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LES ESSAIS PRIIY1ITIFS DANS LES PAYS GRECS

La plus recente ecole de mythologucs, s’appuyant sur les traditions populaires du Folk-lore, pretend que les mythes religieux de la Grece se sont formes pendant une periode de pure barbarie. Tout peuple doit traverser cette phase avant de naitre a la civilisation ; il n'y a pas de difference entre les inventions des Boscliimans ou des Hottentots et celles des premiers Hellenes qui imaginerent la metamorphose de Jupiter en taureau et la lutte d’Apollon contre le serpent Python L On pourrait soutenir la meme these en art et dire que toute race, meme celle qui produit des chefs-d’oeuvre, debute par des essais semblables a ceux des peuplades sauvages. La ceramique offre des exemples frappants de ce phenomene. Ceux qui ont vu des poteries mexicaines ou peruviennes ont ete surpris de leur ressemblance extraordinaire avec les vases primitifs de l’ile de Cliypre : meme argile, memes formes, meme decor en couleurs brunes et rougeatres, meme gout pour les appendices bizarres et les imitations de la forme humaine ou animale. C’est la sans doute une rencontre fortuite de deux industries pratiquees par des races qui se sont trouvees.

1 Vov. Andrew tang, La Mylliologie, traduct. Parmentier, 1880.

a des epoques fori differentes et dans des regions tres eloignees l’une de Ea'utrc, an meme point de culture intellectuelle. Aujourd'hui encore les Kabyles d’Afrique peignent des poteries oil Ton est etonne de rencontrer des dessins identiques rornementalion geometrique des plus anciens vases de la Grece. En sculpture les memes rencontres ont ete signalees : c’est ce qui avait inspire a Yiol let-1 e-Duc l’idee d’un musee de moulages oil Eon aurait place cote a cote les oeuvres de l’art francais avec des modeles grecs, egyptienset assyriens, groupes d’apres unclassement chronologique ; on aurait ainsi montreles transformations analogues s’operant dans chaque art, la marclie logique des memes progres. Cette idee s’est en partic realisee au Musee des moulages du Trocadero, et Eon a pu voir qu’au rnoins pour les epoques archai'ques la comparaison est des plus instructives : elle prouve qu’un artiste francais du xie ou du xuc siecle avait pour rendre la clievelure, la barbe, la saillie des veux, les plis des vetements, des procedes naifs employes jadis par les arlistes grecs du vie siecle avant notre ere. Nous ne serous done pas surpris de constaterque les premieres ebauches de l’industrie ceramique produisent des oeuvres semblables sur differents points du bassin mediterraneen, sans qu’il y ait probablement d’imitation directe ni d’entente commune entre les artisans. Des memes observations nous conclurons, en outre, que dans des essais aussi rudimentaires il n est pas possible d'assigner la meme date a toutes les idoles : e’est. une question de precocite dans la culture artistique de chaque local ite. Si, par exemple, on peut faire remonter vers line epoque anterieure a Homere les grossiers fetiches faQonnes en Troade, il ne s’ensuit pas que les figurines primitives de la Beotie ou de EAttique appartiennent ii un age aussi recule. Eeut-elre ont-elles ete fabriquees au vnT ou au v 1 1*‘ siecle, car la civilisation

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