‹ Les Steppes De La Mer Caspienne, Le Caucase, La Crimée Et La Russie MéridionaleChapitre 12 sur 27 · làiiem; pl · texte numérisé non relu

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5S4 GUAPITAE XIX.

acheté à Noyo-Tscfaerkask , que je lui donnai pour du véritable Latalue, U lui tellement enchanté de mon cadeau, qu'il s*enipres8a d'y faire honneur avec toutes les marques d'une profonde satisfaction. Ce grandprêtre aura l'honneur d*étre brâlë après sa mort; et ses cendres, pétries avec un certain ingrédient , formeront une petite statuette destinée à orner le temple qu'on âèvera à sa mémoire. Son successeur est d^à nommé: il a Tair d'un lourd fanatique, tout bouffi de rimportauce de sa charge future : nous le yioies plus tard s'acquitter de ses devoirs religieux avec une conscience tout à fait rare chez les Kalmouks cosaques. Du reste, tous les auties prêtres de ce Khouroul nous parurent infiniment moins dévots que ceux du \olga et de la mer Caspienne. Us ont fort peu de vénération pour leur chef spirituel; ils semblent comprendre tout le ntliculc de leurs cio^aiioes et de leurs cérémonies : s'ils tiennent à leurs fonctions » c'est surtout parce qu'elles leur permettent de mener une vie de paresse et de sensualbme, et qu'elles les exemptent du service militaire. Le peuple lui-nituici a 1 au d'être assez indifférent en matière de religion. Les femmes seules sont encore attachées à leurs principes d'autrefois : nous en avons vu une entrer en fioreur parce que son mari nous faisait voir et toucher les feuUlets de son livre de prières. C'est au contact et au mélange de ces Kalmouks avec les Cosaques qu'il faut attribuer ce relâchement dans lés mœurs primitives, qui se

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soDt ooDMTvées à peu près intactes dies les Kalmofiks de la mer Caspienne.

Ed 8ortaat de la tente du grand-prêtre > nous assistâmes aux cérémonies religieuses, qui ne présentèrent rien de satUant : on en lira d'ailleurs une description détaillée dans rhbtoire des Kalmouks d^Astrakhan. Ou tua ensuite un moutou eu notre honneur, et on nous le servit coupé en petits moroeaul dans une immense marmite de fonte. Le ragoût était noir, d^ testabic; mais la faim nous le fit trouver délicieux.

Vers le soir arrivèrent les femmes du voisinage. Elles se mirent à chanter en choeur, en tournant autour du Khouroul. Leur chant respirait une profonde mélancolie; jamais , je crois, pareils sons n avaient encore frappé mes oreilles. Il y avait quelque chose de si sonore, de si vibrant dans leurs voix, qu'on eût cru entendre quelque instrument de cuivie; et au milieu de ces steppes , de cette immensité de la nature , elles produisaient une impression des plus étranges. Après avoir tourné une demi -douzaine de fois autour du Khouroul, les chanteuses s'arrêtèrent, pour se placer en ligue, la tête tournée du coté du temple; elles étendirent alors les bras en avant et se prosternèrent à différentes reprises. La cérémonie des femmes terminée, vinrent les mandjis ou musiciens, qui firent retentir l'air du mugissement de leurs trompes au moment où le soleil descendait au-dessous de l'horizon

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