Voy. la Collection Lecuyec, pi. UJ
o. Ibid., pi. U*.
peut cependant riers portant chlamyde agrafee sur l’epaulc, de l’hoplite grec en campagne. La persistance du cidte dionysiaque, destine a prendre line extension de plus en plus grande dans les offrandes funeraires, s’accuse par la presence des Satyres et des Silenes, d’un type plus adouci, moins burlesque, que leurs predecesseurs du ve et du vr' siecle1. On voit aussi s'introduire a cette epoque une classe de figurines qui se multipliera rapidement dans la suite : c’est l’escorte ailee de la deesse des Amours, transformee par la religion en divinite funeraire, representant avec Bacchus les delices promises aux elus du domaine elyseen. Ces Eros ont deja un caractere tout anacreontique :
ce sont de minuscules idoles, cxeculees avec une finesse incrovable, qui repetent avec la meme grace mutinc les
portrait fidele et interessant
Fig. 56. — Guerrier de Tanagre.
(Gazette archiologique, 1878, pi. 21.)
ebats des jeunes enfants2 (fig. 41, 44). Ils emportent en volant toutes sortes d’objets, plats, vases, fruits, couronnes,
I’ERIODE TANAGREENNE.
signaler quelques belles statuettes de guerle casque et la cuirasse (fig. 56), avec la
1 Collection Lecuyer, pi. II, F3. Voy. Martha, Catal., nos 588-598. 2. Collection Lecuyer , pi. T3; Rayet, Monuments de l art antique. pi. 85
poupees, dont le poids semble accabler la force do lours petits bras, mais qu'ils soutiennent avec belle humour, riant de leur audace et amuses par l’effort du travail accompli (fig. 00). On trouve la on germe la plupart des motifs quo les fabriques de Cyrenai'que, de Myrina, de Tarse et d Italic, developperont avec une abondance inepuisable. C’est le commencement de revolution religieuse qui, dans lemonde des morts, substitue a la royaute austere des grandes deesses l’adoration sensuelle et passionnee de Bacchus uni a Venus; elle est le fruit de l’esprit nouveau qui souffle sur la Grece apres los conquetes d’Aloxandre et qui oriente encore une fois l’art hellenique du cotd do l'Asie.
Nous nous sornmes contente jusqu'ici de decrire les sujots, sans mottre en lumiere autre chose que lesqualites d invention et d’execution oil eclate le talent des modeleurs. Nous avnns insiste sur l'aspect familier de cos figurines. paree qu’il doit frapper los veux los moins prevenus; nous avons montre quelles relations etroites los unissent a la societe contemporaine, avec quelle fidelity scrupuleuse soul roproduits les moindres details d'ajustomont, de coiffure, d’ornements, tels que los out signales des temoins oculaires. Mais une question delicate se presente, relative a 1 interpretation do cos types. Sont-ils absolument degages du sens roligioux que los ages precedents ont prete a la plupart dos idoles funeraires? Y-a-t-il, coniine le ponso M. Ilayet, a une interruption a la fois des traditions artistiques ot dos rites funeraires » el « une limite infranchissable entro deux poriodes du devoloppomont de la civilisation groequo1? « Y-a-t-il, coniine le souliont au contrairo M. Ilouzoy, non pas une suppression des sujots roligioux, mais simplement « l'attenuation du symbolisme dans 1 art ol 1 avonemont de cette libre inspi-
1 Eludes d archt'ologie et d'arl, |> oOi.
PERIODE TANAGREENNE.
ration qni emprunte volontiers a la contemplation de la vie familiere le secret d’une grace plus expansive1?... A l’epoque la plus libre de l’art grec, les figurines deposees comme offrandes dans les tombeaux, pour lesquels on en fabriquait en si grand nombre, y continuent certainement la tradition des statuettes funeraires de la periode precedente. Seulement, la main plus souple des modeleurs cherche maintenant, avant tout, k les parer des graces de la vie. Aussi le caractere mythologique va-t-il s’y attenuant de plus en plus, mais sans disparaitre tout a fait. A cote des types adoucis et encore reconnaissables des anciennes divinites protectrices, se forme un cortege d’etres plus familiers qui ne sont pas pour cela plus reels : nymphes et genies du monde souterrain qui tendent a se confondre avec les ombres memes dont il est peuple, et portent les poetiques emblemes du culte des morts et de la vie elvseenne, telle que se la figurait l’imagination populaire2. » Entre ces deux opinions diametralement opposees, notre sentiment intime nous porte a rechercher un modus vivendi qui est, en quelque sorte, une conciliation de deux contradictions. Nous aussi, nous sommes frappe du changement introduit dans le style des terres cuites et nous croyons a une inspiration puisee dans la vie journalicre, sans preoccupation des rites funeraires et des joies elyseennes. Mais nous aussi, nous trouvons difficile d’admettre une rupture brusque entre le passe et le present. La transition s’est faite par ces « types adoucis » dont parle si justement M. Ileuzey, qui sont comme un reflet des images religieuses, cheres aux epoques d’archai'sme, mais d’ou la signification symbolique a dispani. Pour prendre un exemple, le groupe de la mere accompagnee de sa fille (fig. 40)