‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 31 sur 133 · Heuxey, Figurines, pi. 20 I), 27 I, r · texte numérisé non relu

Heuxey, Figurines, pi. 20 I), 27 I, r

Eig. 3i. — X.'cnkohjli *, groupe do Tanagre.

PERIODS TANAGREENNE. 91

dames lurques s’entortillent dans leur fere dye, de maniere a ne laisser voir que les yeux1? « Elies portent line chaus-

sure mince, basse et etroite, dc couleur rouge; ces hotlines sont si bien lacees que le pied semble presque nu. » Tous ceux qui out examine des terres cuites de Tanagre savent que la tranche rouge du soulier souligne ordinairement le bord blanc de

la tunique qu’elle depasse un peu. « Leurs cbeveux, poursuit E auteur, sont blonds, ramenes en touffe sur le sommet de la tete; les indigenes donnent a cette coiffure le nom de Xaprad- 6tov, petite lampe. » On a souvent note, en effet, sur les statuettes des traces de couleur rougeatre et jaune qui sont destinees a rendre les effets d’une chevelure rousse ou blonde, genre de beaute plus rare en Grece que partout ailleurs et par consequent fort apprecie.

La touffe de cbeveux redresses au sommet de la tete existe dans quelques figurines, en particular de jeunes filles : il est probable que les medics frisees et ebouriffees de la partie la plus elevee avaient fait naitre la comparaison avec la flamme onduleuse d’une lampe ou d’une torche

l’ig. 35.

Ephebc de Tanagre.

[Gazette, archtologique , 1883, pi. 21.)

1. Les terres cuites de Thebes reproduisent d'ailleurs, coniine cellos de Tanagre, cet arrangement de draperie ; voy. la Collection Lecuyer,

pi. S.

allumee. Cette mode est plus souvent encore visible sur les peintures de vases1 2 *.

On voit combien ces temoignages sont precieux pour nous. 11s viennent d un auteur qui vivait dans la premiere moitie du me siecle, a l’epoque memo oil florissait la fabrique dont nous nous occupons. Ce qu'il a vu alors correspond parfaitement a ce que nous voyons aujourd’hui dans les vitrines de nos musees. Nous ne faisons done pas une hypothese en interpretant ces statuettes cominc les portraits monies des Beotiennes que le geographe admirait en passant : je prends le mot portrait dans le seul sens compatible avec les prineipes de 1’art liellenique a cette epoque, e’esf-a-dire la reproduction ideale des traits et du costume particuliers a une race, et non pas l’dtude minutieuse de la pbysionomie cliez des individus isoles.

Si nombreux quesoit le bataillon feminin dans cette arrnee de figurines sortie des entrailles du sol beolien, il ne faut pas oublier qu’on y coinpte quelques representants de l'element masculin. Les jeunes filles ont des compagnons de lour age on plus petits encore, qui semelentaux memos jeux et rival isent avec dies de grace et de legerete. La troupe des enl'ants armes de lours ballons, de leurs sacs a osselets, de leurs cages a coq (fig. 55), les unsjouant avec un lievre. d’autres avec un petit chien, ou avec un masque de theatre, assis par lerre ou sur un escabeau earro, a cheval sur lour dada ou sur une oie grasse de tournure comique, toules ces images ebarmantes du monde enfantin sont rendues avec unesouplesse et un esprit ininiitables*. Puis viennent les epbebes dans d(‘s attitudes plus poseos, livres a des occupations serieuses, cominc la lecture5. L liomme ajqiarait encore rarement dans cette societe en diminutif. On

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