‹ Les Steppes De La Mer Caspienne, Le Caucase, La Crimée Et La Russie MéridionaleChapitre 18 sur 27 · Voyec l'Atlas pittoresque, planches 13 et · texte numérisé non relu

Voyec l'Atlas pittoresque, planches 13 et

choses, des chaskas circassiens» tout garbis d'argent ëmaillé en Doir; des damas turcs aussi précieux par

la trempe de la lame que par les riches inci Lisiatioiis de la poignée et du fourreau; des pistolets Uorentius du quiozième siède; uae coupe en jaspe d'une forme antique, achetée 4000 roubles à un seigneur persan; quelques cottes de mailles circassiennes, ressemblant à celles de nos anciens chevaliers , et mille autres raretés, dont la valeur artistique témoigne du bon goût et du sentiment d'un prince que beaucoup de personnes pourraient regarder comme barbare. Il garde aussi dans ce cabinet, comme un objet trèsprécieux y le liyre où sont inscnls les noms des voyageurs qui viennent le visiter. Parmi ces noms, aristocratiques pour la plupart, nous remarquâmes ceux du baron de Humboldt, de quelques lords anglais et de divers savants russes et allemands.

Nous terminâmes notre soirée par un bal improvisé, qui dura toute la nuit. L'Arménien qui en eut le premier l'idée, dut se chai^r du soin de composer Torchestre. Je ne sais comment il s'y prit; mais, au bout de quelques minutes, il nous apporta en triomphe un violon, une guitare et un flageolet. De pareils instruments chez les Kalmouks, n'est-ce pas réellement prodigieux!... Nous eûmes pruiuplemenl organisé une soirée dansante, aussi complète qu'on eût pu le faire dans tout autre salon. La gaité ne tarda pas à devenir si contagieuse , que la princesse et sa

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fille, après bien des hésitations» finifent par mettre toute fousse hoate de o6té, et 8*élancèrent bravement

dans un galop ëtouniissaiit, où, par paranthàse, l'une d'elles peixiitaou bounet. La princesse, émerveillée, ne me quitta pas plus que mon ombre. £Ue ayait sans cesse reoours à' FArménien pour m*assurer que cette soirée était la plus belle de sa vie, et qu'elle ne l'oubliet ail jamais. Elle exprima un vii désir de m'euleadre cbaoter, et trouya les romances françaises tdlement à son goût» que je dus promettre de lui en copier quelques-unes. De son côté elle me donna deux chansons kalmoukes cuojposées par elle et ëeriles de sa main.^ Selon l'usage misse, les oôlciers ne se firent pas faute de savourer le Champagne qui circula toute la soirée jusqu'à latre tourner toutes les têtes.

Nous enipluyàmes la journée du lendemain à deux promenades dans l'Ile et à une chasse au faucon. Ce

1. Yoict la traductioii d'une de ces chansons > qui ne donnera certainement pas une haute idée des talents poétiques d'une princesse kalmouke:

c Mon cheval fouil qui dispute le prix de la course au diac meau , broute l'herbe des champs du Don. Dieu notoe sdgneur, t tn nous feras la gràoe de noos retrouyer dans une autre conc trée* Et toi , channante herbetle agitée par le vent, tu t'étends « sur la terre. Et toi, 6 cœur le plus tendre volant vers nui « mère, dis lui : qu'entre deux montagnes et des vallées dans c un vallon uni demeurent cinquante braves qui s'approchent « avec courage pour tuer une outarde bien grasse. Et toi, ten- « dre mëre| nature, sois nous propice.*

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dernier pam- temps est en grande faveur chez les Kalmouks^ ou il se pratique encore avec tout Técbt

que lui donnaient nos châtelains du moyen âge^ Le priuce Tumène, pour sa part, possède une faucouuerie très^bien organisée; et on y retrouve pour Téducation des oiseaux les mêmes procédés qu'employaient nos aïeux. Ce fut un petit faucon d*une ardeur et d'une audace sans égales qui, ce jour-là, i\l les hoiuicuis de la chasse. Le Kalmouk qui le tenait encapuchonné sur son poing, eut toutes les peines du monde à le contenir, lorsqu'on lui découvrît la tèle. Lanoé sur un magnifique héron gris, il le prit en moins d'une minute. Plusieurs canards sauvages lurent paiement poursuivis et atteints par lui avec une incroyable rapidité.

Les jours suivants nous goûtâmes de nouvelles di»tractions, où l'imprévu jouait un grand rôle. Je ne saurais assez témoigner combien nos hdtes mirent d'empressement à nous faire voir tout ce que leurs mceurs pouvaient avoir d'original à nos yeux : chaque jour une nouvelle surprise, adroitement ménagée, venait retarder le moment du départ. Mais hélas! comme tout doit avoir une fin dans ce monde , il fallut prendre enfin une résolution irrévocable, et dire définit! venieul adieu à cette vie brillante et variée, dont nous nous accommodions si bien.

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