Fig. 109-203, 235-237, elc
LES ESS A IS I’lUMlTIFS DANS LES PAYS GRECS.
los figures des poteries; la lete est a peine ebauehee, les yeux indiques parfois par un grand cercle avec un point central, les bras ebauches par deux courts moignons qui ne different pas sensiblement des appendices sondes aux vases en guise d'anses. C’est le coavov ou idole primitive dans toute sa barbarie, qui nous transporte a l’age oil une pierre dressee, un pieu mal equarri, un caillou representaient un dieu Nous verrons que la Grece ellememe n’a pas debute aulrement : combien d’offrandes du mime genre avaient primitivement pris place sur l’Acropole d’Athenes, devenue plus tard l'asile d’incomparables chefs-d’oeuvre !
Pour retrouver des essais analogues a ceux des habitants de la Troade, il faut nous transporter a Chypre. Dans les necropoles les plus anciennes de Pile, celles de Leukosia et d’Alambra, on a recueilli une serie d’antiquites ou l’on surprend le meme effort pour concilier la technique ceramique et la forme plastique. Ce sont principalement les representations d’animaux qui ont tente les modeleurs chypriotes, et en cela ils se montrent plus avises que leurs confreres de Troade, car le probleme etait plus facile a resoudre : une simple ouverture pratiquee dans le dos d un quadruple ou d’un oiseau permettait d’y adapter un goulot et d’en faire un vase. La solution etait si simple et si pratique que le procede a persiste a travers les ages : la ceramique italo-grecque du ive siecle en offre encore des exemples nombreux. Dans les essais chypriotes on reconnait a la rudesse du style la haute antiquite des objets : ce sont des boeufs, mal assures sur leurs qualre pieds rigides comme des pieux, avec des yeux ronds en boulettes, des cerfs ii la ramure gigantesque et dentelee,
1. Voy. duns le Diclionnaire den Antiquites grecquen cl rotnainen de M. Saglio l'urticle U celylia.
an corps bigarre de raies de couleur, des boucs, des oiseaux d’eau, etc.1. La reproduction de la forme liumaine n’a pas manque d'interesser aussi les Chypriotes. Nous avons d’eux des vases dont le goulot orne dune tete rappelle de tres pres les exemplaires de la Troade*. Mais ils out eu 1 ’esprit de ne pas insister sur la transformation de
la panse en corps humain. De bonne heure ils isolcnt la tete, la degagent du goulot de la poterie et en font le couronnement elegant du vase; a peine quelques appendices en mamelons, semes sur la panse, rappelleront-ils l'id6e primitive qui assimilail le corps du vase au corps de la femme. Cette ornemcntation resti' discrete, puis elle disparait memo et tousles soinsse reportent surl’execution de la tete, poussee parfois a (fig. 8). Ainsi comprise, l’union do la plaslique et de la ceramique avait chance de rdussir. Sur ce point encore b‘S Chypriotes out lait ecole et legue a leurs successeurs line industrie speciale de petits vases en forme de teles dont la vogue est attestee par des exemplaires rhodiens au vr siecle, puis grecs au v, puis italiotes au iv. Nous devons meme lour fa ire honneur
1. Voy. I’errol cl Glii|iioi, Uisluirr tic l' Art, in, lig. 408 ii t>0‘2.
“2. Ibid., tig. 50:».
Fig. 8. — Vase cliypriolc.
Perrot el Chipiez, llist.de )Mr{, m, fig. 522 )
un certain degre de perfection