son coeur, suivant. sa religion preferee, suivant les legendes dn pays qu'il habite, il 1 es nonnnera Demeter, on Cybele, ou Astarte, on Aphrodite.

La meme incertitude regne dans toule la plastique du vie siecle. C’est une grande qucrelle entre archeologues de savoirsi les torses archaiques d’hommes nus, decouverts dans les iles et en Grece, representent des Apollons ou des morts heroises1. Une discussion analogue a surgi, des que les fouilles recentes del’Acropole d’Alhenes out eu livreune douzaine de statues feminines, toutes debout et drapees, sans symbole ni accessoire precis2 : femmes, pretresses ou dresses? s’est-on demande. Le probleme,a notre avis, n’est pas soluble, taut qu’on voudra placer toutes ces oeuvres d art sous une seule et meme etiquette. La verite est que 1 art du vr siecle n’avait a sa disposition que trois ou quatre formules pour reproduce tous les sujets de la vie reelle et de la religion. Qu il eut a laire un athlete vainqueur ou un Apollon, le statuaire aboutissait necessairement a l’execution d line figure nue, modelee d’apres les memes principes et dans une pose presque invariable. Si l’on avait demande au meme artiste de faire une Diane pour le sancluaire de Delos et une Minerve pour 1'AcropoIe d'Athenes, il est probable que les deux idoles eussent ete sensiblement pareilles. De la vient qu’on peut discuter sans fin sur la qualification des statues grecques archaiques. La pensee du statuaire et celle du donateur etaient certainement precises; on voit bien, par les inscriptions des piedestaux, quand dies nous sonl conservees, ii quelle divinite l’offrande etait faite. Mais, en l'absence d'une indication ainsi concue,

1. Voy. 1 article de M. Collignon dans la Gazelle avclicologiauc 1 880, p. 259.

2. Voy. l’article paru sous la signature Theoxenou (Doublet) dans la Gazette archdologvjue, 1888, p. 28-48, 82-102, et un arliclede M. Collignon dans la lleuue des Dea r Monties, fevi ier 1890.

nous devons souvent nous resigner a ignorer le nom exact d’une figure archaique.

Tel est aussi le sort des idoles raodelees on argile : comme celui des statues, leur nom pouvait varior d un pays a l’autre. Cc qu’il importe de constater, cost quo les memos types sont repandus partout ct sous une forme qui se reproduit a pen pres identique en tous lieux. Cette circonstance donnerait a croire quo les moules out voyage de bonne heure, repandus par le commerce. Ainsi s explique naturellement le fait quo beaucoup de terres cuites presented l’aspect le plus semblable dans des regions fort eloignees les unes des autres. I, 'argile seule diflere, parce qu’elle provient des gisements particuliers a chaque locality ; mais tous les details de la phvsionomie, du corps et du costume, sont les memos, parce que le moule a ete importe d un centre grec. C’est ainsi qu’en Cyrenaique, en Asie Mineure, en Sardaigne, en Sicile et en Italic, nous rencontrons les motifs de la deesse assise et de la deesse debout sous des traits pareils a ceux qu’on leur donne en Attique et dans le Peloponnese. Cette circonstance atteste la grande diffusion des objets cferamiques par le cabotage maritime et la frequence des relations commerciales outre toutes les populations du bassin mdditerranAen.

Une seconde question se pose. D’ou vient que les idoles feminines sont en nombre si considerable, tandis que les dieux el les liommes sont a peine represents jusqu'a present? Ce fait devient de plus en plus frappant, a mesure que le style grec grandit et prospere. Les petits cavaliers, les guerriers, les images du dieu lies des Ages precedents disparaissent : tout cede a Uinvasion des figures feminines qui foisonnent et dont on trouve souvent de nombreux exemplaires reunis dans le memo tombeau. 11 est probable que cotie particularity tient a des raisons multiples. Nous avons montre que, des les origines. quand la ceramique

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s’efforce tic maintenir l’union intime de la poterie et de la statuette, c’est le corps feminin qui sollicite de preference l’attention des modeleurs. 11 y a la une predilection artistique qu’expliquent la beaute plus ample des formes et la grace de la physionomie. L’Orient y mele bientot line idee religieuse en faisant de l’idole feminine 1’ image de la fecondite universelle. Le genie grec etait par temperament trop philosophique et trop amoureux du beau pour oublier cette double doctrine contenue dans les oeuvres des precedentes civilisations. Le type de la deesse mere resume l’essence pantheiste de sa religion qui, dans la variete multiple des divinites olympiennes, ne perd jamais de vue 1' unite de la force agissante. En outre, les yeux de ses artistes sont plus sensibles que d’autres au charme des attitudes feminines. Dans leur effort perseverant pour rendre les effets des draperies, c'est au modele feminin surtout qu’ils se referent, tandis que la nudite habituelle des bommes offre au ciseau du statuaire des difficultes serieuses dont il n’a pas encore appris a triompher. La religion et l’art sont done d’accord pour attribuer aux representations de la femme un role preponderant. Cette observation s’applique d’ailleurs it tons les temps. N’en avons-nous pas la preuve de nos jours? Les artistes du moyen age et de la Renaissance, comme les fabricants d'ex-voto et les modeleurs modernes, n’ont-ils pas fait une situation hors de pair aux figures de la Vierge, jusqu’au point d’amoindrir et de releguer dans l’ombre tous les autres symboles divins? Qu’est-ce autre chose que le desir naturel a l’esprit humain d’elever sa priere vers la forme la plus pure et la plus ideale, en qui s’allient la grace et la bonte? L’antiquite grecque n’a pas senti autrement et, si Lon est fort surpris au premier abord de constater l’absence de Jupiter, d’ Apollon, de Mercure, de Mars, des plus grands dieux de rOlympe, dans le cycle familier des idoles helleniques, on

s’explique par la reflexion cos apparents oublis commp l’6cho d’un sentiment profondement religieux et no d'une source tres pure.

Ajoutons que l’industrie ceramique a son principal debouche dans le culte funeraire et que, par suite, l’elimination d’un grand nombre de divinites s’iniposait aux ouvriers attentifs a satisfaire les desirs ct les besoins de leur clientele. S'il est vrai qu'on ne rencontre pas ici des dieux, il faut reconnaitre (pie beaucoup de deesscs manquent ;i l’appel : nous ne voyons rien qui indique une .lunon ni line Amphitrite; Minerve ineme apparait rarement. Cost que la religion des morts a des rites speciaux, des affinites parliculieres avec le culte des divinites cbthoniennes et infernales. A cet egard, les images de Demeter, de Proserpine, de Venus Astarte, repondaient a des sentiments bien definis et communs £i toute la societe dans n’iinporte quelle region. Nous verrons plus tard (pie Bacchus, en vertu de son alliance avec Proserpine et de ses accointances mystiques avec le monde des morts, beneficie de la vogue qui s’attachait aux representations des grandes deosses. (Test pourquoi les necropolos livrent en plus grande quantile les figurines de ce genre. Mais la contre-epreuve est facile a faire. Quand les fouilles sont pratiquees sur un terrain autre qu’une necropole, quand on decouvre des amas de fragments qui sont les dechets d’un atelier on le reste des offrandes deposees dans un sanctuaire, on constate que les types ne sont plus tout a fait les monies et l’on voit reparaitre les figures ordinairement proscrites des sepultures. Par exemple, tout recemment, un membre de l’ecole d’Atht-nes, M. Lechat, faisant des fouilles a Corfou, a mis au jour une serie ties nombreuse de statuettes, simplemenl enfouies en terre, qui montrent sous des trails archaiques la deesse Diane armee d’un arc et escortee d’une bicbc. On connaissait deja le riche depot des ex-voto accumules a

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Toronto qni so compose presque uniquement de figures

Ei°;. 15. — Tote do Minorve, Irouvee sur l’Acropole d’Alhenos. (D’apres line photographies

vi riles 1 , depuis l’archaisme primitif jusqu’a l’epanouis-

I. Gazette archeologique, 1881-82, p. 105; Annali <\eU' Institute archeologico, 1883, p. 101.

sement du style classique et pur (fig. 67). 11 n’y a done pas de regie qui exclue la representation d’aucun dieu1. Co serait meconnaitre la liberte et la souplesse de l'art gree que de supposer une telle loi. Mais nous avons ehcrche a expliquer pourquoi, en general et par une sorte d’instinet, on recherche de preference les figures de femmes et comment cette predilection satisfait en meme temps les gouts artisliques et les sentiments religieux de l’epoque.

La fin du vie siecle et le debut du v" sont employes a perfectionner sur tons les points du monde aneien l’oeuvre elaborec par les modeleurs de la Grece continentale et des iles. La Cyrenaique utilise les monies exportes par les ateliers grecs et execute avec beaucoup d'habilete le type classique de la deesse debout tenant le bord de son vetement*. La Sicile surtout produit de tr£s belles figurines, dignes d’etre placees a cote des meilleures pieces attiques (fig. 64). Les statuettes gagnent en grandeur; on sent que le ceramiste, stimuli' par la vue des modifies plastiques qui Lentourent, s’efforce de se hausser a leur taille et de donner de plusen plus l’illusion de la vieense rapproehant davantage des proportions naturelles du corps. Les Attiques out e.u sans doute Linitiative de ce progres, car dans les decombres de l’Acropole, anterieurs aux guerres Mddiques, on a recueilli quelques fragments deja remarquables par leur taille. La tote de femme, probablement de Minerve, que nous donnons en exemple (fig. 15), appartient a cette seriealhenienne (haut. 0,145) : l’obliquite des yeux et le relroussis des levres, la saillie osseuse des pommettes indiquent encore rarchaisme d un style qui tatonne et lutte patiemment contre la matiere rebelle. Mais combien penetrante et fine est l’elude du modele, si on la compare aux tentatives

1. Voy. aussi la rcpirsenlalion il<* Mercure (flormds Criophorc) on Sicile; KekulA, TerriicoUen von Sirilivn, pi. r>, fjjf . 5.

‘2. Iteuiey, I'igurinrs, pi. HI lljf. “I.

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pr ecedentes; avec quelle harmonie le sourire se fond dans l’ensernble, sans gaucherie niaise el sans crispation; quelle intensity d’expression dans les prnnelles soulignees par des traits de couleur noire; quelle elegance dans le haul diademe aux palmettes nuancees de bleu el de rouge! Deja tressai lie ici le gerrne quis’epanouiraau temps de Pericles el de Pbidias. Gomme les admirables statues de deesses polychromes qui proviennent des memes trouvailles, ce morceau d’argile peinte est la promesse d’une victoire prochaine et certaine pour Part.

Le meme souffle fecond passe a travel’s tout le monde ancien, des confins de la Perse jusqu’aux rivages de l’llalie. Les grands travaux de Darius, poursuivis par ses successeurs, pour elever les habitations royales de Suse et de Persepolis, son! conti es a des Grecs d’lonie, comme le prouve le style des frises en terre cuite einaillee rapportees an Louvre par la mission Dieulafoy1 2; rappelons aussi la mention faite par Pline d’un certain Telephanes de Phocee qui fut embauche pour lecompte des souverains asiatiques et travailla dans lours ateliers*. En Grece meme, on s’efforce d'elever l’industrie ceramique a ladignite d’un art veritable ; on grandit les maquettes, on leur donne Paspect de statues imposantes. Les fouilles d'Olympie ont fait connaitre d’interessants specimens en ce genre, parmi lesquels on remarque surtout une belle fflte de Jupiter aux cheveux masses en boucles sur le baut du front et ceints d’une bandelette (fig. 10). Quelques ffltes colossales, dont le Louvre possede les precieux debris, altestent qu’a Cbypre les modeleurs s’essayaient de meme a executor des terres cuiles de dimensions inusitees3. A la meme periode nous rattaclions les

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