Voy. Pettier et Eeinach, Necropole de Myrma, p
9 M Masnero veut bien me faire remarquer que ee motil Uune probab'lenient de l attitude dom.ee a un grand nombre de mom.es egjRtiennes.
rappelle les fantaisies frequentes des fables alexandrines. Un jeune Satyre, dans ses courses vagabondes a travers lcs bois et les rnonts, a trouve une des outres oil Eole a enferme les vents. II s’en saisit, heureux de cette aubaine et croyant y puiser du vin; mais a peine l’a-t-il debouchee qu’il voit,a sa grande surprise, l'outre se degonfler et le vent qui en sort s’engouffrer avec violence dans la peau de bete dont son dos est couvert. La pbysionomie ebaliie du inystifie est
48. — Satyre pressant une outre, tlliyet. Monuments de Vart antique, pi. 83, n” 2.)
rendue avec esprit. Mais ce qu’il faut admirer encore davanlage, dil M. Hayet, e’est Ehabilete avec laquelle l’artiste a su faire sentir, voir en quelque sorte, le souffle fugitif, donner une realite a ce qui n’a point d’existence.
1’our trouver des produils plus semblables a ceux de la b\ 1 1 naiijui , il faut nous transporter ;i 1’autre boutde l empire colonial dc l.i biece, dans la parlie septentrionale du nionde civilise, sur les rives du liosphore Ciniinerien. La Tauride, appeJee aujourd’l.ui Crin.ee, dont les babitants, apparenles
L’ART HELLENISTIQUE EJN AFIUQUE IT EN C1UMEE. 143
aux Scythes, s'etaient fait un renom de ferocite et de barbarie dans les legendes ho.lleniques, conservaitle souvenir de relations tres anciennes avec la Grece. G’est la qu’Iphigenie passait pour avoir ete transportee par Diane et consacree au service de la divinite locale dont les rites vouaient a la mort tout etrangerabordant sur cette terre inhospitaliere ; on sait comment Oreste, echouant snr cette cote apres de lointaines peregrinations, faillit y perir avec son fidele Pylade et, reconnu a temps par sa soeur, reussit a s’enfuir avec elle. A l’epoque historique, le voyage du philosophe scythe Anacharsis, contemporain de Solon, prouve que l’influence grecque avait deja singulierement transforme les mceurs de ces peuples barhares. Au vn siecle, les importantes cultures de cereales dans le royaume du Pont attirerent de ce cote les commergants et, au temps de son hegemonic, Athenes n’hesitapasa jeter la, en plein pays barbare, line garnison de colons pour s’assurer les arrivages de ble necessaires a ses approvisionnements. Nymphaeon, port de la Chersonese Taurique, au sud de Panticapee, elait le point le plus eloigne de l’empire athenien, sous l’administration de Pericles. Les revers de la guerre du Peloponnese et surtout le desastre de Sicile furent bien pres de porter une mortelle atteinte aux interets attiques dans ces contrees. fleureusement la dynastie qui presidait alors aux destinees du royaume, les Spartocides, usa dune grande generosite a l’egard de ses anciens allies et leur amitie survecut aux vicissitudes de la fortune. Au debut du ive siecle, nous trouvons encore sur le trone des princes de cette famille, Satyros et son fils Leukon, qui se font connaitre par une longue lisle de bienfaits etde privileges accordes aux Atheniens : les navires des autres nations devaient attendre que les vaisseaux attiques eussent leur complet chargement de ble avant de pouvoir s’approvisionner cux-meines; en temps de disette, les Atheniens obtinrent d’acheter les cereales a des prix Ires moderes; lours
cargaisons furent affranchies des droits de sortie, etc. 1 2 On comprend que cclte fidelite et celte surete de relations encouragerent la cite grecque a resserrer ses liens d’amitie et d’interets avec le royaume du Bosphore. La route etant barree du cote de la Sicile et de l'ltalic, le commerce se rejeta avec empressement sur la voie maritime du nord. La peninsula taurique s'hellenisa completement. En echange des cereales, les Grecs importaient leurs armes, leur orfevrerie, leur ceramique. Des colons s'elablissaient dans le pays et epousaient des femmes indigenes. Un des plus illustres citoyens d’Athenes au ive siecle se trouve ainsi avoir du sang cimmerien dans les veines. Son aieul Gylon, charge de negocier line alliance avec les princes du Bosphore, s’etait assez mal tire de son ambassade pour mecontenter la metropole et etre condamne a une amende. 11 s’exila alors volontairement, retourna en Tauride oil il fut retju a bras ouverts, s'y maria et eut deux fi lies qui emigrerent plus tard a Athenes avec des dots considerables. L’une d’elles, Cleobule, devint la femme d’un grand negociant en armes, coutellerie et meubles : il s’appelait Demosthene et fut le pere du celebre orateur. Lorsque celui-ci fut a la tele d’un parti politique, ses ennemis ne manquerent pas de rappeler cette filiation coniine injurieuse. 11s le representaient coniine un intrus, un demi-barbare, dont la grand'mere etait Scythe*.
De tels fails expliipient d'une fa^on ties satisfaisante la nature des objets qu’on recueille aujourd'hui en fouillant les tumuli des environs de Panticapee et de Phanagoria. Si 1 on n avail pas des renseignements aussi precis sur les relations suivies d'Athenes avec ces regions lointaines, on
1. Curtins, Ilixtoire grea/ue, traduction tloucht’-I.eclercq, l. v, p. 1‘24. Sur 1 liisloiro du Bosphore Ciiiuiu-rion cl si's relations avec la Cnire, voy. aussi 0. Itayet, Etudes d'mchdologie cl d art, p. 100-202.