Pausanias, u, II, 5: cf. vm
O. Heuzey el Dauinet. Mission de Macedoine, pi. 2, lip-. 5. Yov. aussi Catalofjur. p. 433-2^1.
LE STYLE ATTIQUE
exemples prouvent qu'il y avail li un usage assez repandu dans la plastique religieuse; il cst tout naturel qu’il so soit etendu ensuite aux ex-voto de terre cuite. Le specimen quo nous reproduisons ici (fig. 21) a ete decouvert dans la necropole d’Abae, en Phocide. Nous avons supprime le bas du masque, oil le raccourci trop grele des bras, defaut commun a la plupart de ces bustes, produit un facheux
Fig. 21. — Masque dc Demeter.
Bulletin de Conrespondance helleniquc, 1886, pi. 10.)
effot. Mais la tide est remarquable par la purete des lignes et l’expression serieuse de la physionomie; l’ampleur du voile encadrant le visage ajoute a l’aspect melancolique de cette belle figure, qui pent donner uiie juste idee du style majestueux et grave inlroduit dans fart vers le milieu du ve siecle. Des masques analogues out ete recueillis dans un grand nombre de necropolcs grecques, en Beotie, en Phocide, dans la Locride Opontienne, a Milo, on
Sidle, a Rhodes, on Asie Mineure, et jusqu’en Crimee1.
Pour I'etude du type do. Core ou Proserpine, le Louvre contient une piece precieuse parce qu’elle exprime mieux que toute autre la viontee (avoSo?) de la deesse a la surface de la terre. Pile a ete publiee parM. Rayet, qui la conserved autrefois dans sa collection2. Cost une statuette entiere, coupee aux genoux, et non point un simple masque. La tete est charmante de jeunesse et exprime, avec une grace serieuse on I’on sent encore une pointe d’arcliaisme, l'etonnement de la vierge rendue a la lumiere ; une draperie aux plis rigides colie au huste dont elle indique a peine les rondcurs; les deux bras, au lieu d'etre ramenes sur la poitrine ainsi que dans les masques similaires, retombent le long des flancs, comine si le personnage sortait reellement dune ouverture etroite, d’une sorte de puits pratique en terre; les mains memes ne sont point encore visibles et semblent cachees par le rebord de la fosse. La jeune deesse surgit. semblable a une flour merveilleuse et son attitude lend d une facon aussi exacte (pie possible l etrangete de 1 apparition. Ajoutons que la peinture de vases s’est a son tour cmparee de ce gracieux motif et qu’elle en a fait un sujet de composition assez frequent dans les oeuvres qui avoisinent la tin du v1' et le debut du ive siecle3.
Dionysos ou Bacchus so presente sous un aspect encore him eloigne de la figure classique reproduite par les nombreuses statues de lepoque greco-romaine. La conception du (lieu imherht* aux formes molles et ambigues, a peine viriles, aux attitudes nonchalantes, n’est pas encore n6e.
1. \ey. Peltier et Reinach, NSrropole tie Myrina, pi. 27, 2, p. 587 (>t les notes.
• d"Tch<,(,lo9'e ft d'art, publiees par S. Reinach,
* . J'11- Dumont et Chaplain, Ciramiques , n. pi 4 |iK \
... Voy. Amwl, dell hisiiiuto, 1884, 205 et sniv., pi u N Le
type de (.ore sons forme de masque roup* se retrouve jusqu'en SardaiKne; Annul t dell W , 1885, p|. |i j
LE STYLE ATTIQUE. G5
Le Bacchus du ve siecle est toujours un homme barbu, dans la force de l’age, au corps puissant et parfois un pen lourd. Tels nous apparaissent les busies funeraires qui le representent et qui proviennent surtout de Tanagre1. Une epaisse couronne, entouree d’un large ruban qu’on appelle lemnisque, est posee sur sa tete; la physionomie serieuse et presque triste, la barbe drue et largemcnt deployee, lui donnent un air de ressemblance avec le dieu des Enfers, Hades ou Pluton, dont il est le remplaqant. 11 tient dune main l'oeuf qui jouait sans doute un role dans les symboles cosmiques des Mysteres, et de l’autre un canthare, vase a boire le vin, qui rappelle plus specialement ses attributions antiques.
A cdte de cette trinite devenue populaire dans le culte funeraire des Hellenes, on peut citer, comme un type plus rare et conqu par analogie avec les precedents, certains masques d Athene ou Mincrve. Le Louvre en possede un bel exemplaire qu’on dit trouve a Lebadee, dans la Beotie septentrionale2. La tete d iff ere peu de celle de Demeter: ilk n a point de casque, mais un diademc d’ou s’echappent les cheveux qui retombent en nappe ondulee sur les epaules. L atti ibut caracterislique de la deesse est l egide appliquee sur la poitrine, avec la tete liideuse de la Gorgone au centre. Les bras, coupes a la hauteur des coudes, prouvent qu on a voulu aussi reproduire une figure sortant de terre. L’idee dune Athene funeraire peut sembler assez bizarre au premier abord. Mais il ne faut pas oublier que Minerve est, dans la plus ancienne religion attique, une divinite agricole ; sous le nom de deesse Tritonienne ou nee des eaux, elle preside aux fetes printanieres des Skirophories et des Ei 1 hephories. Elle nest done pas sans accointances