Ibid., i»l. 21(1 et 2), 22 (I et
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L'AIST HELLEMSTiQLE LN AS1E MINEL'llE.
a celui d’Eros dont ello apparait deja comme le pendant chez lc poete coraique cite precedemment. Les Dionysiaques de Nonnos, influences ici coinrne en general par la poesie alexandrine, decrivcnt d’une facon parliculierement caracteristique son apparition aux noces de Cadmos. — Pour faii'e plaisir a Zeus, Nike, chaussee de sandales aux courroies entortillees, se mo n Ira dans la chambre nuptiale, saluant Cadmos favori de Zeus : pres du rideau du lit, elle mela sa voix a cel le des jeunes lilies dans le chant d'hymenee; executant un pas de danse, elle s’cngagea dans la ronde gracicuse et agita ses ailes a cote de cedes d’Eros. — Ce passage montre bien comment Nike, devenue un pendant feminin d'Eros, a ete touchee par ces conceptions souriantes, confinant au genre, qui ont pris place dans la poesie alexandrine1. »
« Nous avons done bien affaire a une Nike dansante et e’est ici le lieu de remarquer quel role considerable a joue la fantaisie dans la creation de beaucoup de statuettes trouvees a Myrina. Deja les clanseurs nous ont ol'fert un singulier melange du feminin etdu masculin — Ici e’est une danseuse qui recoil des ailes ou une Nike dans une attitude bien eloignee de ses anciennes fonctions mythologiques. Les coroplastes cedaient evidemment au gout de la nouveaute qui a tourmente Pepoque hellenistique; ils ne songeaient guere a preciser le sens de leurs figurines et leurs conceptions avaient quelque chose de flottant. II faut conserver aux figurines de Myrina quelque chose du vague qui a preside a leur eclosion. Elies representent des personnages de la vie auxquels on s’est plu a donner des ailes, des elres mythologiques auxquels on a enleve leur caractere primilil.
1. Ces reflexions, dit en note M. Cartault, sont empruntees a un livre de 51. Knapp sur les representations de la Victoire dans les peintures de vases, A ike in dev Vasenmalerei, p. G.
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Au point de vuede l’histoire do l’art grec, cette conception est des plus interessantes. l.es fouiiles de la necropole de Myrina nous apprennent d’ou sont venues toutes cos figures legeres et dansantes qu’ont prodiguees sur les murs les peintres decorateurs d’Herculanum et de Pompei et qu’on rattaehe taut bien que mal au cycle de Dionysos ou a celui d’Aphrodite; c’est d’Asie Mineure qu’elles ont pris lour vol et c’est a Part hellenistique de l’epoque des successeurs d’Alexandre qu’elles doivent leur naissance1 *. »
Jusqu’a present nous n’avons senti dans lous ces motifs qu’un vague parfum d’orientalisme, litteraire et poetique, inherent au climat et aux mceurs faciles des regions asiatiques. L'influence des cultes locaux s’affirme avec plus de force dans une serie de statuettes habillees a la mode phrvgienne, large blouse serree a la laille, pantalons flottants jusqu’A la cheville, bonnet conique a pointe aplatie et rabattue sur le sommet de la tete. On pout y reconnaitre des representations d’Adonis, compagnon de la Venus orienlale, ou d’ A 1 1 is, aime par la Mere des dieux, Cybele, et dont le eulto etait tres repandu on Asie. Le jeune dieu se livre parfois a une danse animee dont le mouvement ramene a plusieurs reprises le geste des mains jointes au-dessus de la tete ’, altitude caracteristique et souvent reproduite dans les peintures de vases : elle n’est jamais pretoe qu’4 des figures de type oriental et elle appartient sans doute aux rites de la religion indigene. Un autre personnage, plus enigmalique, tient dans sa main droite une fleur a quatre petales ou une graine de pavot eoupee en deux, symbole attribue au dieu lunaire Men ou a At t is3. Ajoutons que cette statuette porte au revers des epaules deux trous pour l'insertion d’ailes mobiles, ce qui en comjdique singu-